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Avec les changements brusques et imprévus que connaît la vie politique de notre nation, il est difficile de savoir quand et comment donner un avis. Mais comme dit le proverbe : « Mieux vaut tard que jamais. »
Basé sur l’ordonnance du 27 avril (en cours d’amendement), je me permets donc de donner mon humble avis sur la nécessité de réduire le nombre de composantes sociales à représenter dans le CNT et, surtout, montrer la nécessité d’exclure les partis politiques et – notez bien les guillemets – les « Guinéens de l’étranger ».
Pratiquement le CNT sera l’organe qui facilitera le transfert du pouvoir (pendant les 8 mois qui restent de cette année) des mains du CNDD et du Président Dadis, afin de remettre ce pouvoir à une Assemblée Nationale et un Président de la République démocratiquement élu. Donc, par souci d’impartialité, à l’image des membres du CNDD, de son président et du Premier Ministre, tous les membres du CNT doivent s’engager à ne pas se présenter aux élections prochaines.
Ainsi, de deux choses l’une : soit les représentants des partis politiques sont exclus du CNT et s’occupent à préparer leurs électorats et à donner leurs avis quand le besoin se fait sentir, soit s’ils tiennent à faire partie, on clarifie dès le départ, qu’aucun parti représenté dans le CNT ne pourra présenter de candidats aux élections prochaines, tant législatives que présidentielles.
Quant à nous, Guinéens de l’étranger, notre représentation dans le CNT doit se faire comme tous les autres Guinéens, sans la précision « Guinéens de l’étranger ». Tout comme naguère, on n’a pas précisé que les « Premiers ministrables » soient proposés parmi les Guinéens au pays et ceux de l’étranger, on ne le fait jamais dans la constitution des gouvernements, on ne doit point le faire pour le CNT.
Une fois que les différentes proportions sont établies, les Guinéens de l’Etranger, comme ceux au pays, nous aurons notre droit de faire partie, sur la base du groupe social qui lui correspondrait le mieux. Cela dit, nous, « Guinéens de l’Etranger », devons continuer nos efforts d’unification sous forme d’organisation associative, avec des objectifs précis.
Á propos des composantes sociales à représenter dans le CNT, considérant l’état actuel des choses, nous pouvons les simplifier en quatre composantes seulement :
1. les syndicats (toutes les centrales confondues)
2. les organisations de la Société civile (y compris les organisations des femmes, de jeunes, des droits de l’Homme, etc.)
3. les religieux et sages (y compris les représentations régionales)
4. les intellectuels, techniciens et opérateurs indépendants, au pays ou à l’étranger (c’est- à-dire tous ceux qui ne sont pas déjà dans les trois premiers groupes)
Si les partis politiques acceptent la condition susmentionnée, leurs représentants pourraient y être ajoutés et ainsi, former une cinquième composante.
L’avantage de cette simplification est double. D’abord elle réduit les dédoublements superflus. Par exemple, les organisations de femmes et de jeunes sont bel et bien de la Société civile. Ensuite, elle permet d’éviter des ségrégations inutiles. L’ordonnance du 27 avril cite des économistes, des enseignants, des journalistes, etc. Ainsi pourrait-on se demander, par exemple, pourquoi les économistes et pas les sociologues. Or, avec la 4e composante ci-dessus, toutes les spécialités faisant partie, le problème ne se pose plus.
Quelque erronées que soient ces propositions, je reste convaincu de leur utilité, ne serait-ce que par les réactions qu’il pourrait provoquer de la part de personnes bien informées et mieux éclairées.
Mahmoud Ben Saïd
pour www.guineeactu.com
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