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Lettre Ouverte au Président Konaté
Monsieur Le Président,
En notant votre volonté exprimée de réhabiliter l’Etat guinéen en vue d’établir un esprit de loi et de justice à travers toutes les institutions de la République, nous souhaitons respectueusement attirer votre attention sur le cas notoire d’abus, sinon de banditisme, que mène le Préfet de Dubreka, le capitaine Mamadou Bomdabon Camara, au nom de l’autorité administrative que lui confère son titre.
Pendant le temps que le Capitaine Bomdabon est à la tête de la préfecture de Dubreka, il se comporte non pas en Administrateur au service du peuple, mais comme un brigand en pays conquis. En ciblant les couches sociales les plus vulnérables, particulièrement les pauvres et les vieux, cet individu et ses complices terrorisent les petits propriétaires de lopins de terre qui n’ont pas d’argent pour lui payer des rackets ou des rançons, et qui n’ont personne pour les protéger ou les défendre. Dans l’illégalité absolue, ils démolissent, exproprient et volent des résidences habitées, en expulsant dans la rue les légitimes propriétaires. Ils s’accaparent massivement des terrains – publics et privés – sur base de faux prétextes, pour les revendre au plus offrant, et bien sûr en empochant les recettes. Sans la moindre justification, ils harassent, humilient ou brutalisent de paisibles citoyens dont le seul crime est de posséder une espace convoité par le préfet ou un de ses nombreux acolytes et partenaires en crimes.
Parmi les nombreux cas que nous avons répertoriés et documentés depuis des mois, permettez que nous vous relations celui de M. Mamadou Djan Diallo. Le cas de M. Diallo est aussi poignant que typique : 69 ans, enseignant de profession, il a servi pendant plus de 30 ans dans les écoles publiques de Dubreka avant de prendre sa retraite en 1999.
Sans préavis – excepté pour une croix rouge peinte sur les murs – la maison, située au carrefour Km 5 de Dubreka, que M. Diallo bâtit de ses propres mains, sur un terrain acquis légitimement, et qu’il habita pendant 30 ans, fut soudainement rasée au bulldozer. Du coup, lui et sa famille se retrouvent dans la rue, sans abris ni possessions. Et, comble d’ironie, il fallut que M. Diallo se cache pour éviter la colère du Préfet qui menaçait de « l’enfermer » s’il osait parler de l’injustice dont il est victime.
Après enquête, nous avons déterminé que l’éviction de Monsieur Diallo est le résultat de combine entre Bomdabon et Hawa Barry. Madame Hawa Barry est une femme d’affaires, pour ne pas dire un escroc. Par des moyens obscurs que nous ne connaissons pas, elle s’est approprié la Station d’essence du carrefour KM 5 de Dubreka (qui précédemment était une propriété gouvernementale), devenant ainsi le voisin immédiat de Monsieur Diallo. Après avoir acquis la maison de Fatou Linsan qui est contiguë à celle de M. Diallo, Madame Hawa Barry essaya de convaincre Monsieur Diallo de lui céder son espace pour étendre sa station d’essence. Mais Monsieur Diallo n’était pas prêt à revendre, puisqu’il n’a nulle part ailleurs pour vivre. L’état des choses resta tel quel pendant des années, jusqu'à la nomination de Bomdabon comme préfet et celle de Madame Hawa Barry comme chef de Quartier de Km5 (Negueyah) par le commandant Claude Pivi, le Ministre chargé de la sécurité présidentielle, devenant ainsi la grande complice du préfet Mamadou Bomdabon Camara et la protégée de Commandant Pivi. Telle fut pour elle, l’occasion de satisfaire son rêve que tous les autres préfets ne lui avaient pas permis d’accomplir : Joindre injustement la maison de ce pauvre enseignant à ladite station d’essence qu’elle gère, et la vendre avec beaucoup de profit. Alors les menaces et intimidations commencèrent. Notre pauvre enseignant n’ayant aucune porte où frapper, n’eut qu’un seul choix: déguerpir, garder le profil bas et vivre en cachette.
Aujourd’hui l’espace qu’occupaient la maison de M. Diallo et la station d’essence que gérait Madame Hawa Barry a été vendu, rasé et est devenu la propriété privée en chantier par le nouvel acheteur, sur simple ordre du Préfet qui est devenu complice et actionnaire dans les malversations dudit marché.
Ce phénomène, malheureusement, relève d’une injustice chronique, d’une loi de la jungle qu’a toujours connue la Guinée.
Sans la justice, pas de paix, crie l’Association des Victimes de Mamadou Bomdabon Camara (A.VI.M.CA.).
Rappelez-vous, Mon Général, qu’en Guinée, la retraite est ce qu’elle est.
Voilà un enseignant pauvre à la retraite abandonné à lui-même, jeté dans la rue avec sa femme et ses enfants. Acte criminel contre un citoyen et ses enfants innocents, de la part du préfet Bomdabon et sa complice, Madame Hawa Barry.
L’A.VI.M.CA et ses sympathisants, convaincus de votre volonté de pacifier notre patrie par la justice, le droit et l’égalité, après concertation, jugent indispensable de solliciter de votre haute autorité:
1- d’assurer la protection et la sécurité de ce pauvre enseignant sans voix dont la vie est menacée par le Préfet BOMDABON et ses complices qui l’obligent à vivre en cachette.
2- d’arrêter immédiatement, jusqu'à nouvel ordre, les travaux de construction, par ce nouvel acheteur, de cette station d’essence, en attendant que cette affaire soit examinée sous tous ses aspects.
3- de saisir et traduire immédiatement le Préfet Bomdabon et sa complice Madame Hawa Barry en Justice pour que notre pauvre enseignant soit rétabli dans ses droits.
Espérant une suite favorable à cette demande, et que les informations ci-dessus pourront vous servir, comme données de base, pour saisir et comprendre le reste du scénario, nous vous prions, Monsieur le Président de la République par intérim, de recevoir l’expression de nos sentiments distingués.
Vive la justice.
En vous assurant de notre disponibilité à coopérer pleinement et à apporter des témoignages véridiques et tangibles sur les activités illégales de M. Bombadon, nous faisons appel à votre sens de la justice et de l’équité pour demander l’ouverture des enquête sur lesdites activités.
L’association des victimes du capitaine Mamadou Camara (A.VI.M.CA.), le préfet de Dubreka.
Le président par intérim de l’A.VI.M.CA. Mamadou Diallo
Le chargé des informations Ahmadou L. Barry
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