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Aussitôt le chronogramme modifié et validé, le capitaine Dadis convoque une conférence de presse. Sur un ton martial et menaçant, il se dédit 24 heures après l’acceptation des propositions du comité ad’hoc, pourtant nommé avec le consentement de l’ensemble des composantes des Forces vives. Sur un ton faussement énigmatique, il annonce sa candidature militarisée, sans l’annoncer tout à fait, mais en l’annonçant quand même. Arc bouté à des kalachnikovs, roquettes, lance-roquette et groupes ethniques militarisés, il s’est persuadé qu’il est en mesure d’imposer au pays les résultats d’une élection qu’il organise déjà pour lui-même. Il joue donc la Diva capricieuse. Et certains compatriotes « surpris », s’affolent des incessantes voltes faces et menaces du capitaine surarmé. On est plutôt étonné par leur surprise, tant le capitaine est installé dans la certitude d’être le « MOÏSE » que le pays aurait toujours attendu. Et puis, en Mauritanie, une junte a récusé le choix populaire et imposé à coups de tueries, un général autoproclamé élu par un vote militarisé. Sa toute nouvelle référence.
M. Moussa Dadis CAMARA a-t-il le droit de se présenter à une élection dans son pays ?
Poser une telle question, est même désobligeant à son endroit, comme ça le serait à l’endroit de n’importe quel autre citoyen Guinéen. M. Moussa Dadis CAMARA est un citoyen Guinéen. Il n’est pas privé de ses droits civiques, en tout cas pas pour l’instant. Il dit ne pas avoir commis de crimes. Peut être. Sur ce plan, ses amis devraient lui conseiller un minimum de prudence dans son langage. Les massacres de Janvier et Février 2007 ne sont pas si loin. Les roquettes et kalachnikovs n’ont pas le pouvoir de faire disparaître toutes les preuves réunies en direct. Il peut exister quelque part, sur ces massacres, des « détails » plus qu’embarrassants pour le capitaine et certains de ses amis du C.N.D.D.
Globalement, M. Moussa Dadis CAMARA, en tant que citoyen Guinéen, a le droit naturel de solliciter le suffrage de ses compatriotes pour n’importe quelle élection. Aucun Guinéen ne devrait lui contester ce droit. En tout cas, je n’en serais pas.
La seconde question qui vient logiquement et aussitôt est la suivante : Le capitaine Moussa Dadis, chef d’une junte militaire, autoproclamé « président » de la République est-il un citoyen quelconque, à l’exemple du menuisier de Coronthie, du ferrailleur de Bambéto, du berger de Boullivel, du cultivateur de Lola, de Bissikrima, ou de l’instituteur de Boffa… ?
La question n’est ni anodine, ni artificielle. Il ne s’agit pas non plus de polémiquer avec lui ou avec ses conseillers et amis ministres fonciers et immobiliers. Car, la confusion de genre à laquelle se livre le capitaine « président », conduit inexorablement à la désorganisation durable et violente de notre pays.
Être dans l’armée, quel que soit le pays, c’est rester dans un périmètre bien défini par la Règle fondamentale commune : la défense de l’espace territorial national contre d’éventuels agresseurs qui voudraient s’en approprier une partie ou la totalité. La collectivité nationale vous dote alors « d’outils de travail », c’est-à-dire d’armements achetés avec le fruit du labeur de l’ensemble des citoyens. Ces armes ont une affectation exclusive précise : préserver la Terre que nous avons reçue de nos Ancêtres de toute convoitise extérieure. Or, les enfants du pays ne peuvent pas convoiter ce qui leur appartient naturellement, c’est-à-dire la Terre dans laquelle leur nombril est enterré.
Conséquence : un militaire n’a pas à s’occuper d’élection, ni à solliciter un mandat électoral, quelle qu’en soit la nature ou le niveau.
