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Le retour triomphal de Cellou Dalein Diallo, Président de l’Union des Forces démocratiques de Guinée (UFDG) donne des frissons à Alpha Condé, le Maître de Conakry. Si cela n’avait pas été le cas, pourquoi le gouverneur de Conakry aurait-il annoncé, à la veille du retour du leader de l’UFDG, une interdiction de toute manifestation dans la capitale guinéenne ?
Décidément, par sa popularité, Cellou Dalein donne des insomnies à son ancien adversaire à la présidentielle. Et dire que M. Alpha Condé se dit Président démocratiquement élu. Mais, au-delà de cette peur de l’adversaire, Alpha Condé montre, une fois de plus, qu’en Guinée les pantins sont au-dessus de la loi. Qu’être ministre dans une république bananière n’est rien. Qu’il faut être démagogue et fougueux. Dès lors, on pourra décider, décréter et mettre à ses services privés des personnes normalement commises à l’Etat. Pire, dans un pays de paradoxes, comme le nôtre, il est préférable d’être cousin, protégé et membre de telle ou telle communauté que ministre de la nation.
Comment un gouverneur peut-il décider, dans un pays où il existe un ministère de l’intérieur ou son équivalent, de la tenue ou non d’une manifestation et du pouvoir d’user du droit de cortège ? Comment un subalterne peut-il décréter ou prendre des arrêtés à la place des représentants de l’Etat sur une question de dimension nationale ? Comment un gouverneur d’une simple région peut-il oser interdire la réception d’une personnalité de la nation du rang de M. Cellou Dalein Diallo ou de tout autre leader politique ? Comment ose-t-il vouloir empêcher les militants, sympathisants et citoyens de toute origine socioprofessionnelle d’exprimer leur droit de manifester et leur attachement à leur leader politique ? Que celui-ci soit Cellou Dalein Diallo, Lansana Kouyaté, Sidya Touré, Abé Sylla, Mohamed Soumah ou autres Kassory Fofana, Ousmane Bah, Mamadou Baadikko Bah, etc., n’a aucune importance.
Les raisons de tels agissements sautent aux yeux. Ce n’est pas le gouverneur de Conakry et, à plus forte raison, les ministres de l’Intérieur, de la Décentralisation et des affaires politiques qui agissent. C’est le sommet du pouvoir. C’est-à-dire, Alpha Condé.
Les conséquences de la persécution des hommes politiques et des citoyens.
Les agissements du pouvoir de Conakry peuvent conduire très loin. Les Guinéens dans leur ensemble doivent le comprendre au moment où rien n’est encore tard. De provocations en provocations, de persécutions en persécutions, d’indexations en indexations, le retranchement et la peur céderont la place à l’affrontement. Un affrontement inévitable car il devient ce que les Anglais appellent « the struggle for live ». La lutte pour la survie. Cependant, Cellou Dalein Diallo a montré, au prix de sa vie, de son honneur et, même au risque de son leadership, qu’il est un homme de paix. Rien n’y fait. Alpha Condé s’acharne contre lui et son ethnie.
Cellou Dalein Diallo a sauvé la Guinée de la guerre civile en prenant acte de l’élection d’Alpha Condé. Il l’a fait au grand dam de beaucoup de militants, sympathisants et, très certainement, des responsables de l’UFDG. Alpha Condé ne semble pas vouloir le comprendre et continue les provocations. Le leader du RPG, qui n’est peut-être pas encore sûr d’être Président de la République tant la surprise est grande, veut coûte que coûte enflammer la Guinée. En s’acharnant, non pas contre Cellou Dalein en tant qu’homme politique, mais contre tous ses militants et sympathisants, Alpha Condé cherche l’implosion de la nation guinéenne. Il cherche la fin de la cohésion sociale en voulant exterminer, le terme n’est pas fort, l’ethnie peule.
Ce mot ethnie à ne pas prononcer pour certains extrémistes dès lors que ce sont les Peuls qui subissent. Mais, que ceux-là me disent ce que fait Alpha Condé si ce n’est de l’ethnocentrisme anti-peul ! Qu’ils me disent si les militants du RPG et de son Arc moribond ont été aussi persécutés que ceux de l’UFDG et de l’Alliance Cellou Dalein Président. Qu’ils me disent dans quels quartiers, les chiens de garde du gouverneur de Conakry ont été lancés si ce n’est là où les Peuls et les militants de l’UFDG sont majoritaires ?
Le pouvoir de Conakry montre de plus en plus les germes de la dictature et de l’ethnocentrisme
En voulant interdire la réception en l’honneur de Cellou Dalein Diallo, le pouvoir d’Alpha Condé montre, une fois de plus, les nouveaux germes de la dictature et son enracinement ethnocentrique. Cellou Dalein n’étant pas le premier leader à rentrer au pays après un séjour privé à l’extérieur, pourquoi serait-il le seul à ne pas avoir droit à un accueil des populations guinéennes ? Pourquoi une mesure circonstancielle et taillée sur mesure à la veille de son arrivée ? Pourquoi une interdiction de toute manifestation politique, de surcroît provenant d’un affidé du RPG ? Pourquoi déployer les forces de l’ordre armées jusqu’aux dents pour encercler, piller, voler, tuer et sûrement violer, dans les quartiers de la banlieue de Conakry ? Cette haute banlieue majoritairement, disais-je, habitée par des populations originaires de la Moyenne-Guinée ? N’y aurait-il pas d’autres communes à Conakry que celles-là ? Ou bien seraient-elles toutes inhabitées ?
