dimanche 8 mars 2009
Capitaine Ousmane Conté, narcotrafiquant : Comment le fils a-t-il été « écarté » de la succession de son père
Ousmane Conté

Les observateurs qui en doutaient jusque-là sont aujourd’hui réduits à se demander comment le fils aîné du défunt président Lansana Conté a pu verser dans le trafic de drogue. Certains vont ainsi jusqu’à expliquer que le capitaine Ousmane Conté est tombé dans le piège de ceux qui voulaient l’écarter de la course à la succession de son père. Vrai ou faux ? Rien n’est moins sûr.

Le capitaine Ousmane Conté est aujourd’hui aux arrêts au Camp Alpha Yaya Diallo. Le fils aîné du défunt président guinéen général Lansana Conté a avoué son implication dans le trafic de drogue dans notre pays. Un fléau dont on a pu se rendre compte qu’il avait pris des proportions inquiétantes au travers des deux débats télévisés conduits par le président de la République et du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) le capitaine Moussa Dadis Camara. Le capitaine Ousmane Conté qui n’a pas été soumis au jeu de question-réponse du chef de l’Etat, s’est contenté d’une déclaration tenue sur son lit de malade. Son aveu a aussitôt fait le tour du monde, suscitant à la fois indignation et interrogations sur l’implication du fils de celui qui a commandé la Guinée pendant près de 25 ans. Et bonjour les commentaires sur ce qui a bien pu pousser ce militaire à papa à se livrer à une activité criminelle comme le trafic de drogue alors qu’il devait être un modèle de comportement dans son pays. Pourquoi n’a-t-il pas voulu un destin enviable à l’image des actuels présidents Joseph Kabila du Congo et Faure Gnassimgbé du Togo, deux fils de présidents ayant tous succédé à leurs pères ? Autre exemple : Karim Wade, fils aîné de l’actuel président du Sénégal dont la presse sénégalaise dit qu’il se prépare pour succéder à son père Abdoulaye Wade.

Loin de vouloir souscrire au mode de succession de père en fils à la tête des Etats africains, ces exemples permettent de montrer la place qu’occupent habituellement les progénitures des chefs d’Etat sur le continent africain. Après avoir fréquenté de grandes universités occidentales, ils ont souvent évolué à l’ombre et dans le sillage de leurs pères comme s’ils apprenaient déjà à exercer le pouvoir. Le capitaine Ousmane Conté qui a reconnu avoir participé au trafic de drogue n’est peut-être pas une exception en Afrique mais il fait figure de cas d’école. Car, jusqu’à une date très récente, certaines mauvaises langues prêtaient au général Lansana Conté l’intention de vouloir passer le témoin à son fils aîné. Des indiscrétions étaient d’ailleurs allées jusqu’à révéler que le général Lansana Conté s’en étaient ouvert un jour. C’était, semble-t-il, lors d’une réunion restreinte entre le chef d’Etat d’alors et la haute hiérarchie militaire. Des voix se seraient alors opposées à cette volonté présidentielle. Vrai ou faux ? Rien n’est moins sûr. Toujours est-il qu’il n’est pas à exclure que le général Lansana Conté ait ambitionné un destin national pour son fils aîné. Mais seulement, s’est-il résigné au final à y renoncer au regard de la direction peu honorable qu’avait prise le capitaine Ousmane Conté ? Difficile de répondre avec certitude. En tout cas, certains s’accordent à dire que c’est de guerre lasse que le général Lansana Conté aurait renoncé à voir son fils le remplacer. Mais non sans en vouloir à certains de ses collaborateurs (militaires et civils) qui auraient exploité le penchant de son fils pour certains vices.