Les raison ?- Une élection est par définition Politique. Elle permet aux citoyens confrontés à la multiplicité des opinions et projets, d’exprimer leur préférence par le bulletin de vote. Elle a donc un caractère nécessairement partisan. On exclu en totalité ou en partie, un projet, en votant pour l’autre. Mais, il s’agit d’une exclusion symbolique temporaire portant sur des idées Et les candidats aux élections ne mobilisent pas l’armée, en principe Nationale, pour leur compte personnel. Ils ne tirent pas non plus sur les maigres ressources publiques pour faire leur campagne. Personnelle. C’est très exactement tout ce que, font le capitaine Moussa Dadis CAMARA et ses nouveaux « comités de soutien ». Les biens nationaux pour une campagne politique personnelle. On est bien loin de la défense de la Patrie, mais en plein dans ce que, ailleurs, on appellerait Détournement de biens publics et Vols avec violence. Voilà selon moi, la première raison qui rend irrecevable toute candidature du capitaine autoproclamé, ou de tout autre militaire.
Il y en a une deuxième. L’outil de « travail » d’un militaire, ce sont des armes, c’est-à-dire des instruments de mort. Il se trouve qu’elles sont achetées non pas par le fruit du travail d’une partie de la Nation, mais par le labeur de la Nation toute entière. Les ressources publiques utilisées à l’achat d’armement sont perçues sur l’ensemble des revenus de tous les citoyens, sans distinction. Ceux qui, par la nature de leur « travail » sont contraints de porter des armes, c’est-à-dire les militaires, doivent à leurs compatriotes, une loyauté absolue. La première Loyauté attendue de tout militaire, c’est de s’abstenir de toute activité politique. Or, se présenter à une élection est un acte politique majeur. Et Dans les Etats de Droit, il ne vient jamais à l’esprit d’un militaire de briguer un mandat électoral. Le soldat de base a intériorisé l’idée que, en faisant de la politique alors qu’il est en activité, il commettrait une Faute grave de Déloyauté à l’égard de sa Patrie. Ce qui pour lui, est moralement insupportable. Le capitaine Moussa Dadis CAMARA semble très éloigné de ces valeurs. Il peut se le permettre. Après tout, il estime qu’il a affaire avec des hommes politiques MAUDITS qu’il peut piétiner à sa guise. Il s’en vante d’ailleurs. C’est tant mieux pour lui.
Le capitaine Dadis n’est pas un citoyen comme les autres.
Le capitaine « président » Moussa Dadis CAMARA n’est pas en situation de se considérer comme un citoyen quelconque. Non pas parce qu’il aurait des qualités particulières ou des défauts rédhibitoires. Sur ce plan, il est quelconque comme des millions de Guinéens, sauf à considérer que la détention d’armes acquises avec les ressources publiques vous met au-dessus de la Règle Fondamentale Commune. Avec M. Claude PIVI, ils ont recruté depuis le 25 Décembre 2008, des centaines de miliciens surarmés et ethniquement homogènes, provenant pour l’essentiel de la région de N’Zérékoré et du Liberia. Certains d’entre eux, auraient même été membres de la milice criminelle du non moins criminel Charles TAYLOR. Tous les Guinéens n’ont pas massacré leurs compatriotes, ni géré le service carburant de l’armée. Et en Janvier et Février 2007, le capitaine Moussa Dadis CAMARA, chef de la junte, était bien au pont « 8novembre » où ont eu lieu, des massacres innommables.
Au total, une « armée » ethnique au service exclusif du capitaine Moussa Dadis contre l’armée nationale. Tous ceux qui ont visité le camp Alpha YAYA à Conakry aboutissent à la même conclusion : l’ethnisation agressive et accélérée d’une partie de l’armée à la demande du capitaine « président », contre l’autre fraction, supposée de « mauvaise » provenance ethnique. Rappelez-vous le lynchage commandité de l’inoffensif et naïf général TOTO CAMARA, la déportation de militaires et officiers dont le seul tort est d’avoir côtoyer M. Lansana Conté. Pourtant, lui et M. Claude PIVI étaient les plus proches des proches. Il est même vraisemblable qu’ils étaient tous les deux chargés des basses œuvres. La suspension télévisée de la police par Pivi et Dadis est encore dans les mémoires de nos compatriotes.
