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Bête et discipliné. C’est avec ces deux armes que le leader de l’UFDG a subtilement répondu vendredi dernier à la coordination du Manding récemment venue rencontrer JMD – faute de voir le président de la transition Sékouba Konaté – pour menacer de retirer « notre candidat à la course pour la présidentielle » (ndlr, Alpha Condé).
La démarche, soutenue par certains avait pour autant fait grand bruit et provoqué une certaine tempête d’indignation chez de nombreux Guinéens. A cause dit-on, de l’immixtion manifeste d’une coordination régionale dans la politique. Il n’y avait eu aucune réaction au niveau de la haute hiérarchie de la transition. Si ce n’est le « Je rendrai fidèlement compte au général Konaté » du Premier ministre JMD. Quelques semaines après, on a enregistré des réactions. Mais celle qui mérite d’être soulignée tout de suite est bien celle très diplomatique de Cellou Dalein Diallo dont l’atonie face aux urgences de l’heure avait déjà tendance à agacer certains de ses militants.
Connu pour sa démarche souvent pondérée du reste reconnue par Alpha Condé – Cellou est un garçon courtois et poli, a attesté l’opposant historique – son adversaire du second tour, Cellou Dalein Diallo a notamment dit aux coordinations régionales le vendredi : « Si les coordinations s’impliquent dans la politique, elles pourraient mal assumer le rôle qui est le leur qui est de constituer un recours pour secourir la paix. Tous les candidats sont vos enfants. Vous êtes les sages, le dernier recours et on se réjouit de l’existence de ces coordinations qui ont apporté des contributions remarquables à la préservation de la paix et de l’unité dans le pays. Je pense que vous devez être à l’écart de la politique et ne pas prendre position pour un candidat, fût-il le ressortissant d’une région qui est la vôtre. Parce que nous les candidats, nous sommes les candidats de toute la Guinée. »
Cette déclaration apparaît aux yeux de nombreux observateurs comme une réponse du fils à son père malhabile. Suffira-t-elle à assagir ceux qui activent le feu ? Le général Sékouba Konaté dont le capital de confiance s’effrite presque tous les jours, lui, ne cesse de marteler que la Guinée n’appartient à aucune ethnie. Gageons donc que la sagesse et la retenue prévalent sur tout pour le bonheur du peuple martyrisé de Guinée. Après tout, enseigne Wole Soyinka, "Quand les feuilles tremblent, ce n'est pas l'affaire des racines"
TFS pour www.guineeactu.com
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