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Maintenant que nous nous engageons sur la ligne droite qui doit nous sortir de l’Etat de non droit, hors du cimetière qui a vu la mise en terre des meilleurs de nos fils, de tous nos espoirs de manger à notre faim, de nous éclairer au moyen de ce que notre sol et notre sous-sol, notre généreuse pluviométrie et la science ont mis à notre disposition, de nous soigner au lieu d’être jetés dans les mouroirs que sont nos hôpitaux, maintenant que nous sommes d’accord que ce sont MM. Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, eux-mêmes d’accord sur le choix du 19 Septembre pour solliciter nos suffrages, afin que l’un des deux conduise notre destin, en engageant les actes et en mettant en place les structures et les hommes qui mettront fin à cinquante deux ans d’une dictature bifide dont le bilan est globalement négatif, inscrit trop souvent en lettres sanglantes ou mortifères :
- Crimes de sang,
- Crimes économiques..
Oublions le passé, remettons le bilan à plus tard, le temps de courir la ligne droite. Oublions ce que fut Cellou Dalein Diallo, haut commis de l’Etat, compagnons actif de "La Horde sauvage », des «.. 12 ou 200 salopards »(1) du règne Conté, dont le lit a été fait par le règne du PDG, oublions le "prédateur" Cellou, « l’homme aux mains sales ». Oublions Alpha « l’homme aux mains propres » qui ne s’est jamais compromis avec le système Conté. Oublions "Alpha qui n’est jamais en Guinée" quand ses militants se font canarder, "qui ne vient au pays que pour se marier", donc rarement, puisque seulement à l’occasion des présidentielles. Oublions son récent mariage avec les caciques d’un PUP qu’il a honni pendant des décennies, qui l’avait d’ailleurs jeté en prison deux ans. Oublions son imminente (?) allégeance "sacramentale" avec le bourreau de Boiro, même si en passant on ne lui prête pas l'intention de s’incliner sur les restes d’ailleurs introuvables de Barry Diawadou et Barry III, (s’il confirme sa visite de la tombe du Suprême des horreurs, ce que je ne souhaite pas, et il faudrait qu'il se rende au sud marocain..).
Nous devons oublier tout cela puisque nous avons déjà oublié cet élan massif, naïf, populaire, qui fut massivement dévoyé par des fraudes massives qui n’ont pas empêché la Cour suprême de valider une élection massivement ethnique. En effet nous avons à faire un choix simple. Ou plutôt rendons simple le choix pour le Guinéen lambda. Qui autrement votera pour Alpha parce qu’il est malinké et pour Cellou parce qu’il est peul. Fondamentalement, il en sera ainsi même si ici et là, on tiendra compte des "casseroles" de Cellou et des "nouvelles amours" ancillaires d’Alpha.
Le Guinéen lambda, c’est aussi celui qui s’est mis debout ou s’est couché en Janvier et en Février 2007. Ce Guinéen n’était ni peul ni malinké. Puisqu’il n’avait qu’une langue :
"Nous voulons le changement".
Il n’est pas besoin d’égrener les mille mots qui désignent ce changement dans les choses et les êtres, réclamé au prix de plus de deux cents morts. Je me contenterai de prendre trois symboles.
Eugène Camara nommé Premier ministre n’a pas tenu plus de 24 heures.
L’assemblée d'alors, dominée par l’Etat PUP, sommée de prolonger l’état de siège pour sabrer l’élan insurrectionnel de Janvier et février a dû dire niet à la haute autorité. Ce n’était pas la personne et l’ethnie de M. Camara qui étaient en jeu. L’Assemblée PUP ne s’était pas sentie investie par une sorte de grâce divine qui l’aurait rendue subitement anti-Conté. Elle avait simplement eu peur.
Enfin comme dans toutes les révolutions, la plupart des symboles et des sièges de l’Autorité disqualifiée, furent saccagés.
Le changement voulu, exigé par le peuple debout, s’est traduit par le sac spectaculaire des symboles et lieux officiels dont certains sont toujours à terre, de cet appareil d’Etat également incarné par des hommes explicitement montrés du doigt, dont la plupart se sont planqués ; les boucliers et l’impunité dont ils jouissaient et se paraient, ayant été traînés dans les caniveaux. Voilà, ce système est toujours en place, réactivé et validé par ces fameux accords tripartites eux-mêmes triturés depuis, par les hoquets de cette lamentable transition. C’est même cet appareil toujours en service qui est l’artisan de ce grand micmac électoral dont il faudra sortir le 19 Septembre.
Comment ?
En procédant au préalable, de façon courageuse, à un lavage de cerveau. Oublier tout ce qu’il y a derrière Alpha et Cellou. Les amener à répondre clairement à deux questions :
Pouvez-vous vous engager formellement à respecter et à réaliser les exigences du peuple de Janvier et Février ? A savoir démanteler systématiquement cet appareil, maître d’ouvre de toutes les ruines de ce pays, en remerciant les quelque deux cents cols blancs qui l'incarnent et qui ont échoué et ont fait échouer le navire guinéen ? Et cela quelles que soient les exigences de vos alliances déjà scellées et celles à venir ?
Et pour que les nouveaux arrivants aux mains propres ne fassent pas la même chose, allez-vous vous engager à faire le bilan des deux républiques pour ausculter le grand malade guinéen, mettre en évidence, non pas les symptômes bien connus dont il souffre, mais les racines de ses maladies ? En clair, allez-vous organiser un vaste débat national pour que se fasse cette thérapie collective qui fera la lumière ou la vérité sur tout ce qui a été enfoui dans l’impunité ou ce qui a été détruit, détourné par l’incompétence et par la corruption ?
Si ces deux questions toutes simples ne s’adressaient qu’aux deux candidats, la course serait toute simple et notre choix aussi. Mais elles nous interpellent tous, au premier chef, nous qui nous mêlons pompeusement d’éclairer la lanterne de la masse. C’est dire qu’il ne faudra pas se contenter des réponses en langue de bois, de tours de passe-passe, de formulaires type annonces google. Il faut que les candidats s’expliquent, avec en point d’orgue un ultime face-à-face d’explications largement médiatisées, pour que l’électeur moyen, « analphabète » vote comme s’il s’agissait d’un référendum. Qu’à la veille du scrutin leur choix soit rendu aussi simple que ces questions :
"Peuple de Guinée, veux-tu conserver ton drapeau tel quel, rouge-jaune-vert ou veux-tu le changer en vert-jaune rouge ?"
Ou :
Veux-tu que la capitale soit Dabola, ou préfères-tu qu’elle reste Conakry ?
Cellou, Alpha, allez-vous respecter la volonté populaire et NATIONALE, et nous débarrasser de cet Etat-système vieux de 52 ans, qui a échoué et qui a été disqualifié par la Nation quasi-unanime en Janvier et février 2007 ?
Les 9 péchés ou qualités qui accablent ou flattent Cellou et Alpha ne font qu’enfler la confusion et enténébrer notre religion. Sinon la question c’est :
OUI OU NON ?
Wa Salam !
Saïdou Nour Bokoum
Note 1) Titres de célèbres Westerns.
www.guineeactu.com
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