vendredi 1 janvier 2010
Conakry-Dabola : 15 barrages pour « rien »

La circulation interurbaine relève d’un véritable parcours du combattant. Depuis les derniers événements du 28 septembre et du 3 décembre 2009, l’on assiste à un retour fulgurant de barrages routiers sur tous les trajets, allant de Conakry à toutes les villes de l’intérieur du pays, sans exception aucune. Du km 36 à Dabola, sur une distance de prés de 500 Km, l’on peut compter plus d’une quinzaine de barrages routiers érigés par des hommes en uniforme. Au niveau de chaque barrage, tous les véhicules en partance ou en provenance de l’intérieur du pays, stationnent pour des séries de fouilles systématiques. Dans ces endroits, les militaires, les policiers, les gendarmes ou alors les bérets rouges se pressent et demandent aux passagers de se présenter. Quoi de plus normal si on se limitait à cela. Mais hélas ! Après tout, les gardiens des barrages demandent à celui qui ne possède pas de pièce d’identité de verser une somme allant de 2000 fg à 5000fg comme amende. Jugés trop nombreux par les usagers de la route, ces hommes en tenue stationnés le long des barrages, rendent la circulation quelque peu difficile à tout le monde, passagers et conducteurs compris.

Ce qui est certes surprenant, c’est que la présence de ces barrages sur la route ne semble pas être un facteur de lutte contre l’insécurité dans le pays. A chaque fois d’ailleurs, on assiste à des séries d’attaques à main armée, à des braquages et même des fois à des prises d’otage.

Par ailleurs, à y voir de près, l’on se demande bien si la méthodologie adoptée par ces services permet de déceler des malfrats dissimulés dans des voitures. Lorsqu’un véhicule se présente à un barrage, il suffit au chauffeur de collecter les 5000fg de tous les passagers qui n’ont pas une pièce, et de remettre tout de suite des sous à l’agent qui n’attend que ça pour aller faire le compte rendu à son chef hiérarchique. Ce qui signifie que parmi les passagers, il peut y avoir des personnes moins bien connues. Or, avec un simple billet de cinq mille francs, l’inconnu peut facilement se retrouver dans la capitale guinéenne. Ce qui prouve que le nombre de barrages ne se justifie pas, en principe, étant donné la qualité des fouilles menées par les agents de la sécurité routière en Guinée. La présence massive des hommes en uniforme militaire et armés de fusils et de munitions effraie la population et panique même certains pauvres citoyens qui ont du mal à se déplacer en ce moment, sur un parcours de plus de 10 km.


Lansana CAMARA
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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