mercredi 6 janvier 2010
Confondue avec la mère de Toumba, Hadja Fatoumata Diaraye BARRY agressée par des militaires
Thierno Mandjou Sow

L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) dénonce dans cette déclaration les violences qu’on fait subir à de pauvres citoyens sous le prétexte qu’ils auraient des liens avec le lieutenant « Toumba » Diakité. Comme cette Hadja qui a été conduite de force au camp Alpha Yaya Diallo, dans la nuit du 24 au 25 Décembre 2009, à sa descente d’avion en provenance des lieux saints de l’Islam.


Déclaration

L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen – OGDH profondément choquée déplore et condamne avec fermeté l’acte barbare et irrévérencieux commis sur la personne de Hadja Fatoumata Diaraye BARRY rentrée de la Mecque dans la nuit du 24 au 25 Décembre 2009.

Aussitôt arrivée à Conakry, la brave Dame fraîchement Hadja, qui s’attendait à une réception chaleureuse et honorable de sa famille, ses parents et amis est saisie brutalement par des éléments de Bérets Verts et conduite au Camp Alpha Yaya Diallo sous prétexte d’être la mère du Lieutenant Aboubacar Sidiki dit Toumba seulement parce qu’elle porte le même nom que cette dernière.

Ces jours ci des descentes de groupes armés dans les quartiers accompagnées d’arrestations, de blessés, de morts, de détentions arbitraires dans les Camps militaires avec tortures régulières, ont été enregistrées.

Les harcèlements des victimes du 28 Septembre 2009 traumatisées et même des militants de l’OGDH détenteurs des Cartes de Membres pour cause de recensement et de témoignage lors des évènements du 28 septembre sont des raisons de rançonner, de battre et torturer.

Cette hadja venant de la Mecque a été battue, menacée de mort par un fusil de guerre. Ses deux (2) colliers en or et en argent confisqués.

Les violations des droits de l’Homme sont monnaie courante. L’insécurité et l’impunité sont coutumières.

Dans cette pratique on constate que :

- la responsabilité pénale ne se limite pas aux présumés coupables. Tout membre de la famille ou proche peut être sanctionné ;

- la présomption d’innocence n’existe pas, la torture est de mode, qu’elle soit physique ou morale ;

- la magistrature comme la police judiciaire sont hors de la procédure d’arrestation ou de détention en violation du code de Procédure Pénale. Les arrestations illégales et arbitraires sont de règles.

- la détention est de fait, souvent en des lieux inaccessibles aux procureurs. Ce qui est interdit en République de Guinée.

Ces comportements s’analysent en violations graves des droits de la personne dont :

- le droit à la vie,

- le droit à la liberté et à la dignité,

- le droit à l’intégrité physique,

- le droit à la prospérité,

qui sont reconnus et protégés :

- par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ;

- le Pacte International Relatif aux droits Civils et Politiques ;

- la Convention contre la Torture.

Il faut rappeler que l’Etat d’exception ne peut nullement justifier ces comportements criminels même si le CNDD n’avait pas déclaré respecter tous les accords et conventions ratifiés par la République de Guinée.

Ces hommes en tenues agissent en foulant totalement au pied comme ils l’on fait le 28 Septembre 2009 et le 3 décembre 2009,

- les règles élémentaires du droit positif,

- les règles élémentaires du droit coutumier et nos us,

- les principes de base de notre morale,

- les normes de nos religions.

Leurs seuls guide et fondement étant la force et la haine.

L’OGDH en appelle :

- à la justice pour qu’elle, dans ces cas, s’autosaisisse ;

- au Général Sékouba KONATE pour que son discours éclaire, fonde et guide son action ;

- au CNDD et au Gouvernement pour que ces criminels soient jugés et servent d’exemple ;

- à l’opinion internationale afin de trouver un moyen de protéger ce peuple qui n’a que trop souffert.


