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Le 23 janvier dernier, le siège de l’UFDG, à Commandayah a refoulé du monde. Militants et sympathisants se sont fortement mobilisés pour accueillir leur leader, Cellou Dalein Diallo, qui venait le même jour de regagner le bercail après un séjour de quatre (4) mois à l’étranger.
Le président de l’UFDG est arrivé ce samedi à bord d’un vol de la Royal Air Maroc en provenance de Paris où il séjournait il y a pratiquement quatre (4) mois. Tout comme la plupart de ses pairs de l’opposition, Cellou a quitté la Guinée au lendemain des évènements douloureux du 28 septembre 2009. Lors desquels des leaders politiques ont été sérieusement molestés à sang par la garde prétorienne du chef de la junte guinéenne Moussa Dadis Camara. Cellou Dalein Diallo sera le plus brutalisé. En plus, sa blessure du crâne, il aura cinq (5) de ses côtes brisées. Depuis, il séjournait en France, où il aurait suivi son traitement.
Son retour aujourd’hui au bercail fait suite à l’appel que le nouvel homme fort du pays, le général Sékouba Konaté, a lancé aux leaders politiques guinéens qui avaient tous ‘’fui» le pays pour des raisons de sécurité, dit-on. Mais suite à cet appel, beaucoup de leaders ont fini par rentrer.
Sauf que les retours se font incognito. C’est le cas de Cellou qui a usé de la diversion pour rentrer en catimini. On aurait annoncé son arrivée par Air France qui vient les soirées. Alors qu’il devrait venir sur le Royal Air Maroc. Donc au lieu de la soirée du samedi, il est arrivé plutôt que prévu, à 10 heures par la compagnie marocaine. Certes, cette diversion lui a permis d’éviter d’être accueilli à l’aéroport par ses militants. Et cela se comprend. D’autant que toute manifestation de soutien a été interdite par les autorités du pays.
Ainsi, c’est pendant que les militants s’y attendaient le moins, que le président de l’UFDG a fait irruption au siège du parti. Où responsables et militants se retrouvent chaque week-end pour parler des activités du parti. Il est accueilli par les hourras des militants surpris de le voir.
Après des instants d’animation, l’honneur est donné au Vice-président du parti pour souhaiter la bienvenue à son président. Bah Oury, explique ensuite que le retour de Cellou augure d’un tournant décisif pour l’avenir de la nation.
C’est un Cellou visiblement bien portant qui a pris la parole pour s’adresser à ses militants. Une minute de silence est d’abord observée pour se souvenir de la mémoire des victimes du 28 septembre 2009 et tous ceux qui ont été brimés dans leur combat pour la démocratie. Il remerciera les uns et les autres pour leur soutien inconditionnel, malgré les difficultés rencontrées depuis le début de la transition.
Toutefois, Cellou Dalein exhorte ses militants à redoubler de courage et d’être vigilants. Il salue la nomination d’un PM, chef de gouvernement issu des Forces vives. Pour lui, la Guinée ne mérite pas ce paradoxe selon lequel « le pays est doté d’immenses ressources naturelles, mais la population croupit dans la misère ». Pourtant, indique-t-il, la Guinée a un potentiel humain capable de le sortir de sa misère. « Nous ne voulons pas le pouvoir pour le pouvoir. Nous voulons le pouvoir pour changer la condition de vie du Guinéen », déclare-t-il.
Cellou mettra également cette occasion à profit pour répondre au ‘’billet» de la RTG, qui l’a visé le lendemain de la tentative d’assassinat du capitaine Moussa Dadis Camara. Un réquisitoire dans lequel il a été accusé de vouloir inciter l’armée à une révolte interne. Il reconnaîtra que ses militants ont souffert de cette allégation à son encontre, mais estime qu’il avait été mal compris et interprété par des mal intentionnés qui ne cherchaient qu’à aiguiser leur appétit en lui jetant l’opprobre. « J’ai dit que ceux qui ont tués au Stade ne sont pas représentatifs de l’armée guinéenne. Parce qu’en son sein, il y en a qui sont des patriotes, républicains… », explique-t-il. Avant de saluer le général Sékouba Konaté pour ses démarches entreprises, afin de sortir le pays de sa crise. Cellou invite ensuite ses militants à soutenir la politique du président intérimaire qui se donne pour objectif d’organiser les élections dans les six (6) prochains mois.
Même satisfait de la nouvelle donne, le leader de l’UFDG prend cette fois l’engagement des autorités avec beaucoup de pincettes et reste prudent. « Le combat n’est pas fini », déclare Cellou pour attirer l’attention de ses militants. Car selon lui, l’objectif final c’est le retour à l’ordre constitutionnel qui doit se caractériser par un pouvoir civil.
Selon certaines indiscrétions, le président du parti est revenu en Guinée pour un bref séjour. Car selon nos sources, Cellou s’est s’envolé dans les prochains jours pour Luanda (Angola), pour rencontrer la diaspora guinéenne qui évoluent dans ce pays.
Samory Keita L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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