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La séance de travail a commencé aux environs de 15h30, avec un message de bienvenue et de remerciements à toutes les personnes qui sont présentes pour continuer « Le mouvement », aux différents médias présents et à Télésud qui a marqué sa présence pour encourager la volonté des femmes guinéennes d'Europe de participer au changement et à l'effort de développement socio-économique de leur pays et de la mère patrie, l'Afrique. Hadja NGADI, la présidente d’Etoile Ile de France, dit un grand merci aux associations et à toutes les personnes qui soutiennent ce mouvement.
Le débat est lancé entre les partisans de celles qui souhaitent que l'adhésion au mouvement soit collectif, c'est à dire viennent des associations, et celles qui pensent que pour être plus efficace, les adhésions doivent être individuelles. La chef de file de la deuxième formule, Mme Sanaba Cone CAMARA se lance dans un discours programme, expliquant au passage pour lever toute équivoque, que ce mouvement se veut libre et indépendant et ne soutient aucun parti politique. « Nous voulons, dit-elle, que nos associations gardent leurs rôles traditionnels, car elles mènent des actions de solidarités fondamentales. Ainsi « Le mouvement » qui est une partie intégrante de la société civile, pourra par ses actions, ses propositions et ses prises de positions, donner aux femmes le poids, la force et la place qu'elle mérite sur le plan économique, social, culturelle et politique. Nous voulons une parité au niveau de la future assemblée nationale, des hautes fonctions administratives et du gouvernement. Notre objectif est de lancer des chantiers dans la réalisation des projets concrets qui permettront aux femmes d'être indépendantes financièrement et économiquement, en créant des emplois et des microcrédits pour le financement. Nous sommes aussi décidées à intervenir sans tabous dans tous les sujets concernant notre pays, en proposant, nos approches et nos critiques sur le plan culturel, socio-politique et économique de notre pays » (applaudissements de la salle).....
C'est le tour de Mballou KEBE, la grande et fervente militante panafricaine et du changement en Guinée, venue tout droit de Bruxelles, de se lever pour féliciter cette force en construction et encourager une large mobilisation des femmes, pas pour parler dit-elle, mais pour travailler et faire avancer très rapidement notre pays. Dans ses mains une pile de feuillets, elle va droit au but : « J'ai réfléchi à tout ce que nous pouvons faire depuis que ce mouvement a été lancé le 23 mai à Paris et je propose que nous mobilisions toutes nos forces et nos énergies pour mettre en place des actions qui pourront être créatrices d'emplois, créatrices d'entreprises avec les micro-finances. Il existe des fonds disponibles à l'Union Européenne et dans les différentes institutions des Nations Unies. Nous pouvons donc par nos réflexions et le travail sérieux que nous ferons, monter des projets et trouver les financements pour les concrétiser. Nous pouvons aider les femmes dans notre pays, pour qu'elles puissent enfin sortir de leurs dépendances. » Elle formule en guise de conclusion, dans un catalogue bien défini et structuré, plus d'une vingtaine de propositions et de pistes de travail pour aller vite, dit-elle, à l'essentiel (tonnerre d'applaudissements).....
C'est au tour d'Aïssatou SY, la présidente de Femmes Unies pour le développement de dire ses inquiétudes par rapport au consensus et à la transparence qui doit primer, si les femmes veulent réussir à relever les défis.
Le tour de table qui a suivi, avec la prise de parole de Binta Béa, qui dans un langage direct, demande si les adhésions sont individuelles ou collectives, car dit-elle, « mon engagement vous est acquis si c'est la volonté individuelle qui est prise en compte », car pour elle, l'engagement et la motivation individuelle sont un véritable gage de réussite. Elle emporte l'adhésion générale de l'ensemble des femmes. De l'association des femmes villageoises, Mme Bah DIALLO prend la parole au nom de son association pour faire des propositions concrètes d'actions que les femmes peuvent mener dans des domaines dit-elle « comme l'éducation, la santé, la formation, l'agriculture rurale, l'alphabétisation et autres » (applaudissements et adhésion de la salle...).
La rentrée fulgurante de Mme Hadja Marie Thérèse Demba vient couronner l'apothéose de cette grande rencontre décisive du Mouvement des femmes guinéennes d'Europe Elle prend les choses en main, lance à l'assistance que « le combat qui est en train de se mettre en place est celui qui permettra à nos enfants et à nos petits enfants de pouvoir rentrer et se mettre au service de notre pays et de l'Afrique. Nous devons éviter à nos enfants de rester en exil, comme cela fut le cas pour nous autres. Le pays à besoin d'eux. » Elle impose rapidement par son charisme et sa grande expérience acquise, lorsqu'elle était fonctionnaire de la BAD, Banque Africaine du Développement, une méthode de travail plus efficace, qui déboucha sur un grand tour de table et des propositions concrètes. Son expertise à donner plus de teneur à la suite des débats. Elle martèle, « moi je suis en dehors de mon pays depuis 40 ans, je n'ai jamais participé à quoi que ça soit, mais quand Sanaba CAMARA m'a dit que les femmes ont besoin de mon expérience, j'ai dit oui, je viendrai vous aider, mais je ne veux aucun poste de responsabilités, que celui de conseiller. »
Tour à tour, la salle à écouté attentivement la tonitruante Bintou BANGOURA qui a réaffirmé son engagement personnel à s'impliquer dans le mouvement pour que les femmes prennent leurs places dans le développement socio-économique de leur pays (vifs applaudissements de la salle)....
Mme BARRY Yaya, dont l'époux Mdou Aliou BARRY de la diaspora est candidat indépendant aux prochaines élections présidentielles en Guinée, prend la parole pour demander aux intervenantes, d'éviter de se répéter et d'aller à l'essentiel pour plus d'efficacité dans le travail que nous voulons toutes concrétiser. Elle affirme haut et fort son engagement et sa ferme volonté de participer activement à toutes les actions qui seront menées par le mouvement.
Mme BIYA, présidente d'une associative très active sur le terrain permirent aussi de faire avancer le débat, soulignant son engagement ferme pour le mouvement.
La discrète Adji BARRY BAUD, femme de dossier et de réflexion, prend juste la parole pour dire sa volonté de travailler pour donner sa juste place à la femme guinéenne dans le combat pour sortir notre pays de son immobilisme. « Je souscris à toutes les déclarations faites par mes sœurs ici présentes. Nous ne sommes pas un parti politique. Mais nous allons nous mettre immédiatement au travail pour prendre une part active au changement en Guinée. Nous allons le plus rapidement possible rédiger les Statuts du Mouvement, définir le Règlement intérieur et déposer ces documents à la Préfecture pour nous légaliser comme une Association Loi 1901. »
Le grand tour de table donne finalement un consensus général sur les objectifs du Mouvement des femmes guinéennes d'Europe. Un collectif de rédaction des statuts et du règlement intérieur est mis en place pour une reconnaissance officielle du mouvement qui vient de naître et qui ne cesse d'occuper le terrain médiatique et les discours de salon.
Compte rendu d'Alfa Ousmane Diangolo BARI depuis Paris
Source guinea-forum, partenaire de www.guineeactu.com
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