 |
Le jeudi, 2 avril dernier, l’émission « Grand dossier » de la télévision nationale recevait sur son plateau, Lansana Kouyaté. Cette émission de débat télévisé dont le thème central portait sur la « transition » a permis à l’ancien premier ministre de se prononcer, entre autres, sur les interpellations liées aux recouvrements en cours des créances de l’Etat, sa gestion de la primature. Il a également parlé du parti de l’espoir pour le développement national (PEDN) dont il vient de prendre les rênes. Sans oublier le chronogramme des forces qu’il qualifie ‘’d’irréalisable’’.
Brutalement débarqué du navire gouvernemental le 20 mai 2008 et qui de facto l’éloignait des services des médias d’Etat, l’ex-premier ministre du gouvernement de consensus est soudain revenu au devant de la scène médiatique. Le 2 avril, il était l’invité vedette de l’émission publique télévisée, grand débat, animée par notre confrère Fodé Tass Sylla. Ironie du sort. La salle où Lansana Kouyaté a donné sa conférence de presse au retour de sa première mission à l’étranger comme PM, est celle-là même qui l’accueillait pour cette émission. A une exception près, la salle en plus des journalistes, comptait de nombreux fans et militants acquis pour la cause de l’ancien locataire du palais de la colombe, aujourd’hui leader du PEDN. Il est 12h 00. Lorsque l’animateur de l’émission déclenchait les hostilités pour cette grande joute oratoire qui durera presque 1 heure 35 mn d’horloge. Quel regard portez-vous sur la transition ? Telle est la première question que Tass a servie à son invité. A cette question, Lansana Kouyaté a fait savoir que la transition est un sujet d’actualité qui découle de deux évènements majeurs. Ceux-ci, dit-il, se traduisent d’abord par la disparition du Président Lansana Conté puis la prise du pouvoir par l’armée. Selon Kouyaté, le non respect de l’ordre constitutionnel à la mort du président Conté dérive du fait que les institutions ne répondaient plus. ‘’Le mandat de l’Assemblée étant devenu caduc, j’ai été l’un de ceux qui ont affirmé sans ambages que l’on ne pouvait pas, sans commettre un crime grave, confier le sort du peuple à une Assemblée dont le mandat était frappé de péremption. Donc je reconnaissais explicitement la validité de la prise du pouvoir par l’armée. En l’absence d’un parlement valable et légitime ‘’a-t-il expliqué. Dans la foulée de cette réponse, l’invité déclarera qu’en tenant compte de la perplexité et de l’énormité des défis à relever, le temps de la transition ne doit pas être limité à 9 mois. ‘’ Compte tenu de la situation ex ante, compte tenu de la profondeur de la crise dans tous les domaines. Notamment celui de la lutte contre la drogue, celui de la lutte pour aseptiser l’économie du pays qui était engouffrée dans un tartan de détournements et de corruption ; compte tenu du besoin d’avoir une armée restructurée et républicaine, notre parti, après d’âpres discussions, estime que la transition ne doit pas être compressée sur 9 mois ’’se justifiera-t-il. ‘’ Soyons pragmatiques sans vouloir forcer la cadence ou briser la machine comme ce fut le cas dans d’autres pays ‘’a-t-il conseillé. Toutefois, le président du PEDN se démarque explicitement de la proposition de chronogramme fait récemment par les jeunes. ‘’Le parti n’est pas encore arrivé au tirning de 2010 proposé par les jeunes. Nous pensons que le délai de 2009 est intenable voire impossible. Je le dis en fonction des informations des ONG auxquelles j’ai eues accès ‘’ a soutenu Lansana Kouyaté. Concernant les éventuels risques de durcissement de la position de la communauté internationale contre la Guinée au cas où les élections ne s’organisaient d’ici à la fin 2009, l’ancien PM dit compter sur la bonne compréhension et le réalisme de celle-ci. Pour Kouyaté, la communauté internationale, qui constitue un groupe de pression, n’est pas belliciste.’’ La Guinée, au plus fort des troubles qui ont secoué la sous région, a bénéficié de l’assistance de cette communauté ‘’rappellera-t-il. Par rapport aux confrontations télévisées des présumés narcotrafiquants et prédateurs de l’économie du pays, Lansana Kouyaté apporte son soutien à la junte militaire. ‘’ A leur place, aucun civil n’aura pu réussir ce qu’ils sont en train de faire’’ fera remarquera le leader du PEDN. Avant de préciser que tous ceux qui sont interpellés dans le cadre de ces opérations mains propres, bénéficient de la présomption d’innocence. En attendant que soit juridiquement établie leur culpabilité, soulignera-t-il.
Camara Moro Amara Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |