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Cellou Dalein Diallo dont l’origine guinéenne n’est pas à démontrer, est le fruit de l’Université guinéenne. Un homme qui a servi avec amour et dignité la nation guinéenne sous le leadership d’un président soussou auquel il a accordé fidélité et respect, même lorsqu’il a été limogé par ce dernier. « Je ne rejoindrai ou ne créerai aucun parti politique qui s’opposerait au Président Conté, disait-il à qui veut l’entendre ». Moi qui appartenais à un groupe extrêmement opposé au régime Conté, lui en voulais pour ces propos. Mais force est de reconnaitre, pour un Guinéen conscient, sans ambitions politiques et sans haine raciale, que le régime Conté avait crée les conditions d’un développement économique et social tangible avant d’être pris en otage par les prédateurs profitant de sa longue et agonisante maladie pour plonger le pays dans le chao. Il est exaspérant voir inacceptable d’entendre des acteurs politiques ou des citoyens égarés, qualifier Cellou de voleur sans aucune preuve à l’appui. Cependant aucune institution juridique de l’Etat n’a accusé Cellou de quoi que ce soit. Seule les jaloux et les racistes avec leurs virtuelles juridictions qualifient cellou de voleur.
Au même moment Alpha Condé combattait et poussait les malinkés (qui n’ont jamais voté pour un soussou), contre le Président Conté qui est incontestablement un digne fils de la Basse côte qui a combattu dans tous les fronts pour défendre sa patrie et son continent. A l’époque, Alpha Condé ne trouvait pas nécessaire de révéler au public guinéen que sa mère était soussou puisqu’il combattait un soussou. Dans une interview en Août 2004 conduite par « Sidwaya », un quotidien burkinabé, Alpha Condé poussait l’armée guinéenne à faire un Coup d’Etat contre le Président Conté mais malheureusement pour lui, cette Armée est restée fidèle à son Chef. Dans cette interview il disait, je cite «..Dans la situation actuelle, il n’y a pas de solution constitutionnelle. Mais la seule alternative sera sans doute la voie anticonstitutionnelle ». Quand Alpha Condé et ses éléments, d’une manière, essayent de présenter le Régime Conté comme une négativité, et de l’autre, tentent de courtiser l’électorat soussous pour les simples besoins de le porter au pouvoir ; nous nous demandons bien pour qui ils prennent les soussous et surtout lorsque, de manière ridicule, il se recueille sur la tombe de son ennemi auquel il souhaitait un Coup d’Etat ? De toute façon, la population soussou a montré lors du premier tour des élections présidentielles qu’elle a mûri et qu’on ne la roule plus dans la farine comme avant.
Aussi le duo Alpha Condé-Kouyaté n’inspire pas confiance, lorsqu’on sait qu’Alpha n’a rendu aucun service à la Guinée. Et nous avons toujours les dents qui grincent encore plus fort contre l’ancien Premier Ministre de consensus avec ses dépenses inutiles telles que la retraite de Bel Air qui a englouti plusieurs milliards de nos francs pour rien, la construction des monuments pour nous rappeler notre passé sombre. Aussi la tentative de vente des édifices qui constituent notre patrimoine national, au Président Kadhafi, la nomination à base très ethnique des préfets. Et enfin la délocalisation des fonds publics et leur dissémination au niveau de la Banque PARIBAS. A chacun de ses voyages à l’extérieur, il disait aux jeunes malinkés qui y vivent, rentrez en Guinée, j’ai du travail pour vous.
Mes chers compatriotes, nous devons faire une analyse systématique avant de choisir notre Président, tout en résistant aux polémiques des deux camps qui soufflent sur les braises encore fumantes de notre démocratie naissante, afin d’attiser des tensions qui seront bien néfastes aux intérêts du peuple de Guinée. Il n’en demeure pas moins que les manipulations politiques émaillées de haine ethnique et de brutalités jettent le discrédit et porte atteinte à l’image de notre pays.
A ce deuxième tour des élections présidentielles, les alliances qui se font provoquent déjà des rebondissements risibles dont la logique est l’intérêt égoïste, loin de toute préoccupation militante du citoyen ordinaire. Cette deuxième phase qui est le dernier bastion où pouvait se dérouler un semblant de débat démocratique est déjà décrédibilisée par les comportements anti-démocratiques de certains acteurs politiques. En tout cas, sa légitimité pour la première fois dans l’histoire de notre pays, est remise en cause, douteuse de manière perceptible par le moins pourvu de culture juridique parmi nos concitoyens. Monsieur le Président de la Transition que vous est-il arrivé pour accepter une si ridicule situation, vous qui avez toujours prétendu ne vouloir tolérer aucun retard dans le processus engagé ? Nous savons tous que toutes les anomalies signalées pouvaient se résoudre en quelques jours si la volonté existait bien entendu. Nous voilà convoqués aux urnes le 19 Septembre, après une longue période d’attente, de tergiversations et d’incertitudes. Pour qui joue t-ont réellement, car aucun acte n’est isolé dans ce monde ?
Quand au Premier Ministre qui a déjà goûté aux délices du pouvoir, il est incapable de supporter une traversée du désert pendant laquelle on peut aussi agiter l’éventail de quelques dossiers nébuleux concernant sa gestion. En plus, nous assistons de façon surprenante aux agissements de quelques formations politiques de tous bords qui montrent tous les jours, leur incapacité à se départir de la mentalité ethnocentriste. Pire, la réalité nous laisse tous vivre un scenario catastrophique d’un machiavélisme classique. Alpha Condé nous dit qu’il va reconstruire Boulbinet en déversant des milliards de nos francs sur des populations soussous injustement affamées, lesquelles certainement applaudiront pour des miettes dont on leur a spoliées. C’est pourquoi des meetings de ralliement des petits partis qui ne sont partis que dans leurs quartiers respectifs, n’ont pas tardé de s’effectuer en sa faveur. Mais j’espère qu’Alpha Condé ne s’en orgueillera pas de cette précarité car devant les urnes, les militants peuvent en décider autrement. Aussi ce ralliement collectif opéré par ces petits partis peut avoir l’effet d’un opium et produire la léthargie des consciences. On sait que lorsque l’espoir s’éloigne on se réfugie derrière le mensonge. Celui-ci devenu monnaie courante dans notre échiquier politique, « tisse un rêve de bien-être et de prospérité de quelques uns sur le cauchemar du plus grand nombre », comme le disait Marcos.
Que Dieu protège les dignes Guinéens et maudisse les divisionnistes, les tribalistes et les ethnocentristes, brebis égarées de notre Nation. Car, de quelque bord qu’ils soient, ce sont eux les véritables freins au progrès de la Guinée. Amen !
Nouhou Badiar Diallo, New York, USA
www.guineeactu.com
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