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S'exprimant devant la presse, au lendemain de la condamnation des militants de son parti par les tribunaux de Mafanco et de Dixinn, El hadj Cellou Dalein Diallo, président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a affirmé qu'il reste convaincu que toutes les personnes condamnées l'ont été illégalement. Pour lui ceux qui ont été condamnés ne sont pas plus coupables que les autorités qui ont violé la constitution.
Après avoir ainsi jugé ces décisions de contraire à la loi tout en exprimant son désaccord, le président de l'UFDG a aussi indiqué qu'ils vont faire appel. Même si pour permettre à ces personnes de regagner leur domicile, le parti a déjà payé les amendes qui s'élèvent à 25 millions de francs guinéens. Pour lui, ce procès est purement politique. Il n’y avait même pas les conditions d’une condamnation avec sursis.
Poursuivant son intervention, le président de l’UFDG a précisé que cet appel sera fait et que la justice est dans l’obligation de dire le droit. « Si le droit n’est pas dit, nous allons user de tous les moyens que nous confère la constitution pour nous faire entendre », a ajouté l’opposant. Et Me Boubacar d'enchaîner que si cela n'est pas, on risque d'assister à un amalgame et à la privation de ces personnes de leurs droits civiques.
Bien avant l’annonce de son intention de faire appel, l’opposant au régime d’Alpha Condé est revenu sur les violences qui ont émaillé son retour au pays après trois mois d’absence. Mamadou Cellou Dalein s’est dit très choqué du fait qu’il soit bien reçu ailleurs et mal accueilli chez lui. Malgré les dispositions légales observées par son parti.
« Partout où je suis passé, à Dakar, Bamako, Guinée Bissau, Gambie et Paris, j’ai bénéficié d’un accueil chaleureux avec l’accord des autorités de ces pays. C’est donc dommage que je sois accueilli dans mon propre pays avec des jets de gaz lacrymogène », a dit en substance le président de l’UFDG.
Mamadou Cellou Dalein s’est indigné en outre face aux traitements dégradants dont ont été victimes les militants de son parti avant la tenue de leur procès. L’objectif visé par ses adversaires, selon lui, était de les pousser à mentir en disant qu’il les avait poussés à former une rébellion. C'est une stratégie visant à affaiblir l'UFDG selon son président
Cellou Dalein Diallo a considéré aussi comme illégale la détention de ses militants « mineurs » à la Maison Centrale de Conakry et dont la libération est conditionnée au payement d’une rançon d’un million francs guinéens chacun.
« Les dirigeants du parti sont allés pour négocier leur libération, mais on leur a demandé le payement d’un million par enfant. Ils se sont finalement entendus sur 500.000GNF. Après réflexion, moi je leur ai dit qu’on ne payera rien. Ce sont des enfants arrêtés devant leur concession par délit de faciès », a expliqué le président de l’UFDG, avant de dire qu’il est gêné avec les parents de ces mineurs.
Le président de l’UFDG est aussi longuement revenu sur les traitements inhumains et dégradants dont seraient victimes au PM3 les militaires mis à sa disposition suite aux accords de Ouagadougou par les autorités de la Transition.
Cellou Dalein a estimé que ceux qui se sont sacrifiés à travers les différents évènements douloureux l’ont fait pour que la Guinée soit un Etat de droit. Pour que n'importe qui ne puisse pas faire n'importe quoi. Mais, poursuivra Cellou, on a l'impression que le combat est loin d'être gagner. Pour y parvenir, il a demandé à tous de se donner la main pour continuer.
Me Barry Boubacar, membre du collectif des avocats de l’UFDG a déclaré que la décision d’interdire la manifestation n’était pas fondée. Pour lui, le gouverneur à la mémoire courte. « Si aujourd’hui il prévaut en Guinée un climat de paix et de quiétude on le doit à Cellou Dalein », a martelé l’avocat, avant d’indiquer qu’il ne s’imaginait pas d’ailleurs que cette affaire pourrait conduire à un procès d’une telle envergure.
Ce procès, a ajouté pour sa part l'avocat, « est purement expéditif ». « Les peines de sursis annoncées ne sont autre qu'une stratégie de musellement de l'UFDG » indiquera-t-il. Pour preuve, ajoutera l'avocat, « aucune preuve n'a été apportée par le ministère public ni par l'Etat qui s'est constitué partie civile, pour étayer leurs arguments ».
Heinan Goba de Conakry pour www.guineeactu.com
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