vendredi 12 février 2010
Complément aux commentaires du texte: « Est-ce l'annonce de la rédemption de la République ? »
Ansoumane Doré

Je remercie la sœur et les frères qui ont pris la peine de lire ce texte. Les rencontres que nous offre ce site, sont des lieux d'échanges courtois qui doivent permettre de réfléchir sur notre pays commun. C'est malheureusement sur ce plan qu'on entend des compatriotes recrus des malheurs de la vie, dire que les discours et les écrits ne servent à rien. Mais il faut qu'ils arrivent à faire la différence entre des discours politiques, trop souvent creux et des textes de réflexion. Ils ont tendance à dire, « il faut des actions! », certes, mais ils n'ont jamais dévoilé les modes d'emploi de ces actions qu'ils recommandent. Dans un pays, il y a des acteurs de terrain comme les leaders politiques, les syndicalistes etc. ; il y a aussi ceux qui réfléchissent et écrivent. Il n'y a pas d'étanchéité entre ces catégories mais ceux qui peuvent, à la fois, accomplir efficacement ces différentes tâches ne sont pas nombreux en Guinée. Ce qui a manqué à notre pays et qui peut expliquer une part de sa dérive, a toujours été l'improvisation dans la conduite des affaires publiques. Ceux qui écrivent ne sont pas ceux qui gouvernent, c'est pourquoi il faut abandonner les comportements obscurantistes qui consistent à minimiser la réflexion. Sans des écrits sur l'impunité qui était devenue la règle en Guinée, ce fléau se serait poursuivi et renforcé à belle allure. Il faut que tous ceux qui ont arrêté les aiguilles au cadran de l'horloge de l'histoire de la Guinée au Non de septembre 1958, sachent que, comme ailleurs dans le monde, les réflexions et les écrits qui en résultent contribueront plus que jamais aux changements sociaux et mentaux. Les réactionnaires qui se sont fossilisés dans la nostalgie de l'époque répressive du PDG se sont condamnés, pour les plus jeunes, à ne pas faire partie de la construction de la Guinée de demain. Ils ont été incapables de voir, autour d'eux, l'évolution du monde. Celui qu'ils appellent le Père de la Nation n'a rien laissé de palpable qui puisse faire la fierté des jeunes générations de Guinéens. Qu'ils aillent voir ce que les Senghor et les Bourguiba, pour ne citer que ces deux, ont laissé respectivement au Sénégal et à la Tunisie. Ce n'est pas parfait mais ça rien de comparable avec notre Guinée. Combien de Guinéens vont se soigner au Sénégal.? Combien de Sénégalais vont se soigner en Guinée?... De l'absence totale de démocratie du temps de Sékou Touré sont sorties les dictatures militaires venues après 1984. Un commentateur le dit très bien. Que les dictateurs venus après le temps du PDG aient été moins flamboyants que le Responsable suprême de la Révolution ne doit rien changer à l'appréciation sur l'évolution de notre pays. « Qui sème bien, récolte bien » et « Qui sème le vent, récolte la tempête », ces adages sont connus de tous. Les racines des maux qui assaillent la Guinée d'aujourd'hui, prennent racines dans les pratiques du Parti-Etat de Guinée. Mais aller donc faire comprendre cela à des fossiles...

Habib Diallo a parfaitement bien fait de rappeler dans son commentaire le beau texte de Tibou Barry (Atlanta, USA) : « Haïti, Guinée » du 20 janvier. J’aurais fait mention de ce texte si j'en avais eu connaissance en son temps. Mais il passe tellement de choses intéressantes sur un site qu'il nous en échappe parfois. Je remercie donc Habib de m'avoir fait connaître le texte de Tibou et je suis heureux de n'avoir pas été le seul à attitre l'attention des Guinéens sur l'évolution d'Haïti.

A Sékou Oumar Camara, je dis simplement qu'il faut ramener les jugements aux réalités qu'on peut estimer avec le recul, avoir été vécues. « Les craintes révérencielles des cadres... » Dont parle Sékou Oumar, étaient des craintes qu'ont éprouvées tous les Guinéens vis-à-vis des Présidents. C'est tout de même extraordinaire de rappeler ici des slogans politiquement appuyés après des époques pour en faire une réalité vécue comme celui-ci: « un homme qui refuse dit non », prêté à l'Almamy Samory Touré. Ce héros national en guerre contre l'envahisseur français, a effectivement dit non à la soumission en prenant les armes. Mais en dehors de ce contexte de guerre de résistance, aucun dignitaire de la cour de l'Almalmy ne pouvait seulement, aux dires rapportés par des chroniqueurs, penser prononcer le mot NON à une décision de l'Almamy sans risquer sa tête. Mon grand père maternel, Kèmoko-Toma Soumaoro, fervent de l'Almamy, décédé à un grand âge en décembre 1960 (j'avais 24 ans), m'avait beaucoup parlé et avec nostalgie, du temps de l'Almamy Samory. Très jeune palefrenier dans les sofas (l'armée) de Samory au siège de Sikasso en 1887-1888 (dans l'actuel Mali), il m'a longuement parlé des pratiques de la cour, non pas en termes critiques mais de la façon la plus normale. Par exemple un notable à qui serait venue l'idée de s'habiller avec une certaine recherche (coiffure sortant de l'ordinaire du code tacite, boubou trop élégamment brodé, jusqu'à attirer le regard de beaucoup d'autres notables) pouvait attirer de gros ennuis à l'audacieux qui avait peut-être des idées de pouvoir derrière la tête. Or ce vouloir de s'habiller à son goût pouvait signifier un Non au protocole vestimentaire qu'on acceptait plus.

