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Après la vague d’accusations et de décris qui s’est abattue sur la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) au lendemain de la tenue du premier tour de l’élection présidentielle, de plus en plus de voix se font entendre pour demander à ce qu’elle soit épaulée par le ministère de l’Administration du territoire et des Affaires Politiques (MATAP) pour l’organisation du deuxième tour. Cette hypothèse n’a pas encore obtenu l’adhésion du président de la République par intérim, le général Sékouba Konaté.
Les cafouillages ayant émaillé l’organisation du premier tour du scrutin historique du 27 juin dernier ont sans conteste, été révélateurs d’un gigantesque dysfonctionnement sur toute la chaîne et de soupçons à l’encontre de la CENI dont la réputation est pernicieusement entachée aujourd’hui. A la veille et après l’annonce des résultats globaux provisoires, l’on a assisté au déferlement d’une avalanche d’accusations sur le déroulement du scrutin. Çà et là, des cas de fraudes et d’irrégularités ont été dénoncés par 21 des 24 candidats qui étaient en lice pendant ce premier tour de la présidentielle. Dans cette saga de dénonciations, la plus virulente est venue du président de l’UFR et la plus spectaculaire est signée du PM, Jean Marie Doré qui a récemment révélé que des urnes continuaient à parvenir à la CENI jusqu’au moment de la proclamation des résultats provisoires. Devant ces faiblesses notoires constatées dans le déroulement de ce premier tour, nombreux sont des Guinéens qui souhaitent voir la CENI épaulée par le MATAP dans l’organisation du second tour qui mettra aux prises Elhadj Mamadou Cellou Dalein Diallo de l’UFDG et le Pr Alpha Condé du RPG. Cette formule, après d’âpres tractations aux différents niveaux politiques tant au niveau de l’administration publique que dans certains états-majors de partis politiques, elle a failli porter ce 13 juillet dernier. Mais voilà seulement, le général Sékouba Konaté, selon des sources proches de la présidence, oppose pour le moment une fin de non recevoir à la proposition. Au motif, nous précise notre source, que la CENI qui est par excellence le maître d’œuvre du processus électoral, est une institution indépendante. Selon notre interlocuteur, le projet de décret n’attendait plus que la signature du général Sékouba Konaté pour être rendu public. Aux dires de notre informateur, ce décret accordait au MATAP, le privilège d’avoir un droit de regard sur tous les décaissements et financement que la CENI allait exécuter. Le nerf de la guerre étant l’argent comme le dit un adage, cette décision ne pouvait que déplaire la CENI. Suite à cette menace grave sur leur indépendance qui risque de se réduire en peau de chagrin surtout financièrement, les membres de la CENI, sous la houlette de leur président par intérim ont mis sur pied un groupe de lobbying qui était ce mercredi, 14 juillet au bureau de la présidente du CNT, Hadja Rabiatou Sérah Diallo pour explications.
Par ailleurs, il est à signaler que les accusations de mauvaise gestion portées contre la CENI au cours de ce premier tour de l’élection présidentielle du 27 juin, ont provoqué déjà la démission d’un de ses membres, en l’occurrence Me Fodé Abass Bangoura. Celui-ci occupait jusqu’à la date du 5 juillet dernier le poste de conseiller juridique de la CENI. En attendant le verdict final de la Cour Suprême sur ces résultats provisoires globaux du premier tour et sur les différents recours portés à son niveau, les supputations et les révélations particulièrement compromettantes continuent à fuser contre la CENI quant aux procès verbaux (PV) des résultats finaux provisoires qui ne sont pas, apprend-t-on, encore disponibles, les 400 mille cas de vote par récépissés non validés et les 600 mille bulletins nuls enregistrés. Toutes ces irrégularités font d’ici là l’objet de toutes les interrogations et interprétations. Il en est de même pour la nébuleuse bande de trafiquants de cartes d’électeur et de récépissés ainsi que leurs complices épinglés par le bureau d’investigation de la gendarmerie nationale et dont les dossiers sont pendants devant le tribunal de première instance de Mafanco.
Camara Moro Amara L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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