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Du 3 au 11 novembre, Blaise Compaoré, en sa qualité de médiateur désigné par la CEDEAO, a reçu tour à tour les représentants des Forces vives et ceux du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) à Ouagadougou. Reste à savoir maintenant si le président du Faso parviendra à trouver une issue à cette crise guinéenne, dont les protagonistes semblent avoir choisi, pour le moment, d’adopter des positions tout à fait inconciliables.
Au lendemain de la prise du pouvoir par le capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), dans les circonstances que tout le monde connaît, les Forces vives de la nation ont déclaré, les unes après les autres, avoir pris acte de la nouvelle donne. Dans les colonnes des journaux ou sur les ondes des radios, les leaders politiques et syndicaux ainsi que ceux de la société civile ont toutefois émis clairement le souhait de voir se rétablir l’ordre constitutionnel dans les plus brefs délais par l’organisation des élections libres, transparentes et acceptables par tous. Mais au fil des semaines et des mois et vu la multiplication des mouvements de soutien au capitaine Moussa Dadis Camara, le Forum des Forces vives (partis politiques, syndicats, organisations de la société civile) a fini par prêter implicitement au président du CNDD l’intention de se pérenniser au pouvoir. Et c’est pour exprimer sa totale opposition à une éventuelle candidature du capitaine Dadis à la prochaine élection présidentielle que ledit Forum a tenu à organiser un grand meeting le 28 septembre 2009 au stade du même nom. Malheureusement, cette manifestation a littéralement tourné au drame. Selon le gouvernement, ces événements auraient fait 58 victimes, dont 53 par asphyxie. Les ONG de défense des droits de l’homme ont plutôt fait état de quelque 150 personnes tuées, de plusieurs centaines de blessés et des femmes violées publiquement. Depuis ces douloureux événements, la junte au pouvoir fait de plus en plus l’objet de toutes sortes de condamnations et de critiques à travers le monde. La communauté internationale et les Forces vives ne font plus mystère de leur désir de voir le capitaine Dadis quitter les commandes du pays. Un facilitateur a été désigné, en la personne du président burkinabé, Blaise Compaoré. Les 3 et 4 novembre, le numéro un du Faso a reçu les représentants des Forces vives. Ces derniers ont exigé entre autres, le départ inconditionnel du capitaine président Moussa Dadis Camara et de son équipe. Les 10 et 11, ce fut au tour des représentants du CNDD et du Gouvernement d’être reçus à Ouagadougou par le facilitateur. Et comme il fallait s’y attendre, la délégation conduite par le colonel Moussa Keita a plutôt suggéré le maintien de l’homme du 23 décembre à son poste et la formation d’un gouvernement d’ouverture. Comme on le voit donc, les Forces vives et le CNDD ont des positions que l’on serait tenté de qualifier d’irréconciliables. Ce qui fait dire à certains, non sans raison, que Blaise Compaoré a vraiment du pain sur la planche.
Le président burkinabé s’est donné en tout cas une semaine pour dégager un ‘’ cadre de dialogue ‘’ nécessaire à la reprise des négociations entre les acteurs de la politique guinéenne.
Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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