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En 1991, un ami, aujourd’hui disparu, m’apprit un jour que le candidat victorieux aux élections communales de Kaloum (Centre-ville de Conakry) serait heureux de me compter parmi ses invités à dîner d’un soir. Nous nous retrouvâmes donc dans l’une des meilleures tables de la capitale, en banlieue, où nous poursuivîmes fort tard le dîner par une conversation à bâtons rompus sur tout et rien.
Les circonstances du vote s’invitèrent dans l’échange et notre hôte ne put s’empêcher de nous narrer une anecdote qui apportait l’intangible preuve du déficit d’information, d’explication et de sensibilisation des populations à la chose politique…
En effet sa tante, car il s’agissait d’une parente, revint le soir de la consultation et lui brandit sous le nez son propre bulletin à lui en lui lançant fièrement :
- Regarde, fiston, j’ai voté pour toi! La-la-lèèreu !!!!!!!!! On les aura, tu verras ! Nous allons gagner !
Evidemment, cette bourde électorale doit être perçue comme la partie émergée de l’iceberg de l’ignorance, du manque de discernement quant au choix d’un candidat, etc… sur toute l’étendue du territoire guinéen. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’actuel Président de la République , le Capitaine «Dadis», en a fait un de ses chevaux de bataille, lui qui a depuis longtemps réalisé que cet écueil demeurera l’une des plus importantes pierres d’achoppement des responsables guinéen s dans leur volonté d’éveiller les consciences du pays à des choix réfléchis, clairvoyants et nimbés de toute le discernement de circonstance quand viendra l’heure des échéances législatives et présidentielles…ou vice-versa.
La quasi-totalité des Guinéens ont perçu chez l’homme - «Dadis» - cette ferme et inébranlable volonté, cette énergie absolue, cette inclination acharnée à vouloir tout faire pour que, demain, quand le moment viendra, la citoyenne guinéenne, le citoyen guinéen, véritable acteur d’un authentique et profond changement, que le votant donc fasse son devoir électoral en connaissance de cause(s), en tenant par exemple compte de critères reposant sur :
- d’abord et avant tout, un choix de SOCIETE (Avenir, long terme…).
- des bases excluant tout relent ethnocentrique, régional quand il n’est pas racial ou religieux…
- le fait d’épouser les idées qui, à priori, vont dans le sens d’un partage le plus équitable mais le plus exhaustif aussi possible, des fruits (enfin) d’une éventuelle croissance.
- l’idée d’une certaine harmonie voire d’une homogénéité dans les efforts et résultats de toute acte, de toute réalisation dans l’avancée concomitante de toute mutation industrielle, commerciale, sociale, économique et culturelle du territoire.
On sent filtrer des paroles et actes posés au jour le jour chez «Dadis» et, comme quand on observe le filigrane d’un billet de banque à la lumière, on sent donc cette volonté, inédite dans l’histoire de la Guinée , de donner équitablement la même chose à tous les fils du pays, où qu’ils soient et qui qu’ils soient.
Aussi bien face à une importante délégation des sages de la basse Guinée venue lui faire allégeance que (voir le J.T. du 18 Janvier 2009 sur certains sites) devant des ressortissants se réclamant ses «cousins» proches de la région forestière, «Dadis», sans se démonter, a assené devant tous les guinéens qu’il faut dépasser les dérisoires barrières ethniques et régionales pour se cristalliser et se cristalliser uniquement autour de ce que je n’ai personnellement pas cessé, depuis de nombreuses années, d’appeler NOTRE DENOMINATEUR COMMUN.
En effet si chaque Baga, Landouma, Mikhifôrè, Sössöé, Moriyâka, Toukouleur, Kaldouyankè, Sèrèyankè, Poullhö, Badiarankè, Tömaaka, K’Pèlèka, G’Bèrcè, Koniankè, Maninkamory, Nalou, «Des Iles», Métis, français d’origine guinéenne, Libanais d’origine guinéenne, Grec ou Syrien d’origine guinéenne, Japonais d’origine guinéenne, etc…si chaque résident d’un quartier, d’un hameau, d’un village, de la moindre localité de la Guinée s’arroge le droit d’aller faire les louanges de « Dadis » afin de sensibiliser ce dernier à l’émergence de son petit lopin de terre, de sa surface de survie, nous nous acheminons droit vers le mur de l’IMPLOSION de la Guinée.
C’est du moins le sentiment de soulagement et de quiétude que j’ai éprouvé dès les premiers mots prononcés par l’homme - Dadis - qui, vivant comme tous ses compatriotes sur le terrain, au quotidien, au jour le jour, cette promiscuité voulut par DIEU seul, sait combien le sol guinéen est miné par de noirs desseins.
- Miné par les pires des pires ennemis de la Guinée, à savoir les démagogues, les saboteurs, les fourbes et autres félons.
- Miné par des femmes et des hommes habités uniquement par cette néfaste volonté de s’arc bouter sur des privilèges jadis amassés par la fraude, le vol, les détournements, la prévarication, le clientélisme et les louanges.
