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A chacun sa petite histoire en République de Guinée, sous le magistère de feu le Général Lansana Conté. Les lignes qui vont suivre, sont celles pathétiques de notre confrère Foday Fofana, ancien correspondant de BBC à Conakry, qui a eu maille à partir avec les autorités de la deuxième République. Témoignage exclusif !
« C'était l'expérience la plus tourmante de ma vie, parce que j'ai perdu mon boulot à BBC, et à l'agence Reuters : çà a gâté ma vie, çà m'a remis à zéro. La Sierra-Leone sortant d'une décennie de guerre, je n'avais pas de perspective là-bas, c'est pourquoi je suis revenu en Guinée, pour tenter de reconstruire ma vie, qui a été brisée ici-même.
Pour la petite histoire, j'étais partis vérifier une information au Camp Alpha Yaya DIALLO, et feu le Général Sama Panival Bangoura m'a arrêté et accusé d'espionnage pour le compte de deux puissances étrangères (Usa et Angleterre).
Après trois mois en prison à la sûreté nationale, j'ai gagné le procès pour manque de preuves. A ma libération, le gouvernement me fis déclarer persona non gratta et je fus expulsé vers la Sierra-Leone.
Malgré ma protestation, prétextant que ma vie serait en danger avec le RUF, qu'on me laisse partir au Liberia ou dans n'importe quel autre pays à mes frais, ils ont refusé, espérant peut-être, que les rebelles vont me tuer en Sierra-Leone, parce que je suis malinké, comme l'ancien Président Ahmed Tedjane Kabba, alors exilé en Guinée.
Le gouvernement a alors saisi mon compte bancaire à la Bicigui et les loubards du PUP sont partis saccagés ma résidence et emporté tous mes biens, y compris ma voiture.
Finalement, j'ai été conduit manu militari à la frontière par la police guinéenne, qui m'a remis aux rebelles Sierra-Léonais, qui m'ont conduit à la présidence à Freetown, pour voir Johny Paul Kourouma qui était le chef de l'Etat. Heureusement pour moi, ce dernier était un de mes protégés au Lycée : c'est çà qui a sauvé ma vie.
Toute ma vie personnelle, familiale et professionnelle a été déchirée par cette décision du gouvernement de feu le Général Lansana Conté. Et jusqu'à présent, je ne m'en sors pas.
C'est pourquoi je lance un appel à tous les journalistes, afin de m'aider à sortir de cette malheureuse situation, en me trouvant du travail dans mon domaine de compétence. Je suis encore disponible à travailler pour une agence : une radio anglophone ou francophone, bref tout ce qui est du journalisme.
Entretien réalisé par Aboubacar SAKHO pour www.guineeactu.com
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