mardi 6 octobre 2009
Ce qu’il faut exiger de Blaise Compaoré
I. Kylé Diallo

La CEDEAO vient de nommer Blaise comme facilitateur dans la crise guinéenne. J’avoue qu’on aurait pu trouver mieux, même en dehors de la sous région, car rien n’oblige cette organisation à ne choisir qu’un ouest africain : Desmond Tutu (Mandela étant physiquement très épuisé), Chisano, Konaré, Kérékou, J. Kufuor, W. Soyinka, etc. Estimons-nous encore heureux d’avoir échappé à Wade auprès de qui Dadis a trouvé des encouragements pour ensanglanter la Guinée. Ce papy pourri a une lourde responsabilité morale dans ce qui nous arrive.

 

Contentons-nous de ce qui nous est donné mais en faisant bien comprendre à Blaise Compaoré ce que les Guinéens attendent de lui. Ce qui se passe en Guinée n’est pas une crise, aussi profonde soit-elle, mais un état de guerre : une population paisible a été agressée de l’intérieur par des bandes armées truffées de mercenaires au service de Dadis. Il n’y a rien à négocier avec un criminel de guerre qui n’a même pas eu le courage de la déclarer mais la lâcheté de se mettre à l’abri avant de frapper les civils de son propre pays. On ne discute pas avec un bandit, on l’arrête pour le mettre à la disposition de la justice.

 

Pour éviter de souffler malencontreusement sur des braises, Blaise Compaoré doit impérativement exiger de Dadis de s’autoproclamer «sinistre bourreau de populations désarmées» et se constituer immédiatement prisonnier auprès de la CEDEAO. Blaise doit dire à Dadis que c’est la meilleure solution pour son intégrité physique. Autrement, il finirait comme Samuel Doe ou Robert Gueï ou encore Bernardo Vieira.

 

A l’humiliation inqualifiable de nos compatriotes, Dadis a ajouté un crime indescriptible en versant encore leur sang. On ne négocie pas avec un monstre ! Dadis ne doit pas s’échapper mais être arrêté. Pour une fois, on ne doit pas laisser un rat quitter le navire !

 

Il est significatif de constater qu’après le massacre du 28 septembre 2009, Dadis n’a reçu aucun message de condoléances mais une vague d’indignation. En effet, ce n’est pas une catastrophe naturelle ou le naufrage d’un bateau qui a semé la désolation en Guinée mais un sinistre individu qui a distribué gratuitement la mort ! Actuellement on voit des images terribles de tremblement de terre en Asie du sud-est où des armées nationales sont mises à contribution pour sauver des vies. En Guinée, ce sont des bandits armés, casqués et drogués qui ôtent la vie.

 

Cependant, Dadis n’a pas le monopole du crime perpétré avec préméditation. Il le partage, même à des degrés divers, avec les autres membres de son CNDD, de son gouvernement, de ses conseillers qui ont accepté de l’être, et de ses hommes de main. Ceux qui cherchent des excuses à Sékouba et à Pivi pour leur «absence» ne sont pas justes à l’égard de Dadis qui, lui aussi, n’était pas physiquement au Stade du 28 Septembre ! Ils ne sont pas blessés qu’à la tête ; ils sont atteints au cerveau ! Que les confusionnistes aboient, la confusion ne passera pas.

 

C’est aussi l’occasion de dénoncer le comportement irresponsable de certains compatriotes qui, au nom d’un soi-disant pluralisme d’opinions, se servent du web pour cultiver la haine et semer la division en supportant directement ou indirectement des criminels. Un délit n’est pas une opinion et doit être puni. Lors d’un récent déplacement dans le pays, le criminel Dadis s’est arrangé financièrement (grâce aux ressources de l’Etat) et de façon grotesque à recevoir les clés d’une ville (pas des villas qu’il possèderait déjà). Ceux qui se sont prêtés honteusement à ce montage grossier (alors qu’ils sont censés avoir de quoi se nourrir) n’ont pas donné des clés d’ouverture pour un quelconque dialogue national mais un auto verrouillage devant l’histoire. Après cette fermeture, Dadis a perdu les clés dès le 28 septembre 2009.

 

Dans sa mission, Blaise n’a pas droit à l’échec. Ce n’est pas comme en médecine ; il a une obligation de résultat. A lui de s’en donner les moyens en demandant la dissolution de la brigade « dadisienne » et l’arrestation de ses membres pour avoir obéi à des ordres criminels, la démilitarisation du pays, notamment de la presqu’île du Kaloum, et l’interposition d’une force multinationale pour sécuriser les civils, etc.

 

Je l’ai dit et je le redis : aucune menace extérieure ne pèse sur la Guinée qui, de ce fait, n’a pas besoin d’armée. Personne n’a l’intention de nous bombarder ou de nous envahir. Le danger est intérieur et provient exclusivement de bandes armées composées en partie de non nationaux. Dadis est un criminel qui tue ses compatriotes par étrangers interposés. Voilà son patriotisme tant vanté par ses fervents supporters qui transpirent sur le clavier plus qu’ils ne pleurent des morts. Aux larmes, citoyens ! Quelle émotion !

 

Ce n’est pas le moment de s’incliner devant les victimes, on le fera après. Ce qu’il faut maintenant, c’est plutôt de se relever et de traquer les rats !

