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Alpha Condé s’était-il trompé de cible ? La réponse est sans ambages : « Le Président Alpha Condé pense que c’est la faute aux bureaux de change fictifs. Cette accusation facile ignore les principes économiques. Dans un système où la monnaie est libre de fluctuer, le taux de change dépend de l’offre et de la demande. Si la masse monétaire augmente par une émission de la Banque centrale, l’inflation augmente et entraîne une chute proportionnelle du franc guinéen. D’un autre côté, si la rentrée de devises (à travers les exportations ou les envois des expatriés) diminue, la monnaie nationale chute. Si le taux de change est fixe, la banque centrale doit avoir suffisamment de réserves en devises pour soutenir la devise. Car la banque doit être en mesure de satisfaire la demande en devises. Ce qui est loin d’être le cas de la Banque centrale. » Dr El hadj Bah, professeur assistant en Economie à l’Université d’Auckland (Nouvelle-Zélande) sait bien de quoi il parle, à l’heure même où le franc guinéen va de plus en plus mal.
On se rappelle que le président Alpha s’était vite attaqué aux commerçants en les qualifiant de tout. Même de tortues. Aujourd’hui, le haineux et l’arrogant, toute honte bue clame en ces instants tumultueux et décisifs: « Si je suis contre les commerçants, c’est que je suis fou. Comment le pays pourra avancer, s’il n’y a personne pour construire des usines et faire de l’agriculture ? Je veux que les hommes d’affaires produisent sur place au lieu d’importer toujours les produits. » Cette reddition plutôt inattendue par les accusés voués aux gémonies intrigue certains et amuse d’autres. Alpha Condé lui, cherche à se dépêtrer du gué. Parlant justement de l’autre groupe, c’est-à-dire les cambistes, des opérateurs de change à la sauvette, victimes des affres des hommes en treillis ou en civil, Alpha Condé se dédit : « Nous ne sommes pas contre le change ou les changeurs. Nous sommes contre les changes clandestins. »
Faut-il donc réellement prendre au sérieux cet homme, apparemment en crise d’idées novatrices ? Pourquoi pense-t-il que quelqu’un est contre lui ou contre sa réussite, en l’occurrence une autre ethnie qui n’est pas la sienne, alors que lui-même avait dit dans un journal français que « L'ethnocentrisme est l'arme de ceux qui n'ont pas d'idées. » Autant donc chercher le mal ailleurs, surtout qu’il a mal enfourché son cheval. Le problème économique a des solutions économiques. Les problèmes sociaux, solutions sociales, etc. Comme quoi, le prof s’était trompé de cible. Et il commence d’ailleurs à le comprendre, avec hélas, des aveux d’impuissance et des mea-culpa.
L’œil de Guineeactu.com
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