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La conférence de presse organisée la semaine dernière par les forces vives a porté essentiellement sur l’éventualité de la candidature du capitaine président Moussa Dadis Camara. Elle a été animée par Aboubacar Sylla de l’UFC (Union des forces du changement) et Bah Oury de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée). C’était le 11 septembre dernier au siège du FUDEC (Front uni pour la démocratie et le changement).
Cette première conférence de presse des forces vives a connu la présence d’un parterre de journalistes de la presse privée. Après un bref exposé d’Aboubacar Sylla sur l’évolution de la transition, les journalistes ont été conviés à poser des questions. Ainsi sur la question de savoir la position des forces vives sur les audits que la junte vient de relancer, Bah Oury a précisé que personne n’est opposé à ce que le CNDD fasse les audits pour faire la lumière sur la gestion antérieure de certains dossiers. Ceci dans l’intérêt supérieur des Guinéens. Mais faut-il que ceci soit fait dans les règles de l’art, que cela ne serve pas d’alibi pour déclencher une chasse aux sorcières, ou pour régler des comptes à des candidats gênants.
Il sera donc question d’auditer les dossiers, comme l’a précisé le vice président de la Commission d’audit, et non des individus. Ainsi les personnes qui seront interpellées autour de leur gestion, auront le droit de se défendre.
Bah Oury a insisté sur le fait que le CNDD ne soit pas exclu de ces audits. Pour une question d’équité, sa gestion doit être passé au peigne fin afin d’édifier le peuple sur la façon dont la junte se conduit vis-à-vis des deniers publics. Quant aux propos du chef de l’Etat qui lors d’une de ses récentes interventions a révélé que des éléments des forces vives seraient allés le voir, en vue de compromettre certains de leurs ‘’ alliés ‘’, surtout les anciens Premiers ministres à travers les audits, l’occasion était propice pour demander des éclaircissements aux forces vives, à ce propos. C’est ce que fit un confrère. Les conférenciers perçoivent cela comme « une campagne de dénigrement, qui n’engage que celui qui le dit ». Selon eux, l’harmonie et la cohésion ont toujours régné au sein des forces vives.
S’agissant du boycott de la rencontre du palais, les forces vives estiment avoir choisi la meilleure voie. Parce que, se justifient-elles, le président Dadis voulait se saisir de cette occasion pour annoncer sa candidature. « Donc notre absence a été un coup dur pour le chef de la junte, indiquent les conférenciers. Et que l’absence ce jour de certains leaders du pays n’était qu’une pure coïncidence ».
« Alpha Condé a voyagé bien avant que cette rencontre ne soit conviée. Il faut savoir qu’août et septembre sont généralement les moments choisis par beaucoup de gens pour aller régler certaines de leurs affaires en Europe. C’est la période des vacances, c’est donc le moment propice pour aller faire son bilan de santé ou régler la scolarité des enfants », rappellent les conférenciers pour donner entre autres explications au voyage de Cellou, Sydia et Alpha que le chef de la junte a qualifié pourtant de fuyards.
Un autre confrère aura la subtilité de poser la question sur les élus locaux qui ont demandé à Dadis de se présenter aux élections. Il s’est dit préoccupé fasse à ces élus qui selon lui seraient à majorité du PUP et qui disent parler au nom de la population à la base ? M. Talibé Diallo du PUP au sein des forces vives tentera de noyer le poisson. Mais sans convaincre. C’est ainsi qu’il a dit que son parti est en rapport avec la base et que les élus locaux auraient répondu à l’appel de leur chef administratif qu’est le MATAP. Quant à savoir si oui ou non l’ancien parti au pouvoir supportait la candidature de Dadis à la présidentielle, M. Diallo a trouvé qu’il était encore trop tôt pour se prononcer sur cette question. Dans l’assistance le PUP ne bénéficiait pas du tout de préjugés favorables. Et certains n’ont pas manqué de prédire une volte-face des membres de ce parti, qui pourrait éventuellement se rapprocher de la junte.
En conclusion, les forces vives ont exhorté le peuple de Guinée à refuser toute manipulation pour ne pas cautionner l’avènement d’un autre dictateur à la tête du pays qui porte encore les séquelles des 50 ans de traumatisme.
En tout cas, elles estiment que les Guinéens doivent faire très attention car « Dadis serait sur les traces de Robert Mugabé du Zimbabwe ».
Samory Kéita Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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