vendredi 13 novembre 2009
Clivages ethniques : Qui tire les ficelles ?
Thierno Fodé Sow

S’il y a un phénomène abominable qui est en train de prendre sinistrement corps en Guinée, c’est bien la connotation ethnique. Depuis un certain temps en effet, l’ethnie est devenue un sérieux cancer qui gangrène notre société et exacerbe insidieusement les clivages. On aura beau chercher le ou les coupables.

Avec ou sans visage découvert, certains sont tapis dans l’ombre. Mais en réalité, on ne trouvera que des pseudos intellectuels ou des personnages donnant de faux airs d’hommes réfléchis. Actuellement, si on s’amuse à demander à Ouo Ouo qui est à la base de la dérive, il ne va certainement pas hésiter de répondre : c’est Thierno Alpha. A son tour, il répondra sans doute que c’est Marie-Hélène. Pour sa part, Mabinty, dira que c’est N’famori. Bref, chacun cherchant à tout pris à culpabiliser l’autre. Un véritable jeu de cache-cache dont les causes profondes sont à trouver dans la politique politicienne qu’entretiennent ceux qui nous gouvernement ou qui veulent nous gouverner. Qu’importe le chemin à suivre !

Ce phénomène ethnique est maintenant tellement sensible que le simple fait de critiquer tel homme ou tel autre, à quelque degré hiérarchique qu’il soit, suscite tous les courroux des siens ou de ce qui y ressemblent. Sur le net, le phénomène est plus marqué avec des réactions disproportionnées à des analyses – c’est vrai parfois très incendiaires - enregistrées ici et là. Certains réverbèrent inexorablement sur comment nuire aux autres, d’autres, plus humbles, plus progressistes, cherchent hypothétiquement à recoller les morceaux. Un troisième groupe, pensent tout simplement qu’il faut en découdre avec les détracteurs, très souvent s’accommodant à tous les régimes. Ces gens-là s’appellent des faiseurs de rois. Ils sont d’une forte capacité de nuisance. Et c’est ce sont eux qui infestent les couloirs de la Présidence d’aujourd’hui et celle d’hier. Ils font et défont des cadres de la haute hiérarchie administrative. Ils ont fait recette avec Conté. Puis se sont éclipsés, le temps ‘’de porter le deuil’’. Le Capitaine Dadis est arrivé. Les mêmes faiseurs de roi refont surface sous un autre visage. Pour ne pas se faire démasquer ou subir les foudres de la population, ils ‘’ethnisent’’ le moindre fait et geste. Avec pour argument fallacieux : vous nous détestez puisque nous venons de loin. En réalité cet argument n’est qu’un bel euphémisme pour ne pas que moi-même j’égratigne les âmes sensibles. Ce sont donc ces gens-là qui tirent les ficelles afin d’exacerber les clivages ethniques ? Ils ne sont pas seuls pour autant. On l’a vu.

En fait, ce sont des tares congénitales héritées depuis les deux régimes défunts mais qui se sont amarrées ces derniers temps, au moment où la Guinée a besoin véritablement de se réconcilier avec elle-même. Ces tares-là donc ont continué à imprégner les mentalités et de polluer dangereusement notre air. Et ceux qui nous gouvernent et ceux dits de l’opposition, personne n’a semblé susciter d’adhésion transversale susceptibles de transcender les clivages ethniques. Les uns rêvent du chemin de Sékhoutouréya. Il faut donc utiliser tous les moyens possibles. Consciemment ou inconsciemment. Les autres, c’est-à-dire ceux qui sont au pouvoir, il est question de forcer l’adhésion ou l’admiration de la population. Soit en l’opposant avec ses leaders politiques, soit en achetant leurs ventres : Maalé et borè sarè aujourd’hui; Yé et tè demain, etc. Seules préoccupation du Guinéen depuis des lustres. C’est en cela qu’on est vulnérable, donc proies faciles à toutes les diversions émanant des pseudos intellectuels à la solde d’un tiers ou émanant des politiques et/ou des gouvernants. Conséquences ? Les mêmes victimes inaltérables.

Dans cette honteuse grisaille que certains assistent impuissants, d’autres enthousiastes, les vrais acteurs se fertilisent à leur guise. Advienne que pourra. Pendant ce temps, des personnages en quête d’appartenance ou de poste de responsabilités ébranlent tout puisque à leur avis, l’occasion crée toujours le larron. Cette surenchère explosive est bien perceptible sur le net. Notamment hélas, entre Guinéens de la diaspora. L’autre rempart du changement. Là-bas, on s’entredéchire – n’ayons pas peur des mots. Comme si le débat ne se trouve pas ailleurs : comment sortir par exemple la Guinée de sa léthargie ? Comment s’organiser pour calquer l’exemple malien et donner par ricochet un réel embelli à la Guinée? On n’oublie peut être que c’est sur ces champs de ruines que des politiciens et autres responsables de la République au patriotisme chancelant se bonifient tous les jours. Rappelez-vous le trio Guinée-Ghana-Mali. Où est la différence ? Elle n’est pas enfouie. Leur secret de réussite, c’est l’union dans la diversité ; la convergence de vues sur les nécessités nationales ; la culture de la démocratie et de la tolérance, etc.

