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Guinéennes et Guinéens, ami(e)s de la Guinée
Notre pays qui, il y a quatre mois, était présenté comme étant le creuset d’un peuple modèle, uni dans le noble combat démocratique, est sur le point de rejoindre les rares peuples qui n’ont jusqu’à présent pas pu rompre avec la barbarie.
Le peuple de Guinée qui, dans l’union sacrée de toutes ses composantes ethniques, vient de se distinguer par son courage avec lequel il a vaincu l’une des armées les plus féroces d’Afrique est aujourd’hui victime de quelques individus qui veulent détruire la cohabitation pacifique des différentes communautés nationales pour des intérêts politiques enveloppés par l’ethno-stratégie politique.
Chers compatriotes, nous assistons actuellement à un déchaînement de violences interethniques qui ne sont que la conséquence directe de la stigmatisation de l’ethnie peulh par le candidat du RPG, M. Alpha Condé. Toutes ses interventions médiatiques sont exclusivement consacrées à l’indexation de l’ethnie peulh qu’il qualifie de mafieuse. Son interview parue dans le journal français « Le Monde » n’est ni plus ni moins qu’une incitation à la haine contre les Peulhs qu’il accuse d’être la cause de tous les maux dont souffrent les Guinéens.
De ces stigmatisations, incitations à la haine du Peulh et la désignation des Peulhs par Alpha Condé comme responsables d’empoisonnement des militants de l’alliance Arc-en-ciel découlent des attaques parfois meurtrières et des destructions des boutiques dont les Peulhs sont les principales victimes dans certaines villes de la Haute-Guinée désignées comme fiefs du candidat Alpha Condé.
Nous sommes consternés par le comportement des forces de sécurité et de défense qui se livrent à une répression à caractère ethnique récemment dénoncée par l’ONU.
Nous sommes également choqués par l’inertie coupable des autorités de la Transition dont la passivité, voire dans certains cas la complicité, ouvre la voie aux exactions des forces de sécurité. Il en est ainsi de l’agression sauvage contre M. Mamadou Aliou Barry, président de l’Observatoire national des droits de l’homme (ONDH) et contre M. Bah Oury, vice-président de l’UFDG, par la Garde présidentielle sans qu’aucune condamnation même verbale ne vienne des autorités de la Transition.
En conséquence, le Collectif contre la violence politique en Guinée (CVPG) a adopté à l’unanimité de ses membres la résolution dont la teneur suit :
Nous condamnons sans réserve cette violence ethnique créée et alimentée par le candidat Alpha Condé et certains responsables des autorités de la Transition, tels le Premier ministre Jean Marie Doré et le Président intérimaire Sékouba Konaté.
Nous tenons le candidat Alpha Condé et les autorités de la Transition responsables des exactions infligées aux personnes innocentes dont le seul crime réside dans leur appartenance à l’ethnie peulh.
Le candidat Alpha Condé étant de nationalité française, d’une part, et du fait que la justice guinéenne est plus que défaillante, d’autre part, nous avons décidé de porter plainte contre le candidat Alpha Condé devant la justice française pour incitation à la haine ethnique, infraction prévue et réprimée par la loi française et d’autres conventions internationales signées et ratifiées par la France.
Nous avons prévu une grande manifestation des Guinéens de France contre les graves violations des droits de l’homme auxquelles sont soumises la population civile et certaines personnalités politiques de l’alliance Cellou Dalein Président.
Le Collectif contre la violence politique en Guinée (CVPG), en collaboration avec des ONG internationales, est déterminé à mener ce combat jusqu’au bout afin d’éviter qu’un crime de génocide ne succède au crime contre l’humanité perpétré le 28 septembre 2009 en Guinée.
Le Collectif contre la violence politique en Guinée (CVPG)
www.guineeactu.com
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