samedi 2 février 2008
Conakry : Le calvaire du tronçon Matoto–Dabompa

Depuis quelque trois ans, les usagers du tronçon Matoto-Dabompa sur l’autoroute éprouvent d’énormes difficultés dans leur déplacement. Les travaux de construction et d’extension sur ledit tronçon se font avec une lenteur exaspérante. Il serait donc souhaitable que les autorités compétentes se penchent sérieusement sur cette situation déshonorante pour un pays indépendant il y a bientôt un demi- siècle.

Dans un pays où tout est à construire ou à reconstruire, il est évident que le département chargé des Travaux publics aura un rôle déterminant à jouer dans la politique générale du gouvernement.

Malheureusement, tel semble ne pas être le cas en Guinée, du moins pour le moment. Après un demi-siècle d’indépendance, nombreux sont les axes routiers guinéens qui se trouvent dans un état lamentable. Dans la capitale, la vitrine économique du pays, la circulation routière est rendue souvent difficile à cause de l’étroitesse des voies publiques. Malgré les efforts louables consentis ces dernières années, bon nombre de quartiers de Conakry restent partiellement ou complètement enclavés, au grand dam de ceux qui ont choisi d’y vivre. La construction des Transversales et de la route « Le prince » a permis par exemple aux citoyens de certains quartiers de circuler dans des conditions relativement satisfaisantes. Mais force est de reconnaître qu’il y a actuellement des tronçons dont les usagers ne savent plus à quel saint se vouer. C’est notamment le cas de l’axe Matoto-Dabompa. La lenteur des travaux sur ce tronçon se passe aujourd’hui de tout commentaire. Pendant l’hivernage, des nid-de-poules et autres trous béants qui rendent la circulation particulièrement difficile, au grand dam des usagers et des populations riveraines. En saison sèche, les chauffeurs et les passagers sont obligés de se pincer le nez pendant tout le trajet, pour ne pas inhaler une quantité considérable de poussière. Les habitants de Lansanaya, Dabompa, Enta, Kissiosso et Sangoyah ne savent plus à quel saint se vouer. Tous les jours, ils font face aux désagréments qui ne cessent de  se multiplier sur ce tronçon. Aux heures de pointe par exemple, l’on assiste à des embouteillages à vous donner le dégoût de monter à bord d’un véhicule de transport. Face à cette situation qui empire au fil des jours et des semaines, la plupart des chauffeurs de taxis et de minibus ont fini par « bouder » littéralement le tronçon Matoto-Dabompa au profit de l’axe Enco5-Cimenterie. «  L’état de la route Matoto-Dabompa est dans un état lamentable. C’est pourquoi, depuis quelque temps, j’ai pris la sage décision de ne plus m’aventurer sur ce tronçon. Sinon, je risque de passer le plus clair de mon temps au garage, avec tout le coût financier que cela représenterait », nous a confié l’autre jour un chauffeur de taxi. Quant aux habitants des localités citées plus haut, ils ont le choix entre les désagréments du tronçon Matoto-Dabompa et les « commodités » de l’axe Cimenterie-Enco5. Les autorités en charge des Travaux Publics devraient normalement se faire le devoir de demander des comptes à ceux qui ont eu le contrat d’extension dudit tronçon. Mais pour qui connaît les conditions d’attribution et d’exécution des marchés publics en Guinée, il y a lieu de se poser une multitude de questions particulièrement embarrassantes. Pendant ce temps, ce sont les pauvres populations  qui sont obligées, la mort dans l’âme, de faire les frais de la gestion scandaleuse de leur pays. Il ne servirait à rien de confier des travaux à une société si l’on n’a ni la volonté ni le temps de suivre de près l’exécution correcte desdits travaux. Tel semble malheureusement être le cas aujourd’hui au regard de la lenteur exaspérante des travaux de construction et d’extension sur le tronçon Matoto-Dabompa.

Mamy Dioubaté

Source : Journal L’Indépendant, Conakry, partenaire de guineeactu.com

 

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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