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S’il y a aujourd’hui un leader de parti, dont la stratégie politique continue de susciter des interrogations de toutes sortes en Guinée, c’est bien le Pr. Alpha Condé, président du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG). Beaucoup d’observateurs ont vraiment du mal à s’expliquer cette longue absence de celui que l’on présente, à juste raison, comme l’un des plus farouches opposants au régime du Général-Président Lansana Conté. En 1992, à la faveur de l’instauration du multipartisme intégral en Guinée, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) a été l’une des toutes premières formations politiques à être légalisées, pour prendre une part plus ou moins importante dans la gestion quotidienne des affaires publiques. De 1993 à nos jours, ce parti créé par le Pr. Alpha Condé a participé à un certain nombre d’élections organisées au plan national et est parvenu, à travers ses différents résultats électoraux, à se positionner comme l’un des « poids lourds » de l’opposition démocratique. En 1993, lors de l’élection présidentielle, le candidat du RPG, le Pr Alpha Condé, est arrivé en deuxième position, derrière le président sortant, le Général Lansana Conté, présenté par le Parti de l’unité et du progrès (PUP, au pouvoir). Deux ans plus tard, le RPG fera également partie des formations politiques qui ont accepté de prendre part aux élections législatives. Numériquement, il sera le plus important parti d’opposition pendant cette première législature. En 1998, Alpha Condé du RPG et Bâ Mamadou de l’UPR ont été les deux principaux challengers du Général Lansana Conté à l’élection présidentielle. La suite, on la connaît. Avant même la proclamation des résultats officiels, le président du RPG a été arrêté, dit-on, pour une sortie illégale du territoire à partir de Piné (Lola), dans la région forestière. Cette affaire, on le sait, avait fait couler à l’époque des flots d’encre et de salive, aussi bien en Guinée que dans le reste du monde. Quelque deux ans plus tard, il sera libéré, à la grande joie de ses sympathisants et des militants de son parti, le RPG. En 2003, le Pr Alpha Condé, à l’instar de ses pairs de l’opposition démocratique, a opté pour le boycott de l’élection présidentielle. Car, selon eux, toutes les conditions de transparence n’étaient pas réunies cette année-là pour organiser ledit scrutin. Le président sortant, qui n’a eu en face de lui qu’un adversaire de ‘’petit calibre’’, a été réélu, sans surprise, pour un nouveau mandat de sept ans à la tête du pays. Ce septennat prendra fin en 2010. Mais la principale question que tous les observateurs de la scène politique guinéenne se posent aujourd’hui est celle de savoir si le Général-Président Lansana Conté sollicitera un autre mandat. En attendant, les calculs et les commentaires vont bon train à ce sujet, aussi bien dans la mouvance présidentielle que dans les états-majors des partis politiques qui ambitionnent tous de conquérir et exercer le pouvoir. Prévues en juin 2007 pour renouveler le mandat des députés à l’assemblée, les élections législatives ont été reportées plus d’une fois, pour diverses raisons. Sur le terrain, la plupart des leaders politiques de l’opposition sont en train d’affûter actuellement leurs armes dans la perspective de ce scrutin législatif, censé sortir le pays de l’impasse politique. Ils s’accordent de temps à autre des séjours relativement courts à l’extérieur pour rencontrer et organiser les militants et sympathisants de leurs partis respectifs. Mais le cas qui suscite des interrogations chez bon nombre d’observateurs, c’est bien celui du leader du RPG, le Pr Alpha Condé. Les cadres et les militants de son parti semblent avoir fini par s’adapter à son absence prolongée du pays. Même si au siège du parti à Hamdallaye, l’on rappelle souvent que cette absence du Pr Alpha Condé n’a aucun impact négatif sur le fonctionnement et les activités du parti sur le terrain. « Pendant tout le temps qu’a duré l’incarcération de notre leader, les réunions hebdomadaires ont toujours continué à se tenir de façon régulière au siège national du parti et les militants sont restés mobilisés », confie un inconditionnel du RPG. Par contre, d’autres militants, bien que toujours fidèles aux idéaux du RPG, commencent à montrer d’évidents signes d’agacement et d’inquiétude face au séjour prolongé de leur leader bien-aimé à l’extérieur du pays. Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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