Dans notre recherche de dignité, après notre indépendance, nous avons occulté bien des aspects de notre passé lointain pour les embellir. Et de toutes les façons nous n'avions pas à juger les mœurs de nos ancêtres avec les critères du XXe siècle. Eux n'avaient pas lu les philosophes humanistes socialistes, marxistes et autres qui ont fait une place de choix à ce que les générations futures ont appelé le droit et la dignité de l'homme. Ce sont ces philosophes qui ont été les ferments dans la lutte d'indépendance des leaders africains comme Sékou Touré et c'est d'eux qu'ils se réclamaient. Ce qu'on peut considérer comme dureté de nos ancêtres d'avant le XXe siècle, correspondait aux pratiques politiques et sociales de leur temps. Mais de notre temps de « discussions démocratiques », qui pouvait oser dire un Non à Sékou Touré sans aucun risque? Ainsi au congrès du PDG de 1967, dit « congrès de la bouche ouverte » (il s'agissait de dire la vérité, car les comportements mensongers étaient très répandus), le ministre Magassouba Moriba, y avait trop ouvert la bouche en disant Non au manque de démocratie dans le Parti. Il l'a peu après payé de sa vie. C’est pourquoi, les jeunes doivent se modérer dans le lancement de slogans du type : « quand on refuse, on dit Non ». Cela dépend du contexte: le Non de septembre 1958, s’est fait dans un cadre de droit et c'est pourquoi, on l'a dit.


Ansoumane Doré


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Journey, dimanche 29 mai 2011
With the bases laoedd you struck us out with that answer!
Ansoumane Doré, dimanche 14 février 2010
C`est à moi de m`excuer auprès de Sékou OumarCamara de l`avoir mal compris.La teneur de son raisonnement et de son écriture m`a agréablement touché. Cela montre que des discussions apaisées peuvent nous enrichir mutuellement. Merci . A Mohamed Camara, je réponds que je ne peux comparer Sékou Touré et Toussaint Louverture qu`au stade du combat de libération nationale, encore que l`un le faisait en homme libre et l`autre en semi-esclave. Mais la comparaison s`arrête à ce stade pour la simple raison queToussaint Louverture a été déporté en France en 1802 où il est mort en 1803. L`indépendance de son pays a été proclamée le 1er janvier 1804. Il n`a donc pas participé à la gestion d`Haïti indépendante.Sékou Touré a géré l`indépendance de la Guinée pendant 26 années.Ce sont les résultats de cette gestion que nous jugeons.J`ai plusieurs fois écrit qu`il faut que les les Guinéens sachent que l`indépendance des pays africains et d`autres pays colonisés d`autres continents était devenue un fait inéluctacle dans la décennie des années 50. C`était un fait inscrit dans l`évolution du monde de cette époque, dans un contexte de guerre froide Est-Ouest.Après la Conférence de Bandung en avril 1955 (Indonésie) sur le Tiers-Monde, tous les territoires coloniaux étaient promis à l`indépendance. En ce qui nous concerne (colonies fraçaises), la France avait déjà perdu avant 1958: l`Indochine ( Annam, Cochinchine et Tonkin = futur Viêt-nam,Cambodge, Laos); les Comptoirs français de l`Inde; le Maroc et la Tunisie; l`Algérie était en guerre d`indépendance depuis 1954. En Afrique de l`Ouest le Ghana était devenu indépendant de la Grande Bretagne en mars 1957. C`est dire que chez- nous , la propagande politique a exagéré le rôle de la Guinée dans le démembrement de l`empire colonial français. Ce qui est inconstestable est que l`indépendance de la Guinée était déjà un fait inéluctable.Si cela n`avait pas eu lieu en 1958, il se serait produit après cette date.Bref ,il faut en arriver à relativiser les appréciations emphatiques qui engluent beaucoup de gens sur une indépendance dont on peine à trouver des traces positives .Cf mon article « Indépendance où es-tu? »(mars 2008). A Bangaly Traoré, j`ajoute qu`il a parfaitement raison de dire que la Guinée était promise à bel avenir et toutes les études socioéconomiques du milieu des années 50 attestent ce constat ( cf mon livre: « Economie et société en République de Guinée, 1958-1984 et Prespectives » (Edit. Bayardère, 1986, 518 pages). Dois-je dire un mot à Jean-louis?...Je ne suis pas étonné que comme d`autres , il ne peut poser les problèmes nationaux qu`en termes personnels, c`est-à-dire, utilitaristes: « qu`est-ce que je vais pouvoir tirer du pays pour