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Il faut féliciter le peuple de Guinée.
Ces élections sont une victoire pour le peuple de Guinée.
Il s’en trouve même qui félicitent le héros Cellou Dalein Diallo pour sa victoire. Ainsi parlent en langue de boa les spécialistes de la langue de bois. Ils vous caressent de leurs langueurs serpentines, vous passent la pommade lubrifiante de venin à vertus tranquillisantes, voire lénifiantes et dormitives.
Jamais ! Dixit Cellou.
La « victoire » du peuple de Guinée ne vient pas d’un prétendu bon déroulement des élections, surtout pas au second tour. De ce point de vue, il faut appeler un chat un chat. Cette élection présidentielle fut une défaite du peuple de Guinée. Si l’on a volé à Cellou Dalein Diallo sa victoire, c’est que ces élections se sont soldées par la DEFAITE du peuple de juin 2006 et surtout de janvier et février 2007. Ce peuple s’était mis debout pour le changement, mais un changement démocratiquement obtenu et non un président « démocratiquement » faufilé à travers les mailles complexes d’un filet de fraudes, troué de violences.
Donc, il y a un certain discours convenu qu’il faut traduire et que M Cellou Dalein a compris, qui consiste à féliciter Cellou Dalein Diallo et le peuple de Guinée d’avoir accepté leur défaite. Ainsi compris et accepté, c’est pousser M. Diallo à une prochaine et cuisante défaite. Voilà, il est constant que le « vaincu » n’a pas appelé au soulèvement le peuple majoritaire, pluriel et non ethnique qui a bel et bien voté pour l’Alliance des Bâtisseurs. Cellou D. Diallo a eu raison et c’est en cela qu’il est à féliciter et c’est cet essai qu’il devra transformer à l’avenir, en organisant une opposition nationale, transversale et majoritaire.
Face à plusieurs centaines de militants et de sympathisants, M. Cellou Dalein Diallo, le vrai gagnant de l’élection du 7 novembre dernier, a indirectement mis en cause Sékouba Konaté et Jean Marie Doré dans son duel avec Alpha Condé.
C'est dans une grande et belle salle archicomble à Mongallet, à Paris, que le leader de l'UFDG, micro en main dans une aisance, une violence maîtrisée qui sied au propos grave qu’il fallait délivrer à ces milliers, voire des millions d’endeuillés (je crois qu’il a employé le mot).
Dimanche 13 février, ils étaient venus de France, de Belgique, de d’Espagne et d'autres pays européens.
M. Cellou Dalein Diallo, accompagné de ses alliés comme Ibrahima Abé Sylla de la NGR et de Fodé Mohamed Soumahh de la GECI, a dit son engagement, sa détermination pour « le triomphe des valeurs pour lesquelles nous avons décidé de nous battre".
Il fera sien, à quelques mots près, le constat lucide d’Abe Sylla qui l’avait précédé au micro :
" ..L'unité de la Guinée se fera autour des valeurs. Ce ne sera pas autour des ethnies. Ce ne sera pas autour des régions. Je pense qu'il y a un certain nombre de Guinéens attachés à des principes et à des valeurs. Des valeurs que nous partageons. Nous avons beaucoup de ressortissants de la Forêt qui ont le souci de la démocratie, qui veulent combattre l'injustice et la misère en Guinée. Ces Guinéens existent dans toutes les ethnies. Lorsqu'ils se retrouveront autour de ces valeurs, et mèneront le combat, il n’y a aucun doute que la Guinée sortira de la marginalisation dans laquelle elle se trouve."
Les causes de la déroute de l’UFDG et alliés à la présidentielle du 7 novembre dernier ne seront pas mises sous le boisseau.
Après avoir dénoncé et condamné avec la dernière énergie les violences interethniques à l’encontre des Peuls au cours de la campagne du deuxième tour, Cellou Dalein Diallo est revenu sur les causes de son échec. Sur la question, il est catégorique, sans toutefois sauf distraction de ma part, les nommer : Sékouba Konaté, et Jean Marie Doré ont favorisé le candidat Alpha Condé dans la course à " Sékhoutouréyah". Face à des centaines de militants et de sympathisants, Cellou Dalein Diallo a mis en cause les principales autorités de la Transition dans son duel avec Alpha Condé.
L’éloquence dans la fermeté nous a révélé un autre Cellou, un homme d’Etat aux futurs coups de griffes dignes d'affronter victorieusement même un..un tigre.
" Nous avons subi une répression silencieuse, mais brutale. Parfois ouverte. Et, nous n'avions pas d'interlocuteurs. On arrêtait nos jeunes. On confisquait leurs motos. Le RPG nous provoque et on « annonce » que ce sont les militants de ce dernier qu'on a agressés. On vient arrêter nos jeunes. On ne savait pas à l'époque que l'administration était complètement à la dévotion de l’Alliance " Arc-en-ciel". Nous constations l'injustice. On essaie de les libérer. Mais, impossible de trouver un interlocuteur. C'est l’Etat qu'il faut voir, comme nous le croyions. Mais l’Etat était introuvable. C'est comme l'affaire de Siguiri et de Kouroussa. On a été partout pour dire que ça, s'est très grave. C'est un problème trop grave pour qu'on le passe sous silence. Mais, nous n'avions pas d'interlocuteurs. C'est comme ça qu'on a fini par nous rendre compte que tout le monde était contre nous. « Ils » ont décidé qu’il ne fallait à aucun prix, que Cellou accède au pouvoir. Toutes les dispositions ont été prises pour déstabiliser l’UFDG, pour organiser la fraude. Vous avez entendu (parler) du vol de 50 ordinateurs, bien avant les élections, aucune enquête. Les imprimantes ont disparu. Personne ne s'en occupe. Nous, on essaie de parler, pas d'interlocuteur. Toute l'administration était acquise à l'idée qu'il faut tout faire pour que Cellou n'accède pas au pouvoir parce qu'il est peul.
