mardi 22 juin 2010
Ces esclaves africains au service de la France méritent les injures de Finkielkraut.
Rodrigue Kpogli

Contrairement à 2006 où la France a pu compter sur la docilité infaillible d’une ses colonies africaines – le Togo en l’occurrence – pour pouvoir sortir de sa poule au mondial en Allemagne, cette année en Afrique du Sud, les choses sont très compliquées. Le Mexique, l’Uruguay et l’Afrique du Sud ne sont pas comme des territoires africains où la grandeur de la France passe avant tout. Le complexe colonialiste n’étant pas latino-américain, l’Uruguay a fait jeu égal avec la France. Battue sèchement ensuite par le Mexique (2-0), la France cherche des coupables. Et la crise a atteint son paroxysme. Tout le monde prend la parole pour fustiger les joueurs surtout ceux provenant des banlieues (Noirs et Maghrébins) qui sont en train de « piétiner les valeurs de la République » et désirant même « tuer » Yohan Gourcuff, le seul brillant de la classe. Du simple citoyen au président Sakozy, chacun y va de son commentaire.

Ces footballeurs, on a beau leur signifier qu'ils ne sont pas français, ils ne cessent pourtant de pleurnicher de n'avoir pas été sélectionnés pour porter le maillot tricolore. On a beau les insulter, ils continuent pourtant de lécher les bottes de leurs maîtres et celles des maîtres de leurs ancêtres. On a beau maltraiter leurs "frères de couleur" en France, les jeter en méditerranée pour contenir "l'immigration clandestine", les parquer dans des ghettos, les traiter de « racailles » à nettoyer au Karcher, leur attribuer des « odeurs et du bruit » eux pourtant ne cessent de s’afficher en français plus français que les Gaulois, assimilés jusqu’à la moelle, riches et coupés de leur peuple qui sans doute leur inspire la honte. On a beau soutenir des dictateurs contre leur peuple d’origine et la France pour laquelle ils se battent a beau piller, dévaliser, affamer, humilier et meurtrir les populations desquelles ils sont issus, ils n’en n’ont rien à foutre ; eux, ils se disent français et considèrent ce qu’ils appellent souvent « ces gens-là » en Afrique comme des malheureux auxquels il faut offrir des miettes de dons pour mieux entretenir leur image par la communication par humanitaire. Jamais, il ne leur vient ou viendra à l’esprit de lever le petit doigt, ni d’utiliser leur position pour dire leur colère contre des hommes politiques, des journalistes, des philosophes, des artistes… ouvertement racistes qui passent leur journée à discriminer et à insulter leurs congénères. Dans leur petit confort de gladiateurs des temps modernes nourris pour gagner des combats pour le maître, ils n’hésitent pas à prendre parfois sa défense en prétextant qu’ils n’ont pas de « mission politique ». Etrange conception de la politique donc ! Leur devoir se résume ainsi : ne jamais utiliser leur tête, mais leurs pieds.

Ces joueurs de l'équipe de France méritent bien le traitement que leur fait Finkielkraut

Tout simplement parce qu’ils ne sont conscients de rien si ce n'est que de l’argent qu’ils gagnent. Ils ne savent pas comment fonctionne la France et ses élites intellectuelles. Aussi longtemps que ces footballeurs ne consacreront - ne serait-ce qu'une minute de leur précieux temps- pour étudier le pays pour lequel ils se battent en ayant en mémoire la récompense des "tirailleurs sénégalais" et celle qu’a eu, par exemple, l’académicien français Senghor, grand serviteur de la France inhumé au Sénégal, ils subiront toujours ce qu'ils méritent. Car, en réalité un esclave qui se bat et mouille le maillot pour la gloire de son maître ne mérite que mépris et injure. Il en est de même pour les guignols africains qui se disant « dirigeants africains » se précipitent partout où le besoin se fait sentir pour défendre, bec et ongles, les intérêts des maîtres au détriment des populations. Leur plus récente œuvre s'est déroulée à Nice où ils s'étaient tous présentés en tristes chevaliers à la recherche de l'adoubement du petit maître, Sarkozy.

Comme si leurs pays d'origine ne méritent ni leurs talents, ni de médailles, encore moins de grandeur – tout au moins en sport – ils ont choisi de vendre leur âme au plus offrant et récoltent ainsi le prix de leur indignité. Quand ils gagnent de médailles, ils sont des héros français, mais quand ils perdent, il faut les lapider, les vouer aux gémonies, leur rappeler leur origine ou les vendre comme Chicken George aux temps de l'esclavage. Voilà ce qu'ils méritent: le mépris! Puisse cet épisode en Afrique du Sud, une partie du continent où leurs frères et sœurs ont payé et continuent de payer le prix du racisme le plus violent, leur ouvrir les yeux enfin.