moi-même? ». En effet, c`est ce qui ressort de sa question quand il me demande: « Qu`est-ce le pdg vous a fait PERSONNELLEMENT » pour vous acharner sur lui? C`est pitoyable d`entendre un Guinéen poser une telle question à un autre Guinéen après ce que le peuple de Guinée a subi de la répression de ce Parti. Si j`écris sur la Guinée,c`est parce qu`il s`agit de mon pays.Malgré ma longue absence, j`ai pu écrire sur ce pays le livre de 500 pages que je viens de citer et qui a été apprécié en son temps par des compatriotes à l`intérieur comme à l`extérieur . Pour écrire ce livre, il m`a fallu sacrifier des nuits de sommeil. C`est par attachement à un pays qu`on peut faire un tel travail.Enfin,que j`ai vécu ici où en Guinée, cela n`aurait rien changé à l`évolution de la Guinée. Peut-être que cela aurait changé (en mal) pour moi. Que dire à Abdoul? Croyez-vous vraiment que Magassouba Moriba à l`âge avancé qu`il avait en novembre 1970, ait été capable de guider avec des torches les mercenaires, de nuit, de la plage au centre-ville? Quand on connaît le respect que les jeunes ont,chez-nous, pour les aînés, on peut facilement imaginer que des jeunes de son entourage lui auraient déconseillé une telle initiative: «  Doyen, ce n`est pas à vous de faire cette tâche de guide, c`est à nous les jeunes de nous en charger ». Voilà le genre de propos vraisembles dans notre société . C`est vrai que le débarquement de novembre 1970 a fait de nombreuses victimes innocentes dans la population mais le régime totalitaire en place en a profité pour ramasser tous ceux qui étaient en sursis d`arrestation comme Magassouba Moriba et d`autres.On a été jusqu`à extraire de prison des prisonniers pour les présenter comme des agents actifs de l`aggression. Enfin, je retiens la proposition de Camara.
camara, dimanche 14 février 2010
Mr Doré, quand pensez vous des écrits et témoignages de certains contributeurs pour élucider la violence de l`opposition guinéenne à l`époque?
abdoul, samedi 13 février 2010
Magassouba Moriba, fait partie de ceux qui avec des torches ont guide les mercenaires des berges de l ocean jusqu en ville, ou des centaines de paisibles citoyens ont ete impitoyablement massacres dans la nuit du 22 Novembre 1970. Mr. Dore, vous avez plus de souvenirs que d avenir. par consequent, vous avez le devoir imperieux de traduire les evenements tels qu ils se sont passes.
sanaba Coné, samedi 13 février 2010
A chaque lecture de vos textes,on apprend quelque chose sur l`histoire de notre pays. Que Dieu vous donne une bonne santé et longue vie Doyen
Mohamed Camara, vendredi 12 février 2010
Toute l`impartialite de Mr Dore est contenue dans cette partie de son propre texte "1958 qui pèse encore sur certains Guinéens peut les y conduire. C`est pourquoi j`attire l`attention sur l`évolution d`Haïti. De quoi s`agit-il exactement? Sans entrer dans l`histoire tumultueuse de l`île, disons qu`après la révolte des esclaves africains menés par Toussaint Louverture en 1791, celui-ci est fait prisonnier et déporté en France sur ordre de Bonaparte. Mais en 1803, le corps expéditionnaire napoléonien, de 12 000 hommes, dépêché dans l`île pour rétablir l’esclavage, est vaincu près du Cap -Haïtien (auparavant Cap-Français) et l`indépendance est proclamée le 1er janvier 1804 à Gonaïves par le Président Jean-Jacques Dessalines avec d`abord un statut politique Incertain: « empire » avec Dessalines, « royaume » avec Henri Christophe, « république » avec Alexandre Pétion, et Jean-Pierre Boyer. Les débuts de cette République sont difficiles: évasions des capitaux, les Haïtiens doivent payer une lourde somme pour indemniser les anciens colons français ce qui va handicaper longtemps la jeune République. La France ne reconnaîtra réellement l`indépendance qu`e 1838 sous Louis-Philippe. D`autres reconnaissances suivront: le Saint-Siège, les Etats-Unis après l`abolition de l`esclavage par Lincoln (1863).Mais le mépris dans lequel est maintenue cette république noire est assez général." Quelle similitude! Sekou n`a certe pas ete deporte comme Tousaint mais l`attitude de la france et de ses amis vis a vis des deux republiques est comme l`original et la copie.Ma question est que Toussaint est il le responsable de la situation que sa republique connait elle aujourd`hui.A quand une lecture enfin honnete de notre histoire? Mohamed
