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L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) dénonce dans cette déclaration les violences qu’on fait subir à de pauvres citoyens sous le prétexte qu’ils auraient des liens avec le lieutenant « Toumba » Diakité. Comme cette Hadja qui a été conduite de force au camp Alpha Yaya Diallo, dans la nuit du 24 au 25 Décembre 2009, à sa descente d’avion en provenance des lieux saints de l’Islam.
Déclaration
L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen – OGDH profondément choquée déplore et condamne avec fermeté l’acte barbare et irrévérencieux commis sur la personne de Hadja Fatoumata Diaraye BARRY rentrée de la Mecque dans la nuit du 24 au 25 Décembre 2009.
Aussitôt arrivée à Conakry, la brave Dame fraîchement Hadja, qui s’attendait à une réception chaleureuse et honorable de sa famille, ses parents et amis est saisie brutalement par des éléments de Bérets Verts et conduite au Camp Alpha Yaya Diallo sous prétexte d’être la mère du Lieutenant Aboubacar Sidiki dit Toumba seulement parce qu’elle porte le même nom que cette dernière.
Ces jours ci des descentes de groupes armés dans les quartiers accompagnées d’arrestations, de blessés, de morts, de détentions arbitraires dans les Camps militaires avec tortures régulières, ont été enregistrées.
Les harcèlements des victimes du 28 Septembre 2009 traumatisées et même des militants de l’OGDH détenteurs des Cartes de Membres pour cause de recensement et de témoignage lors des évènements du 28 septembre sont des raisons de rançonner, de battre et torturer.
Cette hadja venant de la Mecque a été battue, menacée de mort par un fusil de guerre. Ses deux (2) colliers en or et en argent confisqués.
Les violations des droits de l’Homme sont monnaie courante. L’insécurité et l’impunité sont coutumières.
Dans cette pratique on constate que :
- la responsabilité pénale ne se limite pas aux présumés coupables. Tout membre de la famille ou proche peut être sanctionné ;
- la présomption d’innocence n’existe pas, la torture est de mode, qu’elle soit physique ou morale ;
- la magistrature comme la police judiciaire sont hors de la procédure d’arrestation ou de détention en violation du code de Procédure Pénale. Les arrestations illégales et arbitraires sont de règles.
- la détention est de fait, souvent en des lieux inaccessibles aux procureurs. Ce qui est interdit en République de Guinée.
Ces comportements s’analysent en violations graves des droits de la personne dont :
- le droit à la vie,
- le droit à la liberté et à la dignité,
- le droit à l’intégrité physique,
- le droit à la prospérité,
qui sont reconnus et protégés :
- par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ;
- le Pacte International Relatif aux droits Civils et Politiques ;
- la Convention contre la Torture.
Il faut rappeler que l’Etat d’exception ne peut nullement justifier ces comportements criminels même si le CNDD n’avait pas déclaré respecter tous les accords et conventions ratifiés par la République de Guinée.
Ces hommes en tenues agissent en foulant totalement au pied comme ils l’on fait le 28 Septembre 2009 et le 3 décembre 2009,
- les règles élémentaires du droit positif,
- les règles élémentaires du droit coutumier et nos us,
- les principes de base de notre morale,
- les normes de nos religions.
Leurs seuls guide et fondement étant la force et la haine.
L’OGDH en appelle :
- à la justice pour qu’elle, dans ces cas, s’autosaisisse ;
- au Général Sékouba KONATE pour que son discours éclaire, fonde et guide son action ;
- au CNDD et au Gouvernement pour que ces criminels soient jugés et servent d’exemple ;
- à l’opinion internationale afin de trouver un moyen de protéger ce peuple qui n’a que trop souffert.
Pour le Bureau Exécutif Le Président Dr SOW Thierno Mandjou
Source : L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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