lundi 23 février 2009
Conakry : le Ministre du Contrôle d’Etat veut veiller au grain
Bangaly Condé « Malbanga »

Le Ministre à la Présidence chargé du Contrôle d’Etat, Al-Hassan Onipogui, a convoqué une réunion de travail le mercredi 18 février 2009 à 10 heures, dans la salle de conférences de son Département, ex primature.

 

À cette rencontre, étaient conviés, les directeurs généraux des banques primaires et de l’agence principale de la BCRG, les coordinateurs ou chefs de projets et programmes d’investissements publics et les directeurs généraux d’établissements publics autonomes.

 

Ladite réunion qui avait  pour objet de fixer les termes de référence du contrôle de l’exécution des travaux de passation sur le terrain d’une part, de définir les nouvelles règles devant régir les relations avec le Ministère du Contrôle d’Etat d’autre part, a été également rehaussée par la présence du Premier ministre, chef du Gouvernement, Kabiné  Komara.

 

Plus personne ne doute de la volonté marquée du CNDD et du gouvernement de lutter contre la corruption, les détournements de fonds et le non suivi des projets et des programmes d’investissements publics de l’Etat. C’est à juste titre donc que le Président Moussa Dadis Camara a pensé à la nomination  d’un ministre à la présidence chargé du Contrôle d’Etat, pour endiguer ces fléaux qui gangrènent l’économie en général.

 

C’est pourquoi, Onipogui entend  renforcer le contrôle des fonds, des projets et programmes. D’où  cette rencontre sous son initiative, pour prendre le taureau par les cornes.

 

Ainsi, en  initiant cette assise avec les responsables bancaires, les chefs de projets et programmes et autres établissements publics autonomes, le gouvernement veut qualifier le mode de financement et de procédure de décaissement des fonds.

 

Désormais, il s’agit de suivre, contrôler et d’évaluer les projets et programmes  par des structures spécialisées de l’Etat, afin de rentre compte des réalités sur le terrain.

 

Selon le Ministre à la Présidence chargé du Contrôle d’Etat, les informations financières et techniques liées à l’exécution des projets étaient beaucoup plus connues des bailleurs, que de l’entité qui est l’Etat, qui a normalement la charge de supporter la dette liée à  ces investissements ou à  ces dons. Il a relevé également que  le cadre relationnel ou informationnel entre les directions des  projets et l’Etat, était  très étroit. Aussi, les informations sur les procédures, les comptes et les exécutions physiques des projets n’étaient pas tout à fait à la disposition de l’Etat.

 

C’est dans le souci de corriger tout cela,  que le ministre est  intervenu  pour encore une fois, prendre à la lettre les déclarations du chef de l’Etat, et définir les nouvelles règles du jeu en mettant en place un cadre légal qui pourra désormais éclairer les relations entre les projets et l’entité étatique. Ce n’est que par çà qu’on pourra donner un coup de pousse à l’action de moralisation de la chose publique.

 

Car, comme l’a précisé, le Premier ministre et Chef de Gouvernement, Kabiné  Komara, l’utilisation des ressources disponibles, est faite de façon désordonnée. L’atteinte d’un tel objectif nécessite non seulement des investissements publics et privés, mais aussi des projets et des programmes conçus avec la participation des bailleurs de fonds bis et multilatéraux et de celle du gouvernement.

 

Raison pour laquelle, depuis un certain temps, au niveau du CNDD,  nombre de mesures dérogatoires ont été prises, de façon à sérier les dépenses, avec l’objectif ultime de qualifier l’utilisation des ressources publiques.

 

C’est pourquoi, le Premier Ministre dira à  l’auditoire ceci : « nous allons relâcher la possibilité des décaissements en fonction des méthodes antérieures, mais en mettant immédiatement en fonction un système d’évaluation es poste. Ce système permettra non seulement de faire des évaluations physiques sur le terrain pour s’assurer que les sommes pour lesquelles les  projets ont été conçus ont été utilisées à bonne fin, mais que les actions concrètes sont réalisées sur le terrain, mais  également de s’assurer que les sommes décaissées ont été utilisées judicieusement ».

 

Autant dire que l’application correcte des textes relatifs à l’évaluation des projets et programmes, nécessite l’implication des cabinets d’audits indépendants, capables d’inverser la  tendance qui prévalait avant l’avènement de la junte au pouvoir et qui rongeait notre économie.

 

Ce travail va demander l’implication de toutes les structures de ressources humaines de l’Etat mais aussi l’aide des structures de contrôle extérieur, chaque fois que cela sera utile.

 

Mais si cette confiance dont fait l’objet le gouvernement de la part de son premier responsable, le Président de la République, de relâcher le système de mécanisme, devait se traduire par des déceptions, des mesures appropriées seraient prises contre les auteurs qui se seraient rendus coupables de telles déviations.

 

Sur le terrain, des stratégies sont envisagées par le CNDD et le gouvernement en vue d’éliminer les mauvaises graines qui contamineraient les structures susceptibles de catalyser le développement dans le pays.

 

Dire dans ce cas, que le Ministère à la présidence chargé du Contrôle d’Etat, a été coupé sur mesure, ne peut provenir que de médiocres journaleux de la presse alimentaire, qui n’ont rien compris à la bonne gouvernance, encore moins, au fonctionnement de l’Administration publique.

 

D’abord techniquement, le Ministère du Contrôle d’Etat est un département qui a toute sa raison d’être dans un pays où la corruption et le détournement des deniers publics sont devenus des sports nationaux, un pays où pour devenir riche, il suffisait occuper un poste de haute responsabilité dans l’Administration guinéenne ou être Chef ou Coordinateur d’un projet ou programme d’investissement public.

 

Le Ministère du Contrôle d’Etat est érigé ici, en un Département chargé du contrôle public. Il veille au bon emploi des deniers publics, c’est-à-dire à la régularité, l’efficience et l’efficacité des dépenses de l’Etat. Il contrôle toutes les opérations effectuées par les coordinateurs des projets, des chefs de projets et programmes d’investissements publics, et des directeurs des établissements publics autonomes, dans le cadre de l’appréciation des utilisations des fonds de l’Etat, et du suivi des réalisations concrètes sur le terrain. Bref, ce ministère fait office de contrôleur  de l’Etat.

 

Franchement, dans un pays comme la Guinée, l’existence d’un organe ou d’un département de contrôle d’Etat n’est-elle pas nécessaire pour mettre fin à la corruption et aux malversations financières ?

 

Ensuite, à  l’image du Président Moussa Dadis Camara, nous devrons désormais changer de mentalité. Ce n’est pas parce qu’une personne ne plaît pas ou n’appartient pas à notre ethnie, que l’on devra mettre en cause une décision présidentielle, en l’accusant de favoritisme, ou nier les compétences d’un ministre, qui a pourtant plus de 17 ans d’expérience dans l’Administration guinéenne, et qui a déjà eu ses lettres de noblesse à la tâche autant au Ministère des mines qu’à celui de l’Economie et des Finances.

 

Al-Hassan Onipogui qui n’a brulé aucune étape dans l’Administration guinéenne, était, parmi tant d’autres,  mieux indiqué pour diriger ce Département stratégique pour la relance de notre économie.

 

Alors soyons sérieux !

     

  

Bangaly Condé  « Malbanga »

pour www.guineeactu.com

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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