Pour le Bureau Exécutif
Le Président
Dr SOW Thierno Mandjou


Source : L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Khadi, jeudi 7 janvier 2010
Toumba serait-il un renégat? Peulh du wassoulou par son père-DIAKITE- et du foutah par sa mère qui selon l`art ci-dessus est BARRY pourtant on lui prête des propos très anti-peulh qu`il aurait tenus lors de l`attaque des leaders politiques au stade. Notamment en disant à Dalein le petit peulh qu`il n`allait plus parler aux radios étrangères et que ses parents peulhs seraient écrasés s`ils réagissaient à son sort. Si tout cela est vrai, on ne sait vraiment pas quel enfant on met au monde. Quant aux militaires ils feraient mieux de rechercher Toumba où il faut et de laisser tranquille les citoyens dont le seul tort est d`être liés à un wanted. Ils savent que ce genre de comportement ne fait qu`aggraver leur cas qui n`est déjà pas enviable honis dans le monde entier comme bourreaux de leurs propres frères et violeurs de leurs soeurs.
Abdoul.H, mercredi 6 janvier 2010
Sylvie Kaba, Ben Daouda, Jaques Kourouma et consorts, c`est vraiment un tel État que vous souhaitez le maintien en Guinée, pemdant que vous, vous festoyez sous d`autres cieux et jouissez de droits humains?
Mamadou Saidou Diallo,Londres, mercredi 6 janvier 2010
Ceci est extrement grave mais du tout surprenant, sachant la nature barbarique du CNDD qui nous a ete eloquemment expose le 28 Sept 2009 et les jours qui ont suivi. Je souhaite que notre honorable Mamaa( Hadja) recouvre immediatement sa liberte( morale et physique). Mr Sekou oumar, merci pour cette clarification et je suis entierement d`accord avec vous.
Sékou Oumar Camara, mercredi 6 janvier 2010
Nous ne sommes pas en un état d`exception!!! Combien de fois ai-je lu ou entendu parler d`état d`exception ou de régime d`exception à propos du pouvoir CNDD? Même des juristes chevronés comme Dr Thierno Madjou Sow perdent leur latin dans la qualification de ce régime illégal et illégitime. C`est quoi l`état d`exception? On désigne par "état d`exception", la situation dans laquelle se trouve un Etat qui, face à un péril grave, ne peut assurer sa sauvergarde qu`en méconnaissant les règles légales qui régissent normalement son activité. En Guinée, puisqu`il s`agit de notre pays et non d`un autre, l`état d`exception peut prendre deux formes (LF, art.74): l`état d`urgence et l`état de siège. Je ne vais pas, ici, entrer dans le développement de ces deux notions mais il faut simplement retenir que l`état d`exception est une modalité de l`État de droit. L`état d`exception est une modalité particulière, provisoire et légitime de réglementation des libertés publiques. C`est la Loi fondamentale qui a institué l`état d`exception et c`est dans le cadre de cette loi et de la loi organique L/91/016 du 23 décembre 1991 relative à l`état d`urgence et à l`état de siège qu`il peut et doit s`exercer. Dans qu`elle situation sommes-nous alors? Nous sommes dans une situation extra-constitutionnelle. La loi fondamentale ayant été violée par une dévolution du pouvoir non prévue par elle, l`État de droit s`est effondré. D`un point de vue philosophique,on peut même affirmer, sans exagération, que nous sommes revenus à l`état de nature. Nous le constatons par la primauté de la force sur toutes les formes de règles (droit, morale, philosophie, traditions, bienséance, etc.); le retour en force de la vengeance privée (répression sanglante et barbare des adversaires du régime, représailles contre les proches de Toumba et de ses amis pour des faits qui ne leur sont en rien imputables, etc.); l`appropriation privée du pouvoir et des biens publics; le mépris envers le bien commun et l`intérêt général; le goût immodéré des forts pour la jouissance et la luxure...bouffe, baise, bagnoles ... Toutes choses qui caractérisent assez bien un reflux de la civilisation en Guinée et donc le retour à l`état de nature. Encore, une fois, il faut que l`on comprenne que le CNDD ayant accédé au pouvoir en violation de la Loi Fondamentale, nous nous retrouvons en dehors de la légalité. Ceci dit, si nous ne sommes plus des citoyens (par la mise en sourdine de nos droits civiques), nous restons et demeurons des hommes. Or, en tant qu`hommes, nous avons des droits qui sont sont imprescriptibles et non négociables. C`est ce que l`on appelle les droits de l`homme. Parmi ces droits, la dignité et la sureté sont les premiers. Que nous soyons à l`état de nature ou, à fortiori, dans un État de droit, chacun est tenu de respecter ces droits. Ce que le CNDD ne fait pas. Il en répondra devant la Justice des Hommes, de la Nature et de Dieu! Une question, pour terminer et pour me faire comprendre simplement: En Guinée (nous ne sommes pas en France), un enfant naturel peut-il avoir plus de droits qu`un enfant légitime? En d`autres termes, une junte peut-elle avoir plus de droits sur les habitants de la Guinée qu`un gouvernement légal? Assurément, non.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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