En ciblant les communes majoritairement peules, Alpha Condé et son gouverneur cherchent un alibi. Ils poursuivent leur guerre contre la communauté peule. Cette guerre anti-peule qui semble être le seul projet politique d’Alpha Condé. L’un et l’autre cherchent des nouilles à Cellou Dalein Diallo.
Les blessés et les morts du 3 avril 2011 doivent relever de Crime contre l’Humanité
Les blessés et les morts, très probablement les viols d’aujourd’hui, pour la simple réception d’un leader politique doivent être classés comme des crimes contre l’humanité. Blesser, violenter ou tuer des citoyens dont le seul tort est de vouloir accueillir leur leader qui rentre paisiblement chez lui, est un crime impardonnable qui ne doit pas resté impuni. Il y aurait, selon des sources concordantes, une trentaine de blessés au moins. Il ne serait pas exclu qu’il y ait des morts.
Alpha Condé ne fait qu’allonger la liste de ses victimes. Le Capitaine Moussa Dadis Camara, qu’il avait présenté comme un fou, avait prévenu. Hélas, les Guinéens ont chassé Dadis pour avoir Alpha Condé. Que les secrets du Bon Dieu sont insaisissables !
Les nouvelles victimes d’Alpha Condé et de ses suppôts sont aujourd’hui majoritairement peules. Elles viennent s’ajouter à celles de Siguiri, Kankan, Kissidougou, Labé, Conakry, etc. de l’entre-deux tour de l’élection présidentielle de novembre 2007. Elles agrandissent les rangs de toutes les victimes guinéennes de 1958 à cette date.
Mais, Guinéens, prenons garde ! Demain, elles seront Soussou, Malinkés, Forestier. Dès lors, ne laissons pas faire. Alpha Condé doit être classé dans la catégorie des dictateurs que notre pays a connus depuis son accession à l’indépendance. Et comme tel, nous devons en tirer les conséquences. Toutes les conséquences !
Un Président importateur et exportateur de divisions et de guerre
On peut bien se demander comment quelqu’un qui a grandi en France, loin des divisions interethniques qui ont émaillé le passé de beaucoup de pays africains, peut se comporter comme le fait Alpha Condé. Très franchement, je plains ceux qui se reconnaissent dans sa manière de gouverner et dans ses idées.
Les Guinéens risquent tous d’avoir leur tour chez Alpha Condé car, à chaque occasion, il prouve qu’il est un importateur et un exportateur de divisions et de guerre. Mais, le Tout Puissant dans Sa Miséricorde, Sa Clémence, peut nous porter secours et entendre nos prières et nos larmes. Mais, faut-il s’en remettre à cela seulement ?
Personne, personne dis-je, ne sera épargné par la fermeture d’esprit du nouveau maître de Conakry à la paix et à la démocratie. Il n’y a pas que Cellou Dalein et l’ethnie à laquelle il appartient qui sont les cibles d’Alpha Condé. Le tour des autres arrive. Les prémisses ont déjà visibles.
L’éviction pour des raisons ethniques de M. Morlaye Youla, d’appartenance soussou de la direction de la SOTELGUI au profit de M. Moussa Kéita, de l’ethnie d’Alpha Condé, en est la preuve. La destitution de l’ambassadeur de Guinée en France, Madame Makalé Camara, également d’ethnie soussou et son remplacement par, également, un membre de l’ethnie d’Alpha, prouve éloquemment que personne d’autre ne compte si ce n’est celle à laquelle il reconnaît la même appartenance tribale. Pourtant, son appartenance ethnique, tout le monde le sait, porte à caution.
Le déshonneur dont a été victime Madame Makalé et son remplacement en violation de toutes les conventions régissant les accords internationaux en matière de diplomatie montre encore un peu plus quelle est la vraie nature de cet autoproclamé Professeur qui dirige la Guinée.
La sélection des amnistiés des crimes contre l’humanité commis au stade du 28 septembre en 2009 est le troisième aspect qui montre le vrai Alpha Condé. Son séjour parisien de mars 2011 n’aura servi qu’à trier les Guinéens qui doivent assister à sa conférence et les opposer. Ensuite, à faire effacer de la liste des poursuites de crimes contre l’humanité ses parents pour maintenir les pauvres Claude Pivi, Tiégboro et autres pour mieux les asservir.
Espérons que ces derniers pourront se racheter auprès du peuple de Guinée. Ayant servi Moussa Dadis, ils sont abandonnés par Konaté, l’autre victime d’Alpha Condé, et lâchement vendus à la communauté internationale. Pourtant, Alpha leur avait promis l’immunité come il le fit pour Dadis. Enfin, à vendre les richesses de la Guinée au moins offrant pour payer ses dettes.
