mercredi 2 décembre 2009
Comment freiner la flambée des prix en Guinée ?

L’augmentation dramatique des prix des denrées alimentaires affecte dangereusement la sécurité alimentaire d’une frange de la population en Guinée. Pour déterminer les causes, les conséquences et les mesures à prendre pour pallier cette situation, le ministère de l’Agriculture en collaboration avec la FAO a organisé un atelier de validation du rapport national sur la flambée des prix, le 24 novembre dernier dans les locaux de l’INRAP de Donka.

A cet atelier on notait la présence des représentants de la Banque mondiale, de l’Union européenne (UE), des ambassades d’Espagne, du Japon, des organisations paysannes, de la Société civile et des pêcheurs. Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de façon spectaculaire en Afrique suite à une multitude de facteurs dont la demande croissante des économies émergentes, une croissante déviation des grains pour la production de biocarburants et les aliments du bétail, l’escalade des coûts de production des fertilisants et des produits agrochimiques.

Au même moment, les réserves mondiales étaient à leur plus bas niveau des 25 dernières années. Ce qui est essentiellement dû à la dérégularisation du marché et à des conditions climatiques défavorables dans les pays exportateurs chefs.

A la lumière de tous ces facteurs, la FAO a initié un projet PCT dans chacun des 15 pays membres de la CEDEAO en soutien à leurs efforts pour répondre aux besoins des populations vulnérables dans le court et moyen terme. Pour ce faire, la FAO a commandité la revue des secteurs alimentaires et agricoles dans chacun des 15 pays de la CEDEAO, avec un accent particulier sur la flambée des prix des denrées alimentaires. En faisant l’analyse de la sécurité alimentaire en Guinée, le consultant national fera savoir que plus de 33% des ménages n’arrivent pas à satisfaire leurs besoins alimentaires et nutritifs, 90% des personnes souffrant de malnutrition vivent en milieu rural, la prévalence du retard de croissance est passée de 25% en 1999 à 35% en 2005, l’insuffisance pondérale de 21% à 26% à la même période et la malnutrition aigue reste stationnaire à 9%.

Selon M. Lansana Bayo, l’agriculture guinéenne est caractérisée par une faible productivité, un faible accès au marché, un potentiel de développement important. Quant aux contraintes communes aux secteurs de l’agriculture, de l’élevage et des forêts, elles sont liées à la faiblesse des organisations paysannes. Faible niveau de connaissance de l’environnement juridique et réglementaire du commerce des produits agricoles, insuffisance d’infrastructures (routes, marchés, transformations…) faiblesse des structures d’encadrement de l’Etat, faible accès au crédit, sécurisation foncière et la faiblesse des investissements publics et privés dans le secteur agricole. Au titre des mesures à prendre, M. Bayo pense à une amélioration de la productivité des exploitations agricoles, l’amélioration des conditions d’acquisition et d’utilisation des terres, le financement du secteur agricole à travers le crédit agricole adopté, l’amélioration de la commercialisation, la mise à la disposition du secteur agricole d’au moins 10% du budget de l’Etat par an. De son côté, le Représentant de la FAO en Guinée a indiqué que les gouvernements, généralement insensibles aux appels de la rue, ont cette fois réagi autrement. Prenant ainsi conscience que cette colère des ventres vides constituait une menace sans égal pour la stabilité, les réflexes répressifs ont été remplacés par une batterie de mesures d’urgence visant à contenir les prix. M Sontondji Norbert Dazogbo a souligné que son institution a mis en œuvre plusieurs projets d’une valeur totale de plus d’un million de dollar US soit près 7 milliards de francs guinéens.

En ouvrant les travaux, le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture a remercié la FAO pour son engagement en faveur de la Guinée. M Dominique Minamou a martelé que le gouvernement guinéen et ses partenaires ont fourni de gros efforts pour circonscrire la crise alimentaire en élaborant une stratégie nationale de sortie de crise alimentaire, et en mettant en place un Comité national de crise alimentaire présidé par le Premier ministre. Cependant, ajoute-t-il, la faible capacité économique de l’Etat a fortement limité l’atteinte des résultats escomptés.


Aly Badara Condé
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
kagbadouno Tamba, samedi 5 décembre 2009
Les prix sont fonction de l`offre et de la demande. Au lieu de mettre des militaires analphabètes aux postes de commandes, vous seriez bien inspirés bande de voyous à retourner dans vos casernes et faire ce que votre père le sanguinaire Sékou Touré vous a appris à faire en tant que MILICIEN, car vous êtes loin d`être des militaires, je disais ce que Sékou le sanguinaire vous a appris à faire TUER des INNOCENTS!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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