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Le texte qui suit est une transformation du texte de l’honorable et sage tchadien, Abbé Djimasbeye Tolna Jean-Pierre dont les propos et la force du verbe sont applicables à Jacques Kourouma en particulier et à la Guinée en général. Le texte original peut être consulté en suivant le lien du site de Tchad Nouveau :
http://www.tchadnouveau.com/component/content/article/60-votre-plume/198-quand-les-moyens-de-communication-modernes-deviennent-un-danger-pour-les-tchadiens?directory=138
Tchad sera remplacé par Guinée et Tchadiens par Guinéens.
Ce texte qui est une magistrale leçon, je le dédie à Jacques Kourouma et à tous ceux qui lui ressemblent en Afrique, en espérant que la lumière perce la carapace de leur cœur.
Quand les moyens de communication modernes deviennent un danger pour les Guinéens.
Le monde d’aujourd’hui est devenu un véritable village, et nous impose son rythme par ses moyens de communication modernes. Certains pays appelés aujourd’hui grandes puissances sont ceux qui ont fait l’expérience amère de la guerre et que, aujourd’hui ils l’abandonnent pour se consacrer à leur développement.
Certains pays africains les ont imités en commençant par mettre l’accent sur l’éducation nationale et l’instruction de leurs peuples. Ils ont ainsi opté pour imiter positivement leurs ex colonisateurs au lieu de perdre le temps en les insultant. Les pays africains qui ont donné la priorité à l’éducation nationale sont arrivés à se retrouver à l’aise dans ce "village monde" d’aujourd’hui, et savent profiter avec sagesse des moyens de communication que le reste du monde leur offre ou qu’eux-mêmes sont arrivés à en fabriquer.
Quoi qu’on dise du feu président Omar Bongo, il s’est occupé du développement intellectuel de ses compatriotes, leur laissant une sagesse et une grande capacité de discernement. Il suffit de lire ces jours-ci les multiples appels des Gabonais de tous les bords au calme et au respect de la constitution. Ce n’est pas quelqu’un qui le leur a dicté d’en haut, mais c’est l’expression du désir de la paix qui est sortie du cœur des citoyens. L’internet, le téléphone, la télévision, la radio et les journaux contribuent à la gestion de ce moment historique et délicat pour un pays d’une grande culture.
Aujourd’hui, aucune entreprise qui se veut efficace ne peut contourner les moyens de communication modernes. Tout projet de développement, d’éducation, de santé, de commerce ou politique qui veut contourner la technologie de notre temps ne peut pas aller loin. Mais comment bien les utiliser si on n’a pas résolu certains problèmes ? Voici les problèmes que nous Guinéens, devons d’abord affronter pour ne pas nous casser la figure en voulant simplement faire comme les autres : la pauvreté matérielle, la pauvreté intellectuelle et la pauvreté morale qui font que ces moyens de communications modernes sont devenus pour nous des véritables moyens de destruction.
1. La pauvreté matérielle.
Nous étions en difficulté dès les premières années de l’indépendance, et notre priorité n’a jamais été le développement économique. Les moyens de communication moderne sont venus nous trouver dans notre misère, et ils s’imposent à nous comme une nécessité. Ceux qui en ont vraiment besoin n’arrivent pas à s’en procurer alors que ceux qui n’en ont pas vraiment besoin pensent qu’ils ne peuvent pas s’en passer. Aux parents qui ont déjà de gros problèmes pour payer la scolarité des enfants, loger et nourrir la famille, certains enfants exigent le cellulaire. La plupart de nos élèves et étudiants n’ont jamais touché au clavier d’une machine à écrire, moins encore à l’ordinateur parce que leurs parents sont pauvres. Et pourtant la tendance aujourd’hui est de ne pas corriger les examens et autres travaux faits à la main. Il est encore rare de voir dans nos lycées et collèges, nos hôpitaux et autres centres de santé un ordinateur de bureau, alors que certains compatriotes semblent être payés pour passer 24 h sur 24 à insulter sur l’Internet.
