 |
Voici les six rebelles (Mamou Mario Mara, Telly Touré, Telly Diallo, Pathé Dieng, El hadj Oury Diallo, Mamie Sia Tolno) ayant pourtant signé le procès-verbal de l’élection de Loucény Camara, mais curieusement, qui réclament un peu plus de quinze jours après, le départ sans condition de celui à qui ils avaient accordé leur suffrage. Pourquoi ce revirement spectaculaire ? Etaient-ils contraints d’accorder à Louncény leur suffrage ? Le vote n’était-il pas secret, pour voir ces noms-là traîner de média en média ? Comment l’arc-en-ciel a-t-elle pu rentrer en possession de la liste des six ? Est-ce passible de peine ? Où était le MATAP lors de la plénière au cours de laquelle Louncény a été élu ? Pourquoi l’alliance Cellou Dalein Président s’attaque-t-elle plutôt à la moralité de Louncény qu’à la procédure juridique ? Pourquoi, l’Arc-en-ciel s’est-elle toujours ‘’agitée’’ avant de se calmer juste après l’élection de Louncény Camara ? Que sont devenus le comité de suivi des élections et la probable arrivée de Mgr David Gomez ?
Autant d’interrogations qui ne pourront peut-être jamais trouver de réponse au niveau des personnes ou structures concernées. Ici, on fait usage de langue de bois. Là, avec une forte dose d’hypocrisie, on feint de tout ignorer. De l’autre côté, la CENI, haletante est sous l’effet dévastateur des membres qui la constituent. Des membres dont le dénominateur commun reste tout de même sans ambages ceci : Manipulation, suspicion, mensonge, hypocrisie. Et actuellement on parle de corruption. Devant cet abject tableau loin d’être reluisant, les autorités de la transition amusent la galerie. Au nom d’une prétendue neutralité imposée par on ne sait quoi ou qui ! Entre donc ce ridicule spectacle et l’indifférence coupable de toute la chaîne de la transition, une population obnubilée, tétanisée, affamée, spoliée, etc. réduite hélas à un simple bétail électoral. Si ce ne sont des affidés à envoyer à l’abattoir à chaque fois que la mayonnaise refuse de prendre. Il vous souviendra par ailleurs que les deux duellistes se sont entendus oralement à mettre en place un gouvernement d’union. Un vœu pieux émanant de deux politiciens aux visions antagoniques. Il reste que, par cynisme ou par mépris, aucun d’entre eux n’a voulu toucher du sujet qui divise : cette honteuse CENI devenue bicéphale, suite à la fronde organisée par Saidou Bayo, Pathé Dieng et les autres. A-t-on réellement respecté les lois régissant la CENI, en élisant Louncény Camara ? Mame Camara ? Foumba Kourouma ? Certainement non. Sinon, on comprendrait mal comment on peut tirer profit du capharnaüm ou de la sainte pagaille qui alimentent actuellement la CENI. Le tout sous le regard amusé et insolent de tous les décideurs.
Et avec tout cela, l’on a eu l’audace de nous fixer la date du 24 octobre pour élire le président. Quel que soit le prix ! Et pourtant, « La tenue du scrutin, la validité des résultats et le climat de l'après 24 octobre restent avant tout et surtout conditionnés par une résolution préalable de cette crise. Il n'est plus question de s'abriter derrière une quelconque prétendue indépendance. Les actes et les propos auxquels se livrent certains des membres de la CENI font que celle-ci ne mérite plus un tel égard », commente un confrère. Ou peut être Alpha et Cellou (un sera certainement déçu) sont-ils en train de manigancer quelque chose sans que l’électorat ne soit au courant ! A la limite, c’est la dernière et assurément la plus absurde interrogation que l’on se pose à quelque dix jours seulement de la joute finale. On est confus. Et cette confusion risque si on n’y prend garde, d’avoir de sérieuses répercussions sur le taux de participation.
On voudra néanmoins bien voir la suite de toute cette démarche saugrenue et ubuesque de la CENI supportée en cela par une indifférence coupable entretenue par Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo (au nom de l’apaisement ?), Sékouba Konaté, Jean-Marie Doré, Rabiatou Sérah Diallo, Institutions républicaines (au nom de la neutralité ?) et les autres (au nom de l’hypocrisie et du mensonge ?). Ce qui est certain, l’aube ne dure jamais toute la journée. C’est dire que les immenses sacrifices consentis au prix du sang des Guinéens ne seront point vains ! La vérité jaillira. Avec ou sans cette ubuesque CENI qui alimente encore hélas, l’indifférence coupable de tous les maillons de la chaîne de transition.
Thierno Fodé SOW
www.guineeactu.com
|
 |