lundi 22 février 2010
Commission Electorale nationale Indépendante : Les 30 millions de dollars sont-ils encore disponibles ?
Ben Sékou Sylla

L’opinion nationale et internationale se pose plusieurs questions relatives à l’organisation des prochaines élections. D’abord, l’on se demande si la CENI a les moyens techniques, financiers et humains pour la bonne organisation du scrutin.

En tout cas, des commentaires ne manquent pas pour porter des critiques acerbes sur cette institution jugée parfois caduque par rapport à la réalité du moment. Car par le passé, la CENI qui était composée de la mouvance présidentielle et de l’opposition était essentiellement vouée à la cause du PUP, alors parti au pouvoir en Guinée. Et c’est pourquoi ces observateurs ont estimé qu’il faudrait revoir la composition de cette institution pour l’adapter aux réalités de l’heure. Car, selon des statistiques récentes, la Guinée a dépassé le cap de 100 partis politiques engagés dans la course vers les élections présidentielles à venir.

A présent, la question que l’on se pose est celle de savoir si le budget déjà bouclé de la Commission électorale nationale indépendante est encore disponible. L’on se rappelle que grâce à l’appui financier et technique des bailleurs de fonds, la Guinée avait pu mobiliser un montant de 30 millions de dollars au titre du budget pour l’organisation des élections dans le pays. Depuis lors, le pays a connu plusieurs péripéties et des événements qui sont venus bouleverser la donne. Toutes les planifications avaient été alors ratées. Ce qui signifie qu’il faudrait aller sur des nouvelles bases pour relancer le processus de l’organisation des élections.

En tout cas, selon une source proche de la CENI, les bailleurs de fonds seraient toujours engagés à aider la Guinée pour réussir les élections. Ces principaux bailleurs de fonds sont l’Union Européenne, le Japon et les Etats-Unis d’Amérique. Sur le plan technique, il y a beaucoup d’ONG nationales et internationales, ainsi que des projets. Dans le lot, il y a le projet « Faisons Ensemble » avec comme bailleurs de fonds l’USAID, l’IFES. La part du gouvernement guinéen dans le budget des élections représente au moins cinq pour cent (5%). Pour le recensement des Guinéens de l’extérieur, il faudrait au moins 4 millions de dollars US, et pour une durée de trois mois. Mais, il n’est pas sûr de trouver ce montant car les bailleurs de fonds, selon des informations concordantes, ne seraient pas prêts à engager ce montant.

Toutefois, des estimations font état de plus de 66. 215 Guinéens de l’extérieur recensés dans 15 pays. Parmi ces pays, l’on compte plus de 7.800 recensés au Sénégal, 8.000 au Libéria, 3.000 au Mali, etc. Ce qui représente un faible pourcentage par rapport à la proportion des Guinéens vivant à l’extérieur du pays. Selon le chef de département planification de la CENI, en tous, quelques quatre millions trois cent soixante mille (4.300.000) Guinéens sont recensés de nos jours. Après le traitement des données, quatre cent (400) cas ont été rejetés à cause des doublons et trois millions de cas acceptés. Les autres cas sont également à vérifier.

Plusieurs mesures sont envisagées en ce qui concerne les dispositions pratiques en perspective de l’organisation des élections. Il y aura par exemple dix mille bureaux de vote et plus de 1 800 motos seront louées pour l’acheminement des bulletins de vote des CRD et sous préfectures vers les Commissions de centralisation des résultats dans les communes et préfectures du pays. Après le traitement, les résultats de ces Commissions de centralisation seront aussi acheminés vers la Commission nationale globale de centralisation des résultats, coiffée par le ministre de l’Administration du territoire lui-même et le président de la CENI.

D’autres innovations viennent d’être entreprises par le Ministère de l’Administration du Territoire et des Affaires politiques (MATAP), en collaboration avec des partenaires. Il s’agit par exemple de la relance du site central de traitement biométrique. Cela pourrait permettre d’avoir un fichier électoral fiable, débarrassé de toute coquille ou de doublon. « Le traitement des données de base nous permettra d’avoir un fichier électoral propre. Ce qui constitue la base essentielle de données nous permettant d’aller aux élections crédibles et transparentes. Je pense que si tout se passe bien comme cela se passe d’ailleurs, nous serons parfaitement dans le chronogramme. Parce que dans les mois à venir nous voulons donc procéder à l’affichage des listes électorales provisoires », a indiqué le ministre de l’Administration du Territoire et des Affaires politiques Frédéric Kolié, lors de la cérémonie de relance dudit site. Ainsi, des techniciens ont souligné que cet affichage de la liste électorale est prévu pour le 18 mars prochain. Et les électeurs recensés auront entre deux à trois semaines pour procéder à des vérifications pour d’éventuelles corrections.

Toutes ces informations donnent une fois de plus l’assurance que le l’organisation des élections pourrait être possible dans les six mois à venir. Mais, faudrait-il encore que la volonté politique accompagne l’engagement et la détermination des acteurs politiques et des bailleurs de fonds. Apparemment, sur le plan technique, il n’y aurait pas de difficultés majeures pour l’organisation de ces élections dans le temps imparti. Nous le verrons bien.


Lansana Camara
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
 

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Vos commentaires
Taniko, lundi 22 février 2010
Cette institution n`est ni credible,ni adequate ni opportune de nos jours.IL faut la reformer,et le reformater avec des hommes neufs et neutres sous la houllette du CNT

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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