2. La pauvreté intellectuelle.
Il faut reconnaître que l’utilisation efficace des moyens de communication modernes exige un minimum de capacité intellectuelle. Or comme dans le cas de la pauvreté matérielle, la situation de difficulté détourne continuellement notre attention de l’éducation scolaire ou de l’instruction. Il est difficile pour nous qui avons connus dans notre parcours scolaire les années blanches et autres grèves de combler nos lacunes. Il suffit de lire cet article pour s’en rendre compte. Mais je suis bien d’accord avec mon compatriote Nodjioutengar Djimasdé Evariste qui dit au site Tchadforum.com dans un article intitulé "A nos plumes Compatriotes !" que : pour autant, la Guinée n’est pas une République des cancres. Et je suis heureux de relever que notre génération, qualifiée à tort ou à raison de génération sacrifiée, compte plusieurs talents. Journalistes, Médecins, Ingénieurs, Juristes, Avocats, Cadre d’entreprises, Enseignants, Cultivateurs, Eleveurs, Sportifs de Haut niveau, Musiciens…, font partie des hommes et femmes, « de la génération maudite », qui se battent de manière honnête pour gagner leurs pains et faire parler de la Guinée autrement. Ce qui fait mal c’est qu’en utilisant mal ces moyens de communication modernes, certains compatriotes donnent l’impression que ces valeureux fils du pays n’existent pas, et qu’il n’y a que des médiocres. Quand on lit toutes les saletés qui sont jetées par les Guinéens les uns à la figure des autres sur les différents sites Internet, on se rend bien compte de notre grande pauvreté, non seulement est intellectuelle mais aussi et surtout morale. Et pourtant il existe des vrais intellectuels talentueux aussi bien à l’intérieur et qu’à l’extérieur du pays. Ces personnes douées n’utilisent pas souvent les moyens modernes pour redonner une autre image à notre pays, soit parce qu’ils ont une humilité exagérée, soit parce qu’ils ont la pauvreté matérielle qui les empêche d’avoir accès à ces moyens de communication.
Au contraire, il y a une invasion des sites Internet Guinéens par certains compatriotes avec un niveau lamentable et avec la volonté manifeste de s’entre-détruire, et pourtant diplômés, officiers, sous officiers ou grands fonctionnaires de l’Etat. Cela peut s’expliquer par ce qu’a dit encore mon compatriote Nodjioutengar Djimasdé Evariste : La Guinée est l’un des rares pays au monde sinon le seul à avoir délivré des diplômes par anticipation. On se souviendra des compatriotes arrêtés sur le pont de Chagoua avec des attestations de Baccalauréat alors que leurs condisciples étaient dans les salles d’examens. L’on se souviendra encore de ces candidats au baccalauréat qui ont fait une descente musclée dans les rues prétextant que les sujets ont été changés. L’exemple vient d’en haut, un Ministre de l’Enseignement supérieur évoquait la « géopolitique » pour imposer ses « candidats » à la faculté de Médecine. Les faits et gestes qui influent négativement sur notre système scolaire sont légions. C’est dans ces pauvretés matérielle et intellectuelle que les nouvelles technologies sont venues nous trouver. Mais la plus grande pauvreté est la pauvreté morale qui nous amène à étaler à l’aide des moyens de communications modernes nos insanités et nos pourritures, partout donnant qu’une image d’une Guinée pourrie au monde.
Aujourd’hui qui est l’insulteur national en Guinée qui tous les soirs après s’être saoulé, insulte, humilie, écrase, ridiculise, méprise et en direct à la télévision guinéenne tout le peuple de Guinée et partant l’Afrique qui produit de tels individus après 50 ans « d’indépendance »? C’est ma honte, notre HONTE.
3. La pauvreté morale.
La pauvreté morale est ici liée à la pauvreté intellectuelle, et ce sont là nos gros problèmes. Si tout le monde parle d’Obama, c’est parce que lui et les militants de son parti ont su utiliser ces moyens de communication de manière sage et intelligente durant la campagne. Ils ont amené les Blancs, les Noirs, les Jaunes,… bref, les personnes de toute langue, race, et origines à se lever comme un seul homme pour tourner la page la plus sale de l’histoire de l’Amérique, et présenter le plus beau visage de leur pays au monde. Et il ne faut pas oublier son adversaire John Mc Cain qui, dans un discours plein de dignité a bloqué net ses partisans aux esprits surchauffés, après la proclamation des résultats. Pour eux, c’est l’amour du pays avant tout. Et tout cela grâce aux moyens de communication modernes. Mais, nous, nous passons notre temps à promouvoir l’ethnisme ou le régionalisme ; ces moyens ne sont bons que pour transformer l’adversaire en ennemi et l’abattre d’une manière ou d’une autre.
Pour parler de quelqu’un qui n’a pas su exploiter l’Internet dans le bon sens, le Professeur El Hadj Hamidou Diallo a dit ceci : Il noie son objectif principal dans un dédalle d’attaques personnelles au dessous de la ceinture. En essayant de gérer l’information vraie et la calomnie dans un même véhicule, il est arrivé à l’obtention d’un mélange nauséabond imbuvable et pourtant qu’il devra avaler tout seul ou peut-être avec l’aide des siens (blog de Makaila Nguebla). Pour le Professeur Diallo, cette vilaine métaphore… concerne tous ceux qui utilisent le net pour y vomir des insanités sur la vie privée des personnes… Avec cette authentique sagesse africaine formulée par cet intellectuel, je m’arrête ici en espérant que mes compatriotes utilisent la technologie de l’Internet pour promouvoir l’unité et la paix, et non pour nous diviser.
Abbé Djimasbeye Tolna Jean-Pierre
Que la lecture de ce texte nous éclaire sur le droit chemin en cette veille du saint mois de Ramadan.
Hamady Dicko
www.guineeactu.com
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