21 juin 2010

Rodrigue KPOGLI

 


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Vos commentaires
dannkoun, jeudi 24 juin 2010
Cet article est injuste. Son auteur connaît-il le combat d’un certain Lilian Thuram ? Ce n’est pas parce que ces jeunes footballeurs sont visibles (TV, journaux, etc.) qu’il faut leur faire porter la lourde charge de notre combat : tout le monde ne peut être un Tommie Smith ou un John Carlos. Ils sont certainement conscients de la situation qui est la leur. Janik Noah en son temps avait bien remarqué que vainqueur il était français, vaincu il redevenait camerounais. En Afrique du Sud, pour quelle équipe Zidane avait-il les yeux de Chimène ? Celle de l’Algérie ! Quand l’Algérie était en difficulté on voyait qu’il souffrait. On peut défendre la France sans oublier son propre combat contre la France : la contribution des tirailleurs sénégalais au combat contre le nazisme et le massacre de Thiaroye (1944) illustre bien cette contradiction apparente. A chacun de contribuer selon ses moyens au combat des opprimés ; ne méprisons pas les autres s’ils ne répondent pas à nos attentes. Nous avons pas tous la même perception de l’histoire.
leyzo, mardi 22 juin 2010
J`ai vécu en France pendant 10 ans. Donc je connais bien la réalité française et le traitement méprisant et discriminatoire que la France réserve à ses minorités noires et arabes. Voilà un excellent article donnant une analyse lucide et réaliste des rapports entre la France et ses ex-colonies. Merci à l`auteur et bonne continuation!
GilBlack, mardi 22 juin 2010
Une excellente analyse!!!!Pourtant quand on parle la vie,c`est le bon et le pire. Mais mon Frere Rodrigue,l`africain ne peut que meriter cela de la part de son maitre.Puisqu`on a la tete pas pour reflechir mais les pieds prets a tout. Il y a en qui prefere vendre leur propre frere pour des billets blancs de Dollars. Les Africains resteront des instruments pour le Toubab...
SAGNO, mardi 22 juin 2010
LE PARADOXE EN LETTRES CAPITALES Entre la France et l`Afrique, il y a le passé esclavagiste et colonial. Il y a surtout le paradoxe de la liberté, c`est à dire de l`accession des anciennes colonies à l`indépendance et la dépendance à outrance de celles-ci à l`ancienne puissance colonisatrice. Tout est savamment préparé dit-on, au quai d`Orsay pour que ceux de nos dirigeants qui peuvent continuer à servir les maîtres soient boostés pour s`éterniser au pouvoir. Au nombre des présidents à vie, l`on cite souvent: Omar Bongo qui n`est plus de ce monde, tout comme son aîné avant lui: Houphouêt Boigny. D`autres cités, sont encore vivants: Paul Biya et même Denis sassou N`guesso qui a chassé du pouvoir le professeur Pascal Lissouba en 1997 avec la bénédiction d`une puissance occidentale. De tout ce que l`on pourra reprocher à Sékou Touré, ce n`est pas que j`affectionne particulièrement tous les actes qu`il a posés, mais je retiens ceci: "une indépendance politique sans une indépendance économique, est une indépendance compromise à terme". Comment comprendre qu`une nation puisse inviter un continent à un sommet? C`est le lieu de parler des aides au développement qui ne profitent guère aux populations récipiendaires, mais plutôt à certains parvenus de nos instances décisionnelles dont la vénalité n`est pas à démontrer. Les sommets Chine-Afrique, Inde-Afrique s`inscrivent dans cette même démarche qui n`a pas grand-chose de gagnant-gagnant, à quelque différence près. Aujourd`hui, nous parlons de football dont les tentacules tirent dans la nasse bien d`autres aspects notamment la politique. Ici, en France, combien d`intellectuels africains en général, croupissent dans la précarité, alors qu`ils peuvent aider leur pays d`origine pour l`amélioration du système éducatif. Moi, j`ai fait ce que je conseille pour mon pays: la Guinée.Des centaines de Docteurs africains (pas médecins) sont réduits à être des vigiles, des plongeurs dans des restos sous le prétexte qu`ils n`ont pas une économie ou seront traités comme des Guinéens de l`étranger à leur retour.Aucun début n`est facile. Ceux d`entre nous, qui ont accepté rentrer sont regroupés au sein d`une Association des anciens universitaires Guinéens de France (AUGUIF) E-mail: auguif.infos@yahoo.fr Nous nous tirons bien d`affaire et même mieux qu`en France. Puissions-nous donc, Africains en général et Guinéens en particulier, comprendre que nos pays ont besoin de nous pour décoller. Nous venons certes de diverses régions et ethnies, mais c`est justement cette diversité qui fera l`unité pour que nous soyons plus forts. Les plus grandes nations africaines sont des fédérations (avec leurs problèmes internes gérables): Nigéria, Afrique du sud,etc... A l`échelle planétaire, les USA, le Canada, l`Australie,etc.... pour ne citer que ceux-ci. On est mieux que chez soi !

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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