mercredi 3 décembre 2008
Conclave à Conakry : l’Afrique de l’Ouest pour une pêche responsable !

Le poisson est une ressource naturelle. Et comme toutes les autres ressources, le stock naturel dans nos océans, fleuves, rivières et lacs, est bien renouvelable, mais pas  épuisable. Il faudrait donc, dès maintenant, savoir gérer cette ressource pour ne pas compromettre la part des générations futures. Telle est, du moins, la quintessence des analyses qui ont amené les professionnels de la pêche artisanale des pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest à se constituer en une association sous-régionale, en vue d’harmoniser leurs actions dans le sens d’une pêche responsable, et donc, durable.

Le mouvement, lancé en Septembre 2006 à Nouadhibou, en Mauritanie, est ainsi à sa 3e session depuis ce Lundi à Conakry. La rencontre regroupe les professionnels du secteur de la pêche artisanale de 9 pays de la sous région ouest africaine, précisément la Mauritanie, le Sénégal, la Sierra Léone, le Libéria, la Gambie, la Guinée Bissau, le Ghana, la Guinée, et le Togo comme pays observateur. Des partenaires de l’Union Européenne, des ONG allemandes, de la CAPE de la Belgique et de la presse suédoise à travers un magazine spécialement axé sur les questions environnementales, sont également présents à cet atelier de Conakry, qui va durer cinq jours.

Il faut dire que cette rencontre se tient à un moment où la conjoncture économique fait pression sur tous les pays de la région, avec en toile de fond, la rareté des produits halieutiques sur l’ensemble des marchés africains. La Guinée, pays d’accueil, n’est pas en reste de cette pénurie.

Une diminution des ressources que les pêcheurs attribuent à certaines mauvaises pratiques observées par les navires de pêche industrielle tels : le non respect des zones, la pêche illicite et non réglementée, les transbordements en mer, toutes choses qui entraînent souvent des accidents sur les fragiles barques des pêcheurs artisans, la perte de ces embarcations de fortune, la perte de tout le matériel à bord, et souvent, la mort chez les pauvres pêcheurs.

La cinquantaine de participants examinent ainsi, l’avenir de la pêche artisanale dans la sous région ouest africaine pour une gestion durable des ressources. Des ressources qui se font de plus en plus rares, à cause des mauvaises pratiques citées plus haut.

Le  Président de l’Union des pêcheurs artisans de Guinée rappellera, à la cérémonie d’ouverture, que les ressources aquatiques quoique renouvelables, ne sont pas infinies et doivent donc être gérées correctement, si l’on veut maintenir leur contribution au bien être nutritionnel, économique et social de la population croissante  de la planète.

Elhadj Issiaga Daffé, parlant des actions de l’union nationale des pêcheurs artisans, notifiera l’impact de cette organisation professionnelle par la création d’emplois, estimés à environ 12.000 pêcheurs, repartis sur 117 débarcadères, le fonctionnement d’une mutuelle de crédit sur fonds propre des pêcheurs artisans, avec un capital actuel de 375 000 000 FG.

Le Ministre de la Pêche et Aquaculture, Youssouf Sylla, était entouré, à l’ouverture des travaux, par ses proches collaborateurs, le Président du Conseil National du patronat guinéen, le premier Vice président de la Chambre Nationale d’Agriculture de Guinée, le Secrétaire général de la Confédération nationale des pêcheurs de guinée (CONAPEG) et la direction nationale des services de contrôle de qualité des produits halieutiques, ainsi que de bien d’autres structures relevant de la pêche artisanale en Guinée.

En cinq jours d’échanges, les pêcheurs artisans de l’Afrique de l’Ouest envisagent aborder les enjeux du secteur, pour la sécurisation des droits d’accès de la pêche artisanale aux ressources, la lutte contre la pêche illicite, le commerce des produits et la promotion des meilleures conditions de travail.

Dans plusieurs pays d’Afrique de l’ouest des systèmes de réglementation des droits des pêches sont déjà discutés et mis en place. Un réseau d’aires marines protégées se développe avec un impact notable sur l’accès des pêcheurs artisans aux ressources. Les aspects négatifs et positifs de ces outils seront discutés ici à Conakry afin d’évaluer dans quelle mesure ils répondent aux besoins des communautés.

Des propositions concrètes sur les flottes étrangères évoluant dans les eaux ouest africaines, venant généralement de l’Europe et d’Asie, feront également l’objet d’intenses débats entre les professionnels de la pêche artisanale.

En termes de résultats et d’objectifs attendus, et de leur mise en œuvre, l’atelier souhaite faire des recommandations concrètes allant dans le sens de l’amélioration des conditions de travail des pêcheurs artisans, en vue d’une harmonisation des stratégies à travers un réseau renforcé des professionnels.

Mamadama Kéita
pour www.guineeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    


Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011