On a fondamentalement perdu les élections par la fraude et la position partisane du gouvernement".
Abordant les débuts de son « vainqueur » de challenger, Cellou Dalein a tenu à rappeler sa philosophie, sa profession de foi politique.
"Nous faisons de la politique pour pouvoir répondre aux attentes des Guinéens"
Dans son discours, Cellou Dalin Diallo n'y est pas allé du dos de la cuiller envers l’étatisation à marche forcée et à géométrie ethniquement variable du régime qui cherche à s’installer confusément en Guinée.
"On n'a pas encore de visibilité de ce que le nouveau gouvernement veut faire. Parce qu'il n’y a toujours pas de déclaration de politique. Mais, si on recoupe certaines déclarations, on pense que le gouvernement veut nationaliser l'importation du riz. Il y a toute une série d'actions qui montrent, en tout cas, qu'il y a un problème. Quelle politique le gouvernement va-t-il mener ? Nous allons donc constituer une opposition qu’il faudra que nous assumions pleinement. Parce que, déjà, les pratiques du nouveau gouvernement nous interpellent, nous inquiètent tous. On ne peut pas accepter que le pays retombe dans la dictature. On ne peut pas accepter que les acquis démocratiques, qui sont le fruit de la lutte menée ces dernières années par nos populations, en 2007 notamment, soient remis en cause."
S’agissant des futures législatives, Cellou Dalein a indiqué que son parti et ses alliés vont y prendre part. Pour cela, il a promis de batailler dur pour que ce scrutin se tienne conformément aux dispositions de la loi. C'est-à-dire, dans les mois à venir. Autant dire que le combat continue. Malgré la défaite à la présidentielle du 7 novembre dernier.
A la question d’un observateur à propos selon ce monsieur, d’une « défectueuse stratégie de communication de l’UFDG et ses alliés », cause éventuelle de l’échec et non pas seulement la complicité des autorités de la Transition pour faire élire coûte que coûte l’autre candidat, Cellou Dalein a courageusement reconnu qu’il y avait là des leçons à tirer.
Au total, tout ceci était plutôt sans surprise. Ce qui est nouveau, c’est la prestation, une véritable performance à "brûler les planches", pleine d’émotion sentie, sincère, malgré la mise en scène d’un spectacle dont la régie devrait être soigneusement revue. Si l’on doit saluer la disponibilité bon enfant des jeunes modérateurs de l’UFDG, il faut dire avec force que le retour à Paris du candidat des Bâtisseurs lors de la première rencontre avec non seulement ses militants, les fédérations du parti, mais aussi avec des sympathisants, des personnalités aux horizons indéfinis, ce retour méritait une organisation professionnelle. Une belle salle, une grande salle qui ne demandait que les services d’un professionnel de la régie, et ceux, même payants, d’un vidéaste. Les couacs constatés en disent un peu plus sur les insuffisances de la communication politique d’entre deux tours. En revanche, la prestation de Cellou était digne d’un professionnel de poids lourds qui, se relevant du tapis où il a failli être KO, compté jusqu’à 12, se relève in extrémis pour administrer un rude punch, qui aux législatives, promet de nous délivrer d’un chaos annoncé par une majorité présidentielle, brouillonne, aux velléités dictatoriales.
Le Cellou de ce meeting nous donne l’espoir d’une opposition nationale transversale, forte et..majoritaire, si Abe Sylla, El Hadj Soumah sont rejoints par Sidya Touré et tous les autres, au-delà même du cercle des premiers alliés, voire par des « déçus de l’arc-en-ciel », a lancé quelqu’un. Pourquoi pas !
Même si les modalités d’opération et de configuration de cette opposition restent à définir.
Saïdou Nour Bokoum
PS : Autre dysfonctionnement qui n’est pas seulement du fait d’une régie défaillante. C’est au hasard d’une question de guineenews ( ?) que Bah Oury, fondateur de l’UFDG, Premier vice-président de ce parti, dans une formule, d’une sagesse de vieux Sioux que comprendront les initiés, a « remercié celui qui lui a donné l’occasion de s’exprimer.. ». En deux passes, il a réfuté la mauvaise guerre qu’on lui a faite pour avoir appelé deux fois une ville morte, décidée par ailleurs par l’assemblée générale de l’UFDG. "On" l'avait même traité de pyromane. "On" commence à mieux voir le camp des « pyromanes ». Cherchez le "coupable" dans ce dernier dysfonctionnement. On (je ne m'exclus pas) a aussi peut-être failli oublier le doyen des doyens, l’infatigable combattant, James Soumah. Il suffit de se rappeler ce qu’il pu dire la dernière fois, mais avec encore plus d’éloquence, en plus bref, ceci expliquant cela..
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