- Miné par des personnes qui sentent inexorablement leur échapper à tout jamais les rennes d’une vache à lait qu’ils ont traite à tout va, qu’ils ont saignée à blanc et mise pratiquement à genoux.
Dadis - c’est notre LULA à nous - a compris, senti, pressenti que son premier et plus important combat est et sera d’amener les guinéennes et les guinéens à accoler de manière irréversible, non négociable et unilatérale aux autres emblèmes que sont l’Hymne, le Drapeau et la Devise guinéens une nouvelle entité, entité qui pourrait s’avérer plus significative et, sinon plus importante, à tout le moins aussi garante de la cohésion du pays et l’essence même du QUATRIEME SYMBOLE de la Guinée :
L’UNITE NATIONALE
Si une famille, un hameau, un village, une ville et, à plus forte raison un pays, n’ont rien en commun, alors la vitale nécessité de cohabiter aura disparu à jamais.
C’est pourquoi il est suggéré ici à Dadis et au C.N.D.D. d’une part, mais aussi à la mobilisation du Gouvernement d’autre part, il leur est donc suggéré de constituer aussitôt que possible UNE CARAVANE DE LA DEMOCRATIE.
Sous les deux Régimes qui viennent de vivre la fameuse trilogie de la Naissance, l’Apogée et le Déclin, il est notoire que tous les scrutins qui ont, sans exclusive, jalonné son histoire – sur tous les plans – furent entachés des fraudes les plus insupportables. Mais comme les Pouvoirs avaient la FORCE pour eux, la raison du plus fort avait prévalu et l’avait toujours emporté.
Faisant alors contre mauvaise fortune bon cœur, les populations, et à travers elles leurs expressions respectives (les Partis Politiques notamment) ont subi de façon arbitraire la chape des deux dictatures que tout le monde connaît…
Si tant est que le C.N.D.D. et, à travers sa délégation de pouvoir(s) administrative (Le Gouvernement mais surtout la « nouvelle Administration ») veut d’un HISTORIQUE TOURNANT de la vie socio politique de la Guinée, Dadis doit constituer une EQUIPE emmenée par exemple par son NUMERO-2 (ou 3) qui prenne son bâton de pèlerin et conduise une CARAVANE DE LA DEMOCRATIE à travers toute la Guinée pour s’adonner à :
- Une campagne la plus exhaustive et circonstanciée possible d’EXPLICATION (en quoi consiste un VOTE pour les idées et non pour le beau garçon ou la belle fille qui s’est porté(e) candidat(e)…)
- La meilleure campagne de SENSIBILISATION (Ne voir dans les conséquences de son choix de candidat et sociétés proposés que les incidences sur l’avenir et pour l’avenir de la Guinée et de ses citoyens…).
Remettre sur le métier, comme Dadis vient de le faire à ses «cousins» de Guinée Profonde, rabâcher à en faire mal aux oreilles, répéter à en vriller les tympans, redire et redire les mêmes thèmes à provoquer des réveils nocturnes chez les guinéens le MÊME DISCOURS SUR LE THEME DE L’UNION.
Pour ne surtout pas être taxé de s’adonner à une campagne électorale déguisée, à une séduction préventive du Peuple qui ne dit pas son nom, DADIS devra s’abstenir de conduire cette CARAVANE. Lui a, de toutes les façons, suffisamment à s’occuper dans la capitale à anticiper sur quelque(s) risque(s) de dérapage(s) que ce soient…
Cette «Caravane» qui aura précédé toute tournée de quelque entité que ce soit (C.E.N.I., Administration qui sera mise en garde contre toute récupération et à plus forte raison instrumentalisation, délégations puis leaders de partis politiques, etc…) cette Caravane donc aura eu pour mission de préparer les guinéens à comprendre que trois, quatre, six fois – ou plus selon les circonstances – par an ils sont les maîtres de leurs destins. A chaque scrutin, à chaque échéance électorale, force leur revient de décider du choix de leurs meneurs, leurs représentants, leurs porte-voix, ceux qui auront la lourde charge de leurs destins et avenirs à eux durant un ou des mandats...
Nous savons tous le déficit d’instruction dont soufre la Guinée. Toute personne en ayant alors la possibilité et la disponibilité (au premier rang desquelles les élèves et étudiants) aura l’impérieux devoir d’expliquer et expliciter les méandres, les arcanes et les complexités de l’ACTE DE VOTE ET SES INCIDENCES sur l’avenir d’un citoyen à ses parents et relations qui ne seraient pas au fait de ce geste civique, à priori anodin dans sa pratique ponctuelle, mais aux conséquences oh combien importantes.
C’est en Occident que l’on prend la mesure (et on vient, aux USA, d’en voir le plus frappant et parlant exemple) de la place qu’occupe UN ELECTEUR. Ces observations doivent alors nous inspirer et servir d’exemples sans verser dans une mimique ou une quelconque singerie béate.
Bonnes lecture et méditation à tous !
Bali De Yeimbérein, écrivain pour www.guineeactu.com
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