mardi 17 novembre 2009
CNDD - Forces vives : Deux camps irréconciliables ?

Du 3 au 11 novembre, Blaise Compaoré, en sa qualité de médiateur désigné par la CEDEAO, a reçu tour à tour les représentants des Forces vives et ceux du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) à Ouagadougou. Reste à savoir maintenant si le président du Faso parviendra à trouver une issue à cette crise guinéenne, dont les protagonistes semblent avoir choisi, pour le moment, d’adopter des positions tout à fait inconciliables.

Au lendemain de la prise du pouvoir par le capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons du CNDD (Conseil national pour la démocratie et le développement), dans les circonstances que tout le monde connaît, les Forces vives de la nation ont déclaré, les unes après les autres, avoir pris acte de la nouvelle donne. Dans les colonnes des journaux ou sur les ondes des radios, les leaders politiques et syndicaux ainsi que ceux de la société civile ont toutefois émis clairement le souhait de voir se rétablir l’ordre constitutionnel dans les plus brefs délais par l’organisation des élections libres, transparentes et acceptables par tous. Mais au fil des semaines et des mois et vu la multiplication des mouvements de soutien au capitaine Moussa Dadis Camara, le Forum des Forces vives (partis politiques, syndicats, organisations de la société civile) a fini par prêter implicitement au président du CNDD l’intention de se pérenniser au pouvoir. Et c’est pour exprimer sa totale opposition à une éventuelle candidature du capitaine Dadis à la prochaine élection présidentielle que ledit Forum a tenu à organiser un grand meeting le 28 septembre 2009 au stade du même nom. Malheureusement, cette manifestation a littéralement tourné au drame. Selon le gouvernement, ces événements auraient fait 58 victimes, dont 53 par asphyxie. Les ONG de défense des droits de l’homme ont plutôt fait état de quelque 150 personnes tuées, de plusieurs centaines de blessés et des femmes violées publiquement. Depuis ces douloureux événements, la junte au pouvoir fait de plus en plus l’objet de toutes sortes de condamnations et de critiques à travers le monde. La communauté internationale et les Forces vives ne font plus mystère de leur désir de voir le capitaine Dadis quitter les commandes du pays. Un facilitateur a été désigné, en la personne du président burkinabé, Blaise Compaoré. Les 3 et 4 novembre, le numéro un du Faso a reçu les représentants des Forces vives. Ces derniers ont exigé entre autres, le départ inconditionnel du capitaine président Moussa Dadis Camara et de son équipe. Les 10 et 11, ce fut au tour des représentants du CNDD et du Gouvernement d’être reçus à Ouagadougou par le facilitateur. Et comme il fallait s’y attendre, la délégation conduite par le colonel Moussa Keita a plutôt suggéré le maintien de l’homme du 23 décembre à son poste et la formation d’un gouvernement d’ouverture. Comme on le voit donc, les Forces vives et le CNDD ont des positions que l’on serait tenté de qualifier d’irréconciliables. Ce qui fait dire à certains, non sans raison, que Blaise Compaoré a vraiment du pain sur la planche.

Le président burkinabé s’est donné en tout cas une semaine pour dégager un ‘’ cadre de dialogue ‘’ nécessaire à la reprise des négociations entre les acteurs de la politique guinéenne.


Mamy Dioubaté
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Nassirou, mardi 17 novembre 2009
Je me demande ce que Dadis et le CNDD ont à perdre en quittant le pouvoir dans la mésure où ils ne sont pas légitimes. S`ils l`était, on dirait qu`ils devaient preserver le droit de leurs électeurs qui leur ont choisi pour leur representer. Mais dans le cas actuel, il n`y a que des opportunistes qui defendent leurs interêts personnels. Pour cela ils sont même prêts à destabiliser le fondement de notre Republik. Si nous avions accepté le putsch c`est pour qu`il y ait une rupture et nous espérerons des vraies élections, mais comme Dadis s`est mué en politicien, il doit quitter la présidence de la transition pour rejoindre les politiciens. On ne veut pas d`un politicien à la tête de la transition. Je pense que c`est une honte pour les Moussa Keita de se rendre à Ouaga en tenue militaire pour disputer la présidence de la transition compte tenu de la façon dont ils sont arrivés à la tête de l`Etat. Le CNDD que nous connaissons aujourd`hui n`est pas mieux que Somparé et les députés du PUP virés le lendemain du décès de Conté. Rien de ce que nous espérions n`est vu, au contraire, tout est en désordre. Un Etat sans loi, ni droit où personne n`est élu pour parler au nom du peuple. Au moins les forces sont composées des unités sociales reconnues par la loi et incarnent le miroir du peuple. C`est la crème de la société Guinèenne. C`est ridicule lorsque le CNDD, pour se légitimer fait recours à des mouvements de soutien. En Mauritanie au moins, je pense que la majorité des députés avait approuvé le coup d`Etat. Donc le CNDD doit comprendre qu`il n`est pas légitime et doit rester à sa place. Il n`est pas digne d`un militaire de courir honteusement derrière le prestige. Un militaire c`est quelqu`un qui a choisi de se sacrifier pour son peuple, pour sa nation. C`est pourquoi en Guinée-Bissao, au Madagascar, Honduras etc. les militaires font des coups d`Etat pendant les crises sociales pour donner le pouvoir à un civil crédible afin de diriger la transition. Alors pourquoi en Guinée les militaires s`entêtent à faire de la politique?

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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