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Abdoul W. Baldé, mécanicien, réside au quartier Cosa dans la Commune de Ratoma. Il est l’un des rescapés du carnage du 28 septembre passé. L’assaut de la garde présidentielle l’a trouvé sur les gradins du stade du 28 septembre. Il a pu s’extraire du bourbier en allant du côté de l’université de Conakry. Malheureusement, il se serait fait arrêter par un autre groupe de militaires, qui ratissait tous les quartiers qui environnent le stade.
Il s’est confié à notre reporter. Voici son récit : « Dans un qui-vive extrême, j’implorais Dieu de m’avoir sauvé de ce massacre. Mais quelque temps après je tombe devant un groupe de militaires armés de matraques, de machettes, d’armes de guerre. Ils tiraient sur ceux qui voulaient s’enfuir. Terrifié, je m’arrête. Ils me font embarquer dans un camion. Délesté de tout ce que j’avais (phone, argent) et une fois le camion rempli, on nous a envoyés au Camp Alpha Yaya, plus précisément à la Présidence. Là, un autre groupe de militaires prend nos noms. C’est le début du supplice la quarantaine de gens que nous faisions. Moi, on m’a jeté contre le mur et j’ai perdu connaissance. Par la suite, un agent m’a marché sur le bras droit pendant que j’étais couché à même le sol. J’ai eu le bras cassé. Puis, ils nous ont battus sauvagement. Après ce calvaire, on nous amène chez le ministre chargé de la Lutte antidrogue et le grand banditisme, Commandant Moussa Tiègboro Camara qui a intimé l'ordre à ses hommes de nous séquestrer. De ce lundi 28 septembre au jeudi 01 octobre, nous étions enfermés nourriture. C’est ce jeudi qu’on nous a envoyés à la prison du PM3. Là, nous avons trouvé des détenus qui avaient des téléphones. Ils nous ont aidés à signaler à nos parents notre présence. Mais, l’arrivée des parents au PM3 va accentuer la colère de nos tortionnaires. Ces derniers nous ont molestés tout en tenant des propos ethniques tels que : ‘’En tout cas si vous voulez le pouvoir, nous, nous l’avons ramassé par terre. Personne ne va nous forcer de le poser par terre. Vous les…on va mettre fin à vos agitations. Et puis, donner les devises que Cellou Dalein vous a données sinon nous allons vous massacrer un à un’’ ». Raconte Abdoul Wahab Baldé.
Selon lui, c’est la visite du médiateur désigné par la Communauté des Etats de l’Afrique de Ouest (CEDEAO) le président du Burkina Faso Blaise Compaoré a mis fin à leur descente aux enfers. Sorti du PM3 le jeudi 5 octobre, c’est le lendemain qu’il a pu passer sa radio au CHU de Donka à ses propres frais, dit-il. Ensuite, sur recommandation d’un médecin, il se fera plâtrer le bras à la Traumatologie.
Richard Tamoné Keïta L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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