En effet, certaines mauvaises langues expliquent que le capitaine Ousmane Conté a été entraîné dans ce trafic de drogue par des gens qui voulaient faire échec à l’intention du général Lansana Conté de préparer son fils. Ce dernier qui montrait déjà des prédispositions à verser dans certains travers est tombé dans le piège tendu par ceux qui s’activaient à activer la guerre de succession. Qui, faut-il le reconnaître, a commencé bien avant la maladie du défunt président. Conséquence, le général Lansana Conté qui aurait tardivement compris le manège machiavélique de certains membres de son entourage en prendra ombrage pour le restant de sa vie. C’est alors qu’il se serait juré de prendre sa revanche sur ceux-là qui avaient fait fourvoyer son fils. En quoi faisant ? En déjouant leur stratagème visant à bénéficier eux-mêmes du trône. Certes, le Général a laissé les uns et les autres animer la guerre de succession qui a tant fait rage. Mais, en fin stratège, il les a tous disqualifiés sans qu’ils ne s’en rendent compte. Ainsi, certains observateurs en veulent pour preuve l’humiliation infligée par la troupe à certains officiers supérieurs de l’armée guinéenne. Chose qu’il a presque laissé faire. Ces officiers étaient accusés par la jeune génération d’être à l’origine de tous les maux dont souffre la Grande Muette guinéenne.

L’actuel homme fort du pays, le capitaine moussa Dadis Camara ne se lasse d’ailleurs pas de les pourfendre à cause de leurs comportements. Ce, après avoir envoyé à la retraite 23 généraux à la fois. En mettant en selle de jeunes officiers qui flanquaient la trouille à la haute hiérarchie militaire, le général Lansana Conté avait réduit à néant toute chance pour eux de lui succéder. Aujourd’hui, c’est chose faite avec l’avènement du CNDD. L’autre variante de ceux qui auraient poussé le fils aîné du défunt président à la perdition se recrute parmi les hauts cadres civils qui faisaient mine de servir le général Lansana Conté alors qu’ils se servaient de lui, pour reprendre les propos du Moussa Dadis Camara. Le ballet de faux dauphins parmi ces cadres civils fut tellement frénétique dans la haute sphère de l’administration que la Guinée battait le record d’instabilité au sommet. Les « hommes forts » et autres « hommes de confiance » se succédaient à la vitesse d’un clip. Chacun se berçant de l’illusion qu’il est bien placé cette fois-ci pour s’emparer du pouvoir suprême. Une illusion qui a fini en eau de boudin. Y compris pour les présidents des institutions républicaines. Ces institutions qui n’étaient que l’ombre d’elles-mêmes en réalité. Le président de l’Assemblée nationale n’a-t-il pas d’ailleurs perdu la partie de bras de fer qu’il avait engagée avec le CNDD autour de la succession du président Conté décédé le 22 décembre 2008.

Comme on le voit, le cas du capitaine Ousmane Conté défraie la chronique et apporte de l’eau au moulin de ceux qui avaient estimé que l’implication du fils aîné du défunt Général dans le trafic en Guinée pourrait avoir aggravé l’impunité dont profitaient les narcotrafiquants. Même si Ousmane Conté s’est défendu d’en être le parrain. A l’évidence, le capitaine que les folles rumeurs de Conakry avaient tué le week-end dernier pourrait avoir des choses intéressantes à révéler, y compris comment en tant que fils aîné du chef de l’Etat, il a pu basculer dans un trafic aussi honteux. Saturnin Bangoura (petit frère de l’ex Première dame Henriette Conté) qui a également reconnu être impliqué dans le narcotrafic n’a-t-pas dit : « je suis la honte de ma famille » ? Que dira, pour sa part, le capitaine Ousmane Conté ?  

Talibé Barry
L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
victor diallo, lundi 9 mars 2009
Toute la famille conte etait dans cette affaire de drogue.Dadis please do not forget about HENRIETTE SHE is the so called"marraine".
Abdoulaye Keita, lundi 9 mars 2009
Encore Mr Barry vous voulez trouver de pauvres guioneens a accuser pour l`egarement du fils du genral Conte. Au lieu de reconnaitre la responsabilite du genral sur la delinquence juvenile en Guinee sous son regne, vous accusez son entourage. Est ce une naivete ou un simple manque de maturite intellectuelle? Conte a detrit la Guinee, meme sa famille. Il ne faut pas rabaisser ce grand journal que l`Independant. Cessez d`ecrire des idioties pareilles.
Bangaly Traore, dimanche 8 mars 2009
Ousmane conte 198ans de prison pour crime contre le peuple de guinee.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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