Cellou Dalein Diallo doit vigoureusement réagir et dire ras-le-bol des massacres des Guinéens !
Le Président de l’UFDG, le plus grand parti sur l’échiquier politique guinéen, doit réagir vigoureusement. Il a le droit. Il en a les moyens. Il lui faut la force et le courage. Il y a eu trop de morts dans ses rangs pour qu’il laisse passer cette autre provocation.
M. Cellou Dalein Diallo ne doit plus laisser lui coller à la peau l’image d’homme de consensus face à un Etat sauvage. Il a vu qu’être homme du dialogue ne s’applique pas lorsqu’on est face à des extrémistes et des ethnocentriques. Il devra porter plainte et faire savoir que ses militants et sympathisants sont des citoyens comme les autres. Qu’ils méritent respect et protection dans leur intégrité morale et physique et qu’ils ne se laisseront plus faire pour quelque raison que ce soit.
Il faut dès à présent que tous les militants et sympathisants de l’UFDG et tous les Guinéens qui ont lutté et luttent encore pour une nation unie, paisible, solidaire et démocratique se lèvent pour dire halte à Alpha Condé. Si nous devons tous y laisser notre vie, allons-y. Mais, il faut qu’Alpha Condé cesse sa politique de persécution des Guinéens et qu’il mette fin à son ethnocentrisme viscéral.
Les Guinéens de toute origine doivent se donner la main. S’il faut lutter contre Alpha Condé comme ce fut le cas contre la dictature en mars 2006 ; janvier-février 2007 ; septembre 2009, il faut le faire. Nul n’a le droit de confisquer notre lutte et de corrompre notre combat pour la démocratie et la paix.
Un président qui viole les lois et les institutions, qui ferme les médias en interdisant la libre l’expression des idées et les manifestations politiques est un dictateur. Si Alpha Condé fait cela, lui laisser le temps en fermant les yeux sur ses agissements est une démission. Une complicité à la dictature. Il faut s’opposer à Alpha Condé en usant des moyens et méthodes qu’il utilise lui-même. Sachant qu’Alpha est conscient de son échec et qu’il n’a rien à perdre car il a déjà tout perdu.
Appel à tous les Guinéens
J’ai coutume de dire que tous les Malinkés ne sont pas des Alpha Condé. Que l’ethnocentrisme de ce dernier n’est pas héréditaire. Qu’il est une conception personnel de quelqu’un qui utilise la vision étriquée de certains de ses proches ethniquement pour arriver à ses fins. C’est pour cela que je dis, dénonçons Alpha Condé, mais ne le confondons pas avec tous les Malinkés. Les cas de Sékouba Konaté, président de la transition, de Lansana Kouyaté, de Kabinet Komara, anciens premiers ministres, sont là pour nous édifier sur le personnage d’Alpha.
Par conséquent, tous les Guinéens épris de paix, soucieux de l’unité nationale et défenseurs de la démocratie doivent se réveiller. Au cas contraire, il nous enverra tous à la tombe ou en exil. Plutôt à la tombe qu’en exil, car il aura la crainte que certains d’entre-nous deviennent Président de la République comme lui.
Avis à tous les leaders politiques, syndicaux, de la société civile et autres responsables des institutions de la République qui veulent jouer au feu en épaulant la politique anti tout d’Alpha Condé : anti-militaires, anti-commerçants, anti-Sékouba, anti-Jean-Marie Doré, anti Kouyaté, Sidya, Abé Sylla, Cellou Dalein ; anti-Soussou, anti-Forestiers, anti-Peuls et, bien évidement, anti-Malinkés.
Enfin :
Ras-le-bol M. Alpha Condé de votre acharnement contre les citoyens, contre les Peuls aujourd’hui et les autres demain !
Je vous dis : Tous les Guinéens vous survivront. Les Peuls comme les autres ont survécu à d’autres dictateurs. Vous ne mettrez pas fin à cette nation. La révolution africaine que vous avez appelée de vos propres mots « Printemps africain » devraient vous servir de leçon pour que vous mettiez fin à votre politique suicidaire contre la nation guinéenne.
Sachez que la devise d’un patriote comme moi, c’est : « Dire la vérité et survivre au-delà de sa brève existence ».
Quant à moi, mon surnom, c’est : Lamarana Petty Diallo, alias S’en fout de la mort. Je suis peul, guinéen et musulman, et fier de l’être.
Comme le Juif s’est toujours revendiqué juif, de religion judaïque sous Hitler, je suis fier de cette trilogie qui me définit et qui s’appliquerait à tout autre Guinéen qui est avant tout soussou, forestier, malinké et d’une confession donnée : catholique, animiste ou autre. Et cela ne fait pas de moi un apatride et un étranger dont vous traitez les Peuls !
N’en déplaise à ceux qui haïssent les autres qui ne sont pas de leur ethnie !
Vive la Guinée !
Vive la différence, signe de notre richesse !
Lamarana Petty Diallo
www.guineeactu.com
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