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S’il y a un phénomène abominable qui est en train de prendre sinistrement corps en Guinée, c’est bien la connotation ethnique. Depuis un certain temps en effet, l’ethnie est devenue un sérieux cancer qui gangrène notre société et exacerbe insidieusement les clivages. On aura beau chercher le ou les coupables.
Avec ou sans visage découvert, certains sont tapis dans l’ombre. Mais en réalité, on ne trouvera que des pseudos intellectuels ou des personnages donnant de faux airs d’hommes réfléchis. Actuellement, si on s’amuse à demander à Ouo Ouo qui est à la base de la dérive, il ne va certainement pas hésiter de répondre : c’est Thierno Alpha. A son tour, il répondra sans doute que c’est Marie-Hélène. Pour sa part, Mabinty, dira que c’est N’famori. Bref, chacun cherchant à tout pris à culpabiliser l’autre. Un véritable jeu de cache-cache dont les causes profondes sont à trouver dans la politique politicienne qu’entretiennent ceux qui nous gouvernement ou qui veulent nous gouverner. Qu’importe le chemin à suivre !
Ce phénomène ethnique est maintenant tellement sensible que le simple fait de critiquer tel homme ou tel autre, à quelque degré hiérarchique qu’il soit, suscite tous les courroux des siens ou de ce qui y ressemblent. Sur le net, le phénomène est plus marqué avec des réactions disproportionnées à des analyses – c’est vrai parfois très incendiaires - enregistrées ici et là. Certains réverbèrent inexorablement sur comment nuire aux autres, d’autres, plus humbles, plus progressistes, cherchent hypothétiquement à recoller les morceaux. Un troisième groupe, pensent tout simplement qu’il faut en découdre avec les détracteurs, très souvent s’accommodant à tous les régimes. Ces gens-là s’appellent des faiseurs de rois. Ils sont d’une forte capacité de nuisance. Et c’est ce sont eux qui infestent les couloirs de la Présidence d’aujourd’hui et celle d’hier. Ils font et défont des cadres de la haute hiérarchie administrative. Ils ont fait recette avec Conté. Puis se sont éclipsés, le temps ‘’de porter le deuil’’. Le Capitaine Dadis est arrivé. Les mêmes faiseurs de roi refont surface sous un autre visage. Pour ne pas se faire démasquer ou subir les foudres de la population, ils ‘’ethnisent’’ le moindre fait et geste. Avec pour argument fallacieux : vous nous détestez puisque nous venons de loin. En réalité cet argument n’est qu’un bel euphémisme pour ne pas que moi-même j’égratigne les âmes sensibles. Ce sont donc ces gens-là qui tirent les ficelles afin d’exacerber les clivages ethniques ? Ils ne sont pas seuls pour autant. On l’a vu.
En fait, ce sont des tares congénitales héritées depuis les deux régimes défunts mais qui se sont amarrées ces derniers temps, au moment où la Guinée a besoin véritablement de se réconcilier avec elle-même. Ces tares-là donc ont continué à imprégner les mentalités et de polluer dangereusement notre air. Et ceux qui nous gouvernent et ceux dits de l’opposition, personne n’a semblé susciter d’adhésion transversale susceptibles de transcender les clivages ethniques. Les uns rêvent du chemin de Sékhoutouréya. Il faut donc utiliser tous les moyens possibles. Consciemment ou inconsciemment. Les autres, c’est-à-dire ceux qui sont au pouvoir, il est question de forcer l’adhésion ou l’admiration de la population. Soit en l’opposant avec ses leaders politiques, soit en achetant leurs ventres : Maalé et borè sarè aujourd’hui; Yé et tè demain, etc. Seules préoccupation du Guinéen depuis des lustres. C’est en cela qu’on est vulnérable, donc proies faciles à toutes les diversions émanant des pseudos intellectuels à la solde d’un tiers ou émanant des politiques et/ou des gouvernants. Conséquences ? Les mêmes victimes inaltérables.
Dans cette honteuse grisaille que certains assistent impuissants, d’autres enthousiastes, les vrais acteurs se fertilisent à leur guise. Advienne que pourra. Pendant ce temps, des personnages en quête d’appartenance ou de poste de responsabilités ébranlent tout puisque à leur avis, l’occasion crée toujours le larron. Cette surenchère explosive est bien perceptible sur le net. Notamment hélas, entre Guinéens de la diaspora. L’autre rempart du changement. Là-bas, on s’entredéchire – n’ayons pas peur des mots. Comme si le débat ne se trouve pas ailleurs : comment sortir par exemple la Guinée de sa léthargie ? Comment s’organiser pour calquer l’exemple malien et donner par ricochet un réel embelli à la Guinée? On n’oublie peut être que c’est sur ces champs de ruines que des politiciens et autres responsables de la République au patriotisme chancelant se bonifient tous les jours. Rappelez-vous le trio Guinée-Ghana-Mali. Où est la différence ? Elle n’est pas enfouie. Leur secret de réussite, c’est l’union dans la diversité ; la convergence de vues sur les nécessités nationales ; la culture de la démocratie et de la tolérance, etc.
Pourquoi les Guinéens eux, se laissent-ils glisser dans le jeu sournois des politiques et des gouvernants ? Pourtant, on fait face actuellement à de gros défis qui interpellent Ouo Ouo, Thierno Foula, Mamadouba, N’fansoumane. Au lieu de se manger entre nous. Aujourd’hui plus que jamais, la Guinée a plutôt besoin de talents patriotiques pour s’assainir, puis se reconstruire. Pas pour se bonifier sur les ruines de 50 ans de dignité dans la pauvreté. Haro donc sur ces tireurs de ficelles ethniques dont les objectifs sont à trouver dans leur forte capacité de nuisance... L’affrontement!
Guinéens de tous les cieux, unissez-vous !
Thierno Fodé SOW
www.guineeactu.com
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