 |
On ne le dira jamais assez, le chronogramme de la transition continue de diviser les Guinéens. Pour les uns, le chef de la junte et son équipe devraient faire de l’organisation rapide des élections la priorité de leurs priorités. Pour les autres par contre, il serait plutôt sage et réfléchi de laisser au CNDD et à son président le temps nécessaire pour nettoyer la maison Guinée. Le capitaine-président Moussa Dadais Camara se trouve aujourd’hui entre ces deux camps opposés.
Depuis le 23 décembre 2008, la transition politique censée marquer le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée, ne cesse de faire couler des flots d’encre et de salive. C’est ce jour-là en effet que le capitaine Moussa Dadis Camara et ses compagnons du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) se sont emparés du pouvoir sans effusion de sang, suite à la disparition du Général-Président Lansana Conté. Dans leurs premières déclarations, les nouvelles autorités du pays ont clairement laissé entendre qu’elles ne sont pas venues au pouvoir pour s’y accrocher indéfiniment et que leur principal objectif était d’organiser des élections libres et démocratiques pour mettre des civils aux commandes du pays. Mais de cette date-là à nos jours, force est de reconnaître que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Lors d’une réunion au palais du peuple, le Forum des forces vives de la nation (partis politiques, organisations de la société civile, syndicats, confessions religieuses) a proposé au CNDD et à son président, capitaine Moussa Dadis Camara, un chronogramme relatif à la transition politique. Ledit chronogramme, qui prévoit entre autres l’organisation des élections au dernier trimestre de 2009, avait été accepté séance tenante par l’homme fort de la Guinée. Par la suite, des partis non membres du Forum des forces vives et des associations de femmes et de jeunes se sont prononcés, les uns après les autres, en faveur de l’organisation des élections en 2010. Les deux camps ne ratent plus aucune occasion pour étaler au grand jour leurs profondes divergences par rapport au chronogramme de la transition. De l’avis de tous les observateurs avertis, ces sempiternelles querelles intestines et mesquines auxquelles les leaders politiques guinéens semblent avoir pris goût, finiront par leur coûter politiquement cher. Les détracteurs du capitaine Dadis n’ont-ils pas commencé à lui prêter déjà l’intention de rester plus longtemps que prévu au pouvoir ? Apparemment et malheureusement, la classe politique guinéenne ne semble pas comprendre encore la nécessité de s’unir pour gagner leur combat politique dans l’intérêt supérieur de la nation tout entière. En agissant ainsi, elle donnera toujours raison à ceux qui pensent qu’elle est la plus bête d’Afrique. Les deux camps ont donc grand intérêt à aplanir leurs divergences et à parler d’une seule voix pendant cette phase critique de la vie de la nation. Face à ce qui s’apparente bien à un casse-tête politique, l’on se demande aux côtés de quel camp le capitaine-président Moussa Dadis Camara finira par se ranger.
Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
|
 |