Pourquoi les Guinéens eux, se laissent-ils glisser dans le jeu sournois des politiques et des gouvernants ? Pourtant, on fait face actuellement à de gros défis qui interpellent Ouo Ouo, Thierno Foula, Mamadouba, N’fansoumane. Au lieu de se manger entre nous. Aujourd’hui plus que jamais, la Guinée a plutôt besoin de talents patriotiques pour s’assainir, puis se reconstruire. Pas pour se bonifier sur les ruines de 50 ans de dignité dans la pauvreté. Haro donc sur ces tireurs de ficelles ethniques dont les objectifs sont à trouver dans leur forte capacité de nuisance... L’affrontement!

Guinéens de tous les cieux, unissez-vous !


Thierno Fodé SOW


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
balawora, lundi 16 novembre 2009
Mr Foula Sow,le moment est venu de chercher comment se defendre et non comment se chercher car on se connais en guinee le nom dit tout sur toi qui tu es et comment on va te prendre le camp boiro de sekou toure siaka toure ismail toure ben daouda toure et la declaration de guerre que sekou toure avait dit je decalre la guerre aux Peulhs,l`exile, ensuite lansana conte ,la destructions des maisons qui etaient a 99 pour cent pour les Peulhs,et dadis avec un debut de destruction des maison des Peulhs,les fouilles chez Cellou Dalein Diallo,chez Mamadou Dian ,chez Rabiatou et les plus de victimes le 28 septembre 2009,.L`heure est de chercher comment se defendre et non de se chercher car avec ton non facilement tu peux avoir un probleme la ou il n`y a pas et on t`amene tres loin.
TRAORE OUMAR, dimanche 15 novembre 2009
Les vrais ethnocentristes c`est vous les journalistes avec la plume facile.Vous ne critiquez jamais les leaders de meme ethnie que vous. Ce sont les autres qui sont mauvais, mais, pas vous.
africain, samedi 14 novembre 2009
Quelle belle plume, et merci Mr Sow. Et si tous nos « écrivains » à la plume facile pouvaient s’expirer de cet article oh combien réfléchi et juste pour nous parler d’autres choses comme vous le suggérer bien, nous n’allons pas être là à tirer à hue et à dia. Mais la prochaine essayez Mr Sow d’agir avant que le mal n’arrive. Nous avons été tous témoins des déclarations scandaleuses des uns (opposants) et des autres (pouvoir) et sans parlé des stratégies malsaines élaborées par certains hommes politiques, et on ne parle même pas de celles du pouvoir qui sont visibles pour ne pas dire palpables bien avant que tout le monde en prennent en pleine figure. Une fois encore merci pour la qualité de votre article.
Youssouf Bangoura, samedi 14 novembre 2009
Bien, continuez à sensibiliser les faiseurs du roi. Votre article est bon. Merci, Ben daouda doit lire.
Nassirou, samedi 14 novembre 2009
Excellent article! Je disais toujours que le problème ethnique en Guinée est un faux debat. Il n`y a que des gens en manque d`arguments qui utilisent l`ethnisme pour protéger leur gagne-pain. Est ce qu`on peut compter les peuls qui se sont mariés avec des soussous, des malinkés etc. et vice versa? Est ce qu`un politicien ou un chasseur de poste peut ébranler ces liens de parenté érigés par les mariages et les voisinages harmonieux? Donc les guinéens ne doivent pas se laisser distraire par les colpolteurs de mansonges qui ne cherchent qu`à hypothéquer le bonheur de tout un peuple. Le combat est entre la dictature et la démocratie, entre le CNDD et les forces vives. Qui veut le bonheur permanent suit le droit chemin. Ibrahim Ahmed Barry a soutenu Dadis avec bec et ongle pour son poste dont il a perdu avant même le depart de son mentor. Donc il faut avoir foi en Dieu et cesser de faire du mal aux autres pour des avantages mondains. Un homme doit se forger une bonne personnalité pour que son estime soit intact même après la perte du poste qu`on croirait être la vitrine de la valeur humaine. La vie est courte et il faut laisser une bonne image comme héritage à ta famille, plutôt que de l`argent sale. Donc les Guinéens ne doivent pas se tromper de cibles. Dans la forces vives, il y a toutes les ethnies. Alors il n`y a aucune raison que l`ethnisme trouve une place dans cette unité. Ceux qui colportent ces idées pour semer la zizanie sont tellement maladroits que tout retombe sur eux. La force des guinéens est leur unité. Si le dialogue de Ouaga échoue, il faudra passer à la vitesse supérieure pour que les delinquents et leurs complices comprennent qu`ils n`ont aucune chance. Ils utilisent l`ethnisme pour combattre les forces vives, mais elles vont utiliser l`intéligence pour riposter.
isaac, samedi 14 novembre 2009
Bravos mon cher frere Dieu vas nous aidez .Ceu la qui veu bruller notre chere nation vont echouez tant qu`ils trouverons des gens comme vou merci
Cissé Oumar de Bma, samedi 14 novembre 2009
Ce texte fait réfléchir les personnes normales, les sorciers ne vous lisent même pas; ils se frottent les mains et redoublent d`ardeur dans l`accomplissement de leurs sales besognes. Alors il faudra donner des noms et faire des listes afin que le public sache clairement qui sont ces manipulateurs qui gangrènent surtout la diaspora guinéenne.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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