Sékou Oumar Camara, vendredi 12 février 2010
Merci Doyen. A propos de la "crainte révérencielle...", vous m`avez...mal compris! Et vous avez bien fait. La faute m`incombe entièrement. C`est un des inconvénients de "l`interactivité" des débats sur la toile. Très souvent, trop souvent, on écrit sans vraiment se mettre à la place du lecteur. On couche ses idées et...on clique sur le bouton "envoyer". En vérité, on ne s`applique pas vraiment à se faire comprendre. On pense (à tort) que les idées exprimées sont claires, alors qu`en réalité on est plus en communion avec son clavier qu`avec ses lecteurs! Ce que donc j`ai voulu exprimer c`est l`idée qu`on est pas obligé d`être complice des crimes des autres. Le NON samoryen peut aussi se prononcer par un "refus de participation", se traduire par un comportement vertueux ou, pourquoi pas, par l`exil. Il y a beaucoup de cadres (je pense à l`instant au regretté Julien Condé) qui ont refusé de participer au ballet sanglant. Concernant le comportement vertueux, je pense aussi à une contribution de Mme Néné Aye Barry dans laquelle elle évoquait le souvenir de N`Faly Sangaré...Bref, je comprends bien que dans un régime totalitaire, il faut être suicidaire sur les bords pour opposer un NON samoryen au "Représentant de Dieu dans le monde des guinéens". Sur ce point, j`espère que vous me comprendrez...Cela étant, vous avez ajouté un élément nouveau dans le débat qui m`intéresse: le crime de DISTINCTION. Ce que votre grand-père vous racontait à propos de la Cour de Samory me semble-t-il, était valable dans toutes les communautés guinéennes et, pire, ce "crime de distinction" a survécu, inconsciemment, à tous les niveaux de notre société. Il y a quelques semaines, sur RFI, un compatriote expliquait à la journaliste Madleine Mukabano le caractère réfractaire de quelques personnages hauts placés vis-à-vis des bonnes idées, vis-à-vis des diaspos (une autre connerie guinéenne - pardonnez cette faute de jeunesse!); Ce conservatisme s`explique non pas dans l`enracinement d`une certaine idéologie mais dans le refus d`admettre que l`Autre ait...des idées! Je peux personnellement vous confirmer qu`en Guinée se DISTINGUER par le haut, soit par ses idées, soit par son comportement, soit par son style, soit par son action, est un "crime social". Le malheur, c`est que cette incrimination a traversé les âges et est présente de Dabiss à Pinet! Que faire, alors?
Bangaly Traoré, vendredi 12 février 2010
Promise à un brillant avenir,pour avoir été la première colonie française d`afrique noire à accéder à la souveraineté internationale en 1958,la guinée offre le triste spectacle d`un pays mis à sac,meurtri,instable,en faillite dans tous les domaines.Prive d`institutions viables au service du progrès de son peuple,l`Etat guinéen a été transformé en un appareil oppressif et prédateur,au service des plus forts.les Deux premiéres républiques basées sur la dictature,les crimes politiques,le népotisme,la corruption,les trafics d`armes et de drogue,ont produit une société éclatée,destructurée,ayant perdu tous ses repéres moraux.A cet effet,il est indispensable que toutes les forces vives du pays,sans exclusive tenir une grande assise nationale avant les élections.Dans un esprit de consensus,de tolérance et de respect mutuel,cette assise sera fondée sur la vérité,la justice et la réconciliation nationale.NB:Selon le leader de l`ufdg Mr cellou dalein Diallo.On a tué des filles et des fils du pays,on les a massacrés,tout cela dans la lutte pour le contrôle du pouvoir.
Jean Louis, vendredi 12 février 2010
Monsieur Doré, pourriez vous nous dire ce que le PDG et son leader vous a fait personnellement comme tort, vous qui avez quitté la Guinée avant les indépendances (si je me réfère sur un de vos écrits) pour vivre tranquillement dans l’hexagone. En tant que guinéen, vous avez le droit de critiquer votre président mais, votre haine est viscérale contre Sékou. A ce niveau, vous devriez vous occuper de la réconciliation nationale et non entrer dans des « détails ». Nous dévons informer les jeunes de manière conséquente et non travestie sur l’histoire de ce pays. Vous n’avez pas le monopole de la vérité historique guinéenne.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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