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J’avais écrit que les ressorts d’un pays peuvent se casser par aveuglement, médiocrité, légèreté ou ignorance, cupidité ou vanité. Je ne sais pas, de ces tares, laquelle a caractérisé l’ancien PM dans l’affaire Chantal Colle. Il n’est pas utile de revenir sur la bourde d’un homme qui crut être maître d’une situation qu’il ne maîtrisait nullement. Cinq mois ce sont écoulés quand, par une injustice innommable et inqualifiable, l’ancien ministre de la sécurité, agissant pour Kouyaté, décidait, d’expulser Chantal Colle de son pays natal pour avoir décrié haut et fort la mal gouvernance de Lansinè Kouyaté. Ce PM se voulut justicier de sa propre cause et exila, quoi qu’on dise, Chantal Colle dans une humiliation que l’on ne peut accepter de quelques gouvernants qu’ils soient. Fort heureusement, l’esprit de justice réveilla une majorité de Guinéennes et Guinéens parmi lesquels, même les détracteurs de Chantal, dont moi-même, pour réclamer la levée de cette mesure insensée. Comme le dit la maxime : « A quelque chose, malheur est bon » L’exil parisien de Chantal Colle a permis de poser la question fondamentale des Guinéens binationaux et de l’avenir de leurs enfants. Tous les Guinéens expatriés doivent s’interroger sur la place que leur accorde le pouvoir de Conakry dans la gestion du pays. La question mérite d’être débattue et d’exiger de l’Etat guinéen une prise de position claire pour éviter à des tyranneaux d’abuser de leur fonction en privant des citoyens guinéens de la jouissance de leur droit légitime. C’est un autre front de la lutte pour le respect des droits humains qui est ouvert. De notre détermination à obtenir une réponse concise et précise dépendront la suppression et l’éradication des arrestations arbitraires et séquestrations privatives de liberté individuelle et/ou collective. Voilà qui évoque le récent cas de Sékou Souapé Kourouma. En juin 2008, il a été arrêté à Conakry et trimballé dans des lugubres caves souterraines par les forces oppressives de la police qui ne veulent pas se défaire des stigmates du PDG sanguinaire. Heureusement, les Guinéens ont dit et écrit que plus jamais, rien ne sera comme avant les 27 janvier et 9 février 2007. Un nombre important de Guinéens s’est mobilisé en signant la pétition pour la liberté de Sékou Souapé Kourouma. Depuis le 23 août 2008, Sékou a recouvré sa liberté. Il est encore à Conakry. Il sera totalement libre lorsqu’il retrouvera sa famille qui a vécu des nuits d’insomnie, de frayeur, de douleur et des jours infinis de traumatisme. Le retour de Chantal Colle en Guinée et la libération de Sékou Souapé prouvent que la lutte contre l’injustice sociale peut se gagner pourvu que les Guinéens en fassent un mal à extirper de la vie de leur pays. Ils démontrent que toute action unitaire contre le mal aboutit immanquablement à la victoire. C’est le lieu de dire grand merci à toutes les volontés qui ont bravé les contraintes de leurs charges respectives et s’étaient mobilisées pour la justice et son triomphe dans les deux cas d’atteinte au respect des droits universellement déclarés dont la Guinée est signataire de la charte. Jacques KOUROUMA pour www.guineeactu.com Paris 26 août 2008
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