 

 

Ibrahima Kylé Diallo

 

 

www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Habib Diallo, mercredi 7 octobre 2009
Mr Ouamouno David, en 2006 et 2007 c’est Dadis et son groupe qui avaient encore tue des Guineens pour sauver Conte et son pouvoir. Nous avons accepte en ce temps un gouvernement d’union nationale pour avoir la paix. En 2008, les memes personnes recidivent avec plus de haine et de mepris en 2009. Quand est-ce que les africains arreterons d’etre des GRANDS ENFANTS? Notre pays est une Republique avec des lois et des regles. Seuls les enfants et les animaux ne comprennent pas le pourquoi et l’importance des lois dans une societe. C’est pour cette raison que toutes les societes humaines ont determine un age majeur afin de tenir l’individu responsable de ses actes. Si nous perdons encore notre temps a debattre s’il faut partager le pouvoir avec ce groupe de criminels au lieu de les inculper, je ne peux que conclure que les AFRICAINS SONT DES GRANDS ENFANTS. Si ca nous prend 1000 ans pour changer cet etat, ca prendra 1000 ans pour que les africains vivent en paix chez eux.
Yussuf Barry, mardi 6 octobre 2009
David, Ce qu’il faut comprendre c’est que nous avons affaire, a la branche de l’armée la plus téméraire. Je m’explique nous avons en face de nous un gang de malfaiteurs ni plus ni moins. Ils ont fait diversion avec leurs interrogatoires, retransmis en direct a la Rtg (Outil de propagande du gang) le temps pour eus de se mettre en place (détourner, blanchir, réinvestir). Lors ce qu’ont m’avait dit que du sang coulerait en Guinée, sous ce régime je soutenais que non, car comme pas mal de monde je le pensais sincère. Aujourd’hui il faut que la communauté internationale reste sur une position ferme, vis-à-vis de ces mafieux.
OUMAR BAH, mardi 6 octobre 2009
Monsieur DAVID,vous savez pourquoi on ne peut pas dialoguer avec Dadis Camara,C`est que les forces l`ont fait pour aumoins 8 mois,tout ce temps rien a evolue,tout ce qu`on vu c`est la volonte de Dadis de rester au pouvoir et d`ecarter tout le monde a la gestion du pays en tout cas tous ceux qui lui disent"je suis pas d`accord".Il a condamne des gens gratuitement,tue des personnes et vous nous parler encore de dialogue.Apres les 2 revolutions francaises,personne n`a ose venir pietiner le peuple francais,vous allez me dire peut etre que la GUINEE est differente de la FRANCE,en quoi le peuple de GUINEE de 2009 est il different du peuple francais de 1789,tous ont vecu dans la merpis de l`administration pulbique.Pour etre libre il faut se battre.Je vois renvoi la balle,il est facikl de dire a des milliers de kilometres d`aller negocier avec des assassins et des gens qui ont voulu voud tue mais qui n`ont pas eu la chance de le faire.DADIS veut etre president,il veut diriger ce pays a sa maniere et comme ca le plait.Il faut qu`il n`est aucun pouvoir millitaire,ni civil,il faut que DADIS s`en aille loin de la GUINEE qu`on l`oubli.Vous parlez de guerre,mais tout ce qu`on demande c`est son depart et non sa mort,aumoins les guineens veulent qu`il soit juger mais lui a viole et tue,on dirait que vous n`avez pedu aucun proche pendant ces evenements,c`est pourquoi vous parlez toujours de dialogue,les guineens ont traite les politiciens de laches,d`incapable pendant qu`ils faisaient de leur mieux pour eviter qu`on en soit la,et DADIS a tout fait pour eviter le dialogue.les injures du bebe president sont de trop.
OUAMOUNO DAVID, mardi 6 octobre 2009
Il est très facile de demander le départ de Daddis quand on est à des milliers de kilomètres de la Guinée. la situation guinéenne n`a rien qui peut justifier l`envoi d`une force d`interposition. Partout où l`idée a été usitée, on connait le reste. cette bande de militaires qui est entrain de tirer sur des civils, n`est qu`un groupuscule au sein de l`armée.ils ont sevit au temps de Conté et l`impunité leur a permis de recidiver. plutot ce qu`il faut faire, c`est de demander aux Forces vives d`accepter de dialoguer avec Daddis, pour eviter à la Guinée une guerre fratricide.Parce qu`il est perçeptible dans les discussions entre frères guinéens: les positions se renforcent, d`aucuns pensent qu`il leur revient le droit d`etre au commande, d`autres pensent qu`ils sont blamés de par leur inferiorité dans le pays. la seule solution favorable à la Guinée, c`est le dialogue. Parce que personne ne cherche à savoir ce qui a amené Daddis à donner des signes de sa probable candidature à l`election presidentielle. Personne ne se demande la position de l`armée quant au depart de Daddis.Pour eviter à la Guinée, cet eternel recommencement, le médiateur Compaoré, doit amener les frères guinéens à renouer avec le dialogue, pourquoi pas former un gouvernement d`union nationale.
Barry A., mardi 6 octobre 2009
Magistral, Mr Diallo. Votre écriture me conforte après avoir lu celle de Mr Kourouma Jacques qui est plus que confus, cynique. Même le bain de sang du lundi 28 septembre 09 n’a pas eut raison de son entêtement à supporter ce malade mental à la tête de notre Etat. Que Jacques s’incline jusqu’à la septième terre, s’il le veut, mais pour le déshonneur de sa frange républicaine et de ses « jeunes patriotes à lui ». Surtout pas à la mémoire des combattants contre le système rétrograde et inhumain qu’il défend. Tenons bons Mr Diallo. Nous savons que même des créatures comme Hitler avaient leurs têtes pensantes, leurs hommes de main, leurs conseillers, leurs sympathisants et leurs avocats défenseurs. N’empêchent qu’ils furent tous vaincus. Alors en avant mesdames et messieurs les défenseurs de la liberté et de la démocratie gages certains d’un Etat de droit.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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