mercredi 16 septembre 2009
Compte rendu et explications de la lecture du Coran contre la dictature en Guinée
El hadj Mahmoud Ben Saïd

Notre cérémonie de prière avec lecture du Saint Coran contre une troisième dictature en Guinée a effectivement eu lieu dans la ville de Matsue (préfecture de Shimane, au Japon), hier mercredi 16 septembre 2009 lors de la célébration du Laylatoul Quadr à Micc (Matsue international community center) entre 20 h et 22 h locales (11 h-13 h Gmt). Pour justifier la volonté des Guinéens à barrer la voie à un troisième dictateur, j’ai introduit la cérémonie par un résumé des crimes commis lors des deux premières dictatures. Ensuite nous avons procédé à la lecture de la Sourate Yâ-sîn et avons fait les prières, dans le plus grand sérieux.

 

Dans les commentaires à l’article précédent, un frère a demandé des éclaircissements sur le choix de la partie à réciter, je conseille de décider en fonction de la démarche envisagée : Je recommande à tous d’implorer Dieu de nous débarrasser de cet homme dans la paix, sans nous imposer davantage de sacrifices humains. J’ai donc suggéré Yâ-Sîn compte tenu du bien mentionné à propos de cette sourate et de son contenu. Considérée comme « le cœur du Coran », elle parle à la fois des bonnes et des mauvaises personnes et décrit de façon graphique le pouvoir d’Allah. Mais vraiment, ce n’est qu’une suggestion.

 

Un autre frère a dit que « pour implorer Dieu, il faut être soi-même propre, sinon vous perdez votre temps pour rien ». Qu’il soit à l’aise. Nous ne permettons volontairement aucune « saleté » en nous : Nous craignons Dieu et essayons dans nos actes de respecter strictement toutes Ses recommandations, tout en prenant soin d’être tolérant (dans des limites raisonnables) envers nos semblables qui ont des comportements différents des nôtres. Partant, nous avons un très grand espoir que Dieu acceptera nos prières, et c’est pourquoi nous faisons ces prières. Toutefois, en vérité nul ne saurait dire exactement sur quels critères Dieu se base pour exaucer une prière. Il décide de toute chose à Sa seule discrétion. C’est justement pour cette raison que nous devons multiplier les lectures du Coran et les prières, par différentes personnes, à différents endroits, dans différentes circonstances, espérant qu’au moins une de ces prières sera exaucée. C’est aussi pour la même raison que nous essayons de profiter du mois saint de Ramadan.

 

Quant à la façon de conduire ces prières, les faits historiques prouvent que la prière doit venir du cœur ; elle doit se faire avec insistance et suivre une logique. À la bataille de Badr, quand les croyants n’étaient qu’une poignée d’hommes mal équipés devant une puissante armée d’infidèles, le Prophète (paix et salut de Dieu sur lui) avait prié avec une telle ardeur que son entourage est intervenu pour l’interrompre. Invoquant le Tout-Puissant à travers des noms particuliers, Il expliquait dans sa prière la raison pour laquelle il demande l’aide d’Allah – la puissance de l’ennemi est telle que seul Son aide pouvait permettre une victoire des musulmans ce jour – et les conséquences d’un éventuel échec : « Ô Allah ! Si Tu extermines ce petit groupe de musulmans, il n’y aura plus personne pour T’adorer sur terre ! » Et on connaît la suite. Imitons donc cette prière de Badr qui, par coïncidence, eut lieu pendant le mois de Ramadan :

 

Yâ Hayyu yâ Quayyûm ! Notre ennemi a toutes les armes, alors que nos mains sont vides. Nous sommes déterminés à combattre, mais seule Ton aide pourra nous donner la victoire. Ô, le Vivant, Qui subsiste par Lui-même ! Si Tu laisses cet homme au pouvoir, des dizaines de millions de personnes seront assujetties à une dictature qui pourrait durer un autre demi siècle, vu l’âge du dictateur. Ô Allah, nous te prions, en récitant Tes propres paroles, de nous débarrasser sans heurts, du nommé Moussa Dadis Camara. Débarrasse-nous de lui en douceur ! Empêche sa candidature aux élections, d’une manière ou d’une autre, mais dans la paix. Protège nos combattants qui descendront dans les rues, car si Tu décides de nous donner la victoire seulement par ce moyen, nous le ferons. Surtout donne-nous cette victoire pour qu’il n’y ait plus jamais de dictature en Guinée – Amen !

 

En plus des choses connues de tous, il y a un fait exécrable dans le comportement de cet homme qui semble recevoir peu d’attention. On doit l’incorporer dans nos prières : C’est devenu son habitude d’immobiliser toutes les forces de la nation pour des heures à écouter ses discours fanfarons, et maintenant indécents, qui vont du coq-à-l’âne. Il le fait sans se soucier des effets sur les gens ou sur l’économie du pays. Il ne sait pas que ce temps perdu est du travail perdu, de l’argent perdu.

        

Frères et sœurs, certains ont pensé que j’exagère dans cette démarche. Mais sachez que notre problème est très sérieux, même plus sérieux que Badr ! Là-bas, les croyants étaient minoritaires, mais ils avaient en face d’eux des ennemis connus. Dans notre cas, l’ennemi est insidieux. Hypocrite, il a des représentants dans nos propres rangs :

 

Ô Allah, Tu as promis le tréfonds de l’Enfer aux hypocrites. Arrêtes donc cet hypocrite et sa clique : Mets fin à leur pouvoir ! Et par Ta miséricorde, fais-le sans heurts !

 

D’autres disent qu’il faut, au nom de la démocratie, le laisser se présenter. Si nous étions rassurés que les élections seraient saines, on pouvait l’accepter ; mais on est convaincu du contraire. Avec ces élus locaux et les préfets militaires, entre autres manipulés acquis à sa cause, sa candidature équivaut presque à son « élection ». La seule manière d’empêcher son élection est donc d’empêcher sa participation. Nous devons tous nous y mettre.

 

Enfin, contrairement à ce que certains me reprochent dans l’article précédent, je n’ai rien contre la personne du capitaine Moussa Dadis Camara. L’empêcher d’être « élu », vu son incapacité, est la seule malédiction que je lui souhaite. Que l’on relise bien ma phrase : « Oui, Allah, maudis donc fort ce maudit en empêchant sa candidature et bénis la Guinée ! » Or, le Tout-Puissant, Qui ne manque pas de moyens, peut décréter cela de plusieurs manières, toutes pacifiques – par exemple en le faisant rejoindre son père au Sénégal, comme l’a si bien suggéré un de nos frères ! Cela dit, le fait qu’il soit un maudit est indéniable. Se réveiller un matin et devenir Président de la République, engager d’excellentes reformes économiques et sociales qui pouvaient l’immortaliser, mais d’un coup chambouler tout cela, si bêtement, est la pire des malédictions.



El hadj Mahmoud Ben Saïd

 

 

www.guineeactu.com

 

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Vos commentaires
Youssouf Bangoura, samedi 19 septembre 2009
merci Elhadj, que Dieu le tout puissant vous benisse et vous entende. mais comme l`a dit Issiaga dansoko, le premier travail nous revient, on doit prouver au créateur que nous voulions le changement, Dieu aide rarement celui qui ne fait rien. Montrons à Dadis et à ses acolytes que nous ne voulions pas d`eux, personne n`est contre lui, il est guinéen comme nous, mais la place qu`il occupe n`est pas la sienne, il n`a ni la formation, ni la competence necessaire pour nous sortir de la misère, d`ailleurs il nous enfonce davantage.
Gadizy, vendredi 18 septembre 2009
Merci mopn frère pour cette contribution.Mais on dit souvent aide toi,le ciel t`aidera.Alors comme le dit Issiaga Dansoko,nous devons être en première ligne pour extirper cette bande de fripouille de la Guinée.Wa salam.
Issiaga DANSOKO, vendredi 18 septembre 2009
Merci mon frere! Chacun a la liberte de croire ou de ne pas croire en Dieu et en Sa puissance de nous enlever Dadis et sa clique sans heurts, comme vous le dites. Mais je suis tout de meme convaincu qu`Il ne le fera jamais tant qu`on ne prendra pas la premiere ligne du combat. Vous avez raison de faire reference a la bataille de Badr, qui eu lieu un 18e jour du ramadan. C`est le jour ou Allah a decide de montrer Sa puissance aux Mecquois en les faisant subir une defaite a la fois sanglante et humiliante, malgre leur ecrasante majorite et leurs moyens militaires. Mais la victoire n`est venue que suite a l`engagement des musulmans. Dieu pouvait dire au prophete et ses compagnons de rester a la maison pour le laisser seul regler le compte des ses ennemis. Mais Il ne l`a pas fait. Le prophete lui-meme etait un bon guerrier (fils de Quraych qu`il etait ) et a meme ete blesse dans la bataille de Ouhd. Cela, pour dire a nos opposants, que "Allah ne change jamais l`etat d`un peuple tant que ce dernier ne change pas lui-meme ce qui est a son propre niveau". (Traduction approximative d`un verset de la Sourate Younous). Merci mon frere, et a nos moyens de combat pour faire partir Dadis. Issiaga Dansoko. dansokoissiaga@yahoo.fr
Daouda Bokoum, jeudi 17 septembre 2009
Dieu vous Béinisse tous mes chers frères, ainsi que nontre pays! que chacun combatte cette peste avec l`arme qu`il dispose! Salam!!!
sidibé, jeudi 17 septembre 2009
Puisse DIIEU ACCEPETET VOS PRIERES pour le plus grand bonheur de tous les Guinéens y compris Moussa Dadis Camara et ses compagnons.
Habib Diallo, jeudi 17 septembre 2009
Merci Mr Ben Said, nous ferrons la meme chose que vous ici a Ottawa cette nuit, Inch allah. Que Dieu benisse la Guinee.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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