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Les noms des personnes qui composent le CNT de Transition sont désormais connus. En lieu et place des 105 membres initialement prévus, le CNT comprend désormais 155 membres issus d’horizons divers. Peut-on déjà parler d’une violation des Accords de sortie de crise signés à Ouagadougou? Les 155 membres du Conseil ont été proposés par le CNDD, les partis politiques, les organisations des Droits de l’Homme, la Société civile, les medias publics et privés, les associations des jeunes et de femmes, les confessions religieuses, les organisations professionnelles, etc.
Toujours est-il que toutes les sensibilités sociales de la Guinée ont été représentées au sein du CNT. A présent, seule l’Alliance Nationale pour le Renouveau (ARN) présidée par Ousmane Bah (leader de l’UPR) n’y est pas représentée. Et pour cause, cinq places seulement avaient été proposées à l’ANR, qui a revendiqué dix places lors des négociations. Toute chose que la présidente du CNT, Hadja Rabiatou Serah Diallo, a déploré tout en invitant les membres de l’ANR à rejoindre le Conseil pour apporter leur pierre dans la construction de la maison commune. « Je tiens à préciser qu’à tout moment, s’ils le désirent et décident, les délégués de l’ANR peuvent intégrer le CNT et avec les autres membres s’acquitter de la mission historique qui nous est dévolue.» dira Hadja Rabiatou Sérah Diallo.
Par ailleurs, les attentes des populations guinéennes sont grandes vis-à-vis du CNT. Car, hormis l’organisation d’élections libres et transparentes, il faudrait tout d’abord nettoyer complétement les textes de loi et autres textes qui régissent le fonctionnement général de l’administration guinéenne. Comme on le sait, depuis des décennies, ces textes ont été volontairement violés par des hommes qui ont occupé des postes de responsabilité dans le pays.
En ce qui concerne par exemple la durée du mandat présidentiel, la Constitution la fixe à 7 ans renouvelables à l’infini. Ce qui n’est pas en conformité avec l’esprit d’un pays qui souhaite être démocratique. Ensuite, il y a la limite d’âge du candidat qu’il faudrait revoir. Ce qui se justifie, en ce sens qu’au delà de 70 ans, il est fort incertain qu’un candidat aux élections présidentielles puisse disposer de toutes les facultés (physiques, morales, psychologiques et intellectuelles) lui permettant de conduire les destinées d’un pays.
Le cas du Général Lansana Conté, qui est longtemps resté malade est illustratif. Vers la fin de son mandat, le général Conté dont l’état de santé se dégradait au jour le jour devenait de plus en plus affaibli par sa maladie et sa vieillesse. Conséquence, le pays a connu des séries de crises économiques et sociales qui ont profondément compromis le développement socioéconomique du pays. Le chef de l’Etat étant presque hors jeu, la direction du pays était finalement tenue par les prédateurs de son régime. La pauvreté s’est immédiatement généralisée dans tout le pays. Le pouvoir d’achat du citoyen est tombé au bas de l’échelle, et l’exode rural a connu une montée en flèche.
Aujourd’hui, le CNT a la lourde responsabilité de sortir une Constitution qui ne tienne compte que de la nécessité de bâtir une démocratie véritable. Pas besoin donc d’une Constitution taillée sur mesure. Par exemple, un mandat d’une durée de cinq (5) ans renouvelable une seule fois. Deux mandats seront suffisants pour chaque président désireux de laisser des traces. Même si au terme de son premier mandat, il sera loisible au peuple d’infliger un vote sanction. D’où d’ailleurs la nécessité de porter le regard sur les programmes de société des candidats, ainsi que sur les actions réalisées par le prochain lors des joutes électorales. Haro donc sur l’ethno stratégie.
Comme on le voit, tous les regards sont tournés vers le CNT, qui doit immédiatement se mettre au travail, afin de produire une Constitution propre et crédible, nous permettant d’aller à des élections présidentielles, sans fausse note.
Lansana Camara L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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