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La CEDEAO vient de nommer Blaise comme facilitateur dans la crise guinéenne. J’avoue qu’on aurait pu trouver mieux, même en dehors de la sous région, car rien n’oblige cette organisation à ne choisir qu’un ouest africain : Desmond Tutu (Mandela étant physiquement très épuisé), Chisano, Konaré, Kérékou, J. Kufuor, W. Soyinka, etc. Estimons-nous encore heureux d’avoir échappé à Wade auprès de qui Dadis a trouvé des encouragements pour ensanglanter la Guinée. Ce papy pourri a une lourde responsabilité morale dans ce qui nous arrive.
Contentons-nous de ce qui nous est donné mais en faisant bien comprendre à Blaise Compaoré ce que les Guinéens attendent de lui. Ce qui se passe en Guinée n’est pas une crise, aussi profonde soit-elle, mais un état de guerre : une population paisible a été agressée de l’intérieur par des bandes armées truffées de mercenaires au service de Dadis. Il n’y a rien à négocier avec un criminel de guerre qui n’a même pas eu le courage de la déclarer mais la lâcheté de se mettre à l’abri avant de frapper les civils de son propre pays. On ne discute pas avec un bandit, on l’arrête pour le mettre à la disposition de la justice.
Pour éviter de souffler malencontreusement sur des braises, Blaise Compaoré doit impérativement exiger de Dadis de s’autoproclamer «sinistre bourreau de populations désarmées» et se constituer immédiatement prisonnier auprès de la CEDEAO. Blaise doit dire à Dadis que c’est la meilleure solution pour son intégrité physique. Autrement, il finirait comme Samuel Doe ou Robert Gueï ou encore Bernardo Vieira.
A l’humiliation inqualifiable de nos compatriotes, Dadis a ajouté un crime indescriptible en versant encore leur sang. On ne négocie pas avec un monstre ! Dadis ne doit pas s’échapper mais être arrêté. Pour une fois, on ne doit pas laisser un rat quitter le navire !
Il est significatif de constater qu’après le massacre du 28 septembre 2009, Dadis n’a reçu aucun message de condoléances mais une vague d’indignation. En effet, ce n’est pas une catastrophe naturelle ou le naufrage d’un bateau qui a semé la désolation en Guinée mais un sinistre individu qui a distribué gratuitement la mort ! Actuellement on voit des images terribles de tremblement de terre en Asie du sud-est où des armées nationales sont mises à contribution pour sauver des vies. En Guinée, ce sont des bandits armés, casqués et drogués qui ôtent la vie.
Cependant, Dadis n’a pas le monopole du crime perpétré avec préméditation. Il le partage, même à des degrés divers, avec les autres membres de son CNDD, de son gouvernement, de ses conseillers qui ont accepté de l’être, et de ses hommes de main. Ceux qui cherchent des excuses à Sékouba et à Pivi pour leur «absence» ne sont pas justes à l’égard de Dadis qui, lui aussi, n’était pas physiquement au Stade du 28 Septembre ! Ils ne sont pas blessés qu’à la tête ; ils sont atteints au cerveau ! Que les confusionnistes aboient, la confusion ne passera pas.
C’est aussi l’occasion de dénoncer le comportement irresponsable de certains compatriotes qui, au nom d’un soi-disant pluralisme d’opinions, se servent du web pour cultiver la haine et semer la division en supportant directement ou indirectement des criminels. Un délit n’est pas une opinion et doit être puni. Lors d’un récent déplacement dans le pays, le criminel Dadis s’est arrangé financièrement (grâce aux ressources de l’Etat) et de façon grotesque à recevoir les clés d’une ville (pas des villas qu’il possèderait déjà). Ceux qui se sont prêtés honteusement à ce montage grossier (alors qu’ils sont censés avoir de quoi se nourrir) n’ont pas donné des clés d’ouverture pour un quelconque dialogue national mais un auto verrouillage devant l’histoire. Après cette fermeture, Dadis a perdu les clés dès le 28 septembre 2009.
Dans sa mission, Blaise n’a pas droit à l’échec. Ce n’est pas comme en médecine ; il a une obligation de résultat. A lui de s’en donner les moyens en demandant la dissolution de la brigade « dadisienne » et l’arrestation de ses membres pour avoir obéi à des ordres criminels, la démilitarisation du pays, notamment de la presqu’île du Kaloum, et l’interposition d’une force multinationale pour sécuriser les civils, etc.
Je l’ai dit et je le redis : aucune menace extérieure ne pèse sur la Guinée qui, de ce fait, n’a pas besoin d’armée. Personne n’a l’intention de nous bombarder ou de nous envahir. Le danger est intérieur et provient exclusivement de bandes armées composées en partie de non nationaux. Dadis est un criminel qui tue ses compatriotes par étrangers interposés. Voilà son patriotisme tant vanté par ses fervents supporters qui transpirent sur le clavier plus qu’ils ne pleurent des morts. Aux larmes, citoyens ! Quelle émotion !
Ce n’est pas le moment de s’incliner devant les victimes, on le fera après. Ce qu’il faut maintenant, c’est plutôt de se relever et de traquer les rats !
Ibrahima Kylé Diallo
www.guineeactu.com
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