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Ou le triste sort des Harkis français de Guinée
Le Bureau de l’Association des enfants des Tirailleurs Sénégalais de Guinée (AETSG), membre de la Fédération Nationale des Anciens Combattants Résidents Hors de France (FACS), a organisé le 18 juin la journée du Tirailleur bâtisseur du monde libre et de l’Afrique occidentale indépendante. Ceci pour célébrer le 71e anniversaire de l’appel du Général Charles de Gaulle sur les ondes de la Radio BBC le 18 juin 1940, aux colonies de l’Afrique occidentale française.
Hélas ! Aucun membre du gouvernement n’a répondu à l’invitation de cette association ni l’Ambassadeur de France en Guinée. Pour Amadou Lamarana Diallo, président de l’AETSG, cette grande absence des membres du gouvernement à cette commémoration est un boycott pur et simple. Passe que l’ambassadeur de France dans notre pays, SE Jean Graebling, ait boudé la cérémonie mais ne pas même se faire représenter par un fonctionnaire de la mission diplomatique frise le mépris. Et pourtant il lui est arrivé de dire :
« Les Tirailleurs Sénégalais ont combattu avec courage et abnégation, ils étaient présents sur tous les fronts et positionnés en tête sur la ligne de combats. »
Alors ces efforts devraient être reconnus au moins par une cérémonie commémorative pour expliquer à la génération montante ce qu’ont subi les anciens combattants.
Le Président de l’Association des Enfants Des Tirailleurs a rappelé que la commémoration du 71e anniversaire est une occasion d’exhorter les autorités françaises et guinéennes à s’impliquer davantage dans l’amélioration des conditions de vie des familles des tirailleurs sénégalais de Guinée. Il a ensuite sollicité la reconnaissance officielle du statut des fils et filles des tirailleurs sénégalais et de faire un recensement général et exhaustif des anciens combattants pour la régularisation des pensions et autres droits patrimoniaux. Sur ce, il insista pour la mise en place d’une commission d’enquête sur la gestion des pensions et autres droits des Anciens combattants guinéens. Mamadou Lamarana a en outre demandé à la France de continuer à apporter l’assistance nécessaire aux familles des tirailleurs sénégalais ainsi répertoriés.
Un ancien combattant de l’armée française, sourd, un vieux qui est en train de perdre la vue, décline son amertume face à l’indifférence des autorités guinéennes et françaises :
« Je suis Soumah Idrissa, matricule 732, depuis 28 ans que je suis revenu en Guinée, mais jusqu’au jour d’aujourd’hui, je n’ai rien reçu comme pension… »
Oury Bah pour guineeactu.com et nrgui.com
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