De mon point de vue, ces actes disqualifient définitivement le chef de la junte à se réclamer de l’armée. Dans n’importe quel pays d’Afrique Noire aujourd’hui, il aurait été mis en demeure de quitter immédiatement l’armée par d’autres militaires Républicains et Patriotes, et traduit devant les tribunaux du pays pour haute TRAHISON et MANQUEMENT à l’honneur militaire. Sa participation matérielle aux massacres de Janvier et Février 2007 au pont du « 8 novembre », n’est guère discutable. D’où son alliance avec M. Claude PIVI qui se vante d’avoir assassiné impunément des policiers et simples citoyens guinéens.
Résumons-nous : juridiquement le capitaine chef de la junte ne peut pas être candidat, ni à une élection présidentielle, ni à aucune autre élection. Sur un plan moral, il est disqualifié du fait de sa participation aux massacres de Janvier et Février 2007, au pont « 8Novembre » à Conakry. Il n’était évidemment pas le seul. Mais, il était l’un des organisateurs-exécuteurs avec le capitaine Ousmane CONTE. Ces faits sont connus de toutes les représentations diplomatiques occidentales et africaines à Conakry.
Le capitaine Moussa Dadis CAMARA, même chef d’une junte, à mon avis ethnique, en puisant impunément dans les ressources publiques (plusieurs milliards de francs Guinéens) pour financer ses activités politiques personnelles, commet un crime économique à l’encontre de son pays. Etant candidat déclaré, par loyauté, il devrait quitter immédiatement l’armée et, déclarer au pays les sommes qu’il a prélevées sur les deniers publics. Certains parlent de 4 à 5 milliards de francs guinéens. Peut-il me démentir sur ce point ?
Les audits comme armes de chantage contre les concurrents du capitaine Moussa Dadis.
Tous les anciens premiers ministres et ministres de Lansana Conté sont accusés de tous les maux. Ils seraient corrompus. Ils auraient tous détourné les biens nationaux. D’amalgames en invectives, d’invectives en mensonges, notre capitaine survolté a trouvé ses « coupables parfaits ». L’enquête sur les tueries de 2007 au pont 8 novembre, discrètement mise sous les boisseaux ?- la faute des anciens premiers ministres susceptibles de l’éliminer électoralement. L’audit des finances publiques totalement dévoyé ?- la faute des mêmes PM. Ils sont très commodes. Ils sont coupables de tout. Tandis que PIVI et lui, seraient l’incarnation de la vertu, de la probité, du patriotisme. En un mot, des « Saints » que le monde entier nous envierait. Sacré Dadis !
Soyons sérieux un instant : A mon avis, deux audits sont immédiatement nécessaires comme préalable à toute candidature à une élection présidentielle.
1°. Sur les massacres délibérés de juin 2006, et ceux de Janvier et Février 2007, au pont 8 Novembre. D’ores et déjà, nos concitoyens devraient inlassablement interroger Moussa Dadis et Claude PIVI sur les points suivants :
-Il est établi que le capitaine était au pont 8 novembre lors des massacres de Janvier et Février 2007. Il a utilisé des armes de guerre contre de jeunes manifestants pacifiques aux mains nues. Pense-t-il qu’il y a une grande dignité à se prétendre défenseur de ceux dont on a massacré les enfants à de multiples reprises ?
- Pourquoi, lui Dadis, et Mougné DONZO ont-ils ordonné aux « bérets rouges » de violer et tuer de jeunes filles lors de l’Etat d’exception ? M. Moussa Dadis était-il obligé de tuer ses propres compatriotes ? Qui l’y a contraint ?
M. Claude PIVI a continué son activité meurtrière à l’encontre de la police. Peut-il nous dire exactement combien de policiers il a assassiné ? Sur ordre de qui ?
Certains disent qu’il avait reçu l’ordre de récupérer la drogue et l’argent de la drogue saisis par la police. Elle aurait refusé de céder à cette demande. D’où sa folie meurtrière. M. PIVI était aux ordres de qui ?
2° Sur la gestion du service Carburant de l’armée. C’est l’un des postes à l’origine de la déchéance économique et financière du pays. Il semblerait que le capitaine en avait la charge jusqu’à une date très récente. A-t-il honnêtement géré ce service essentiel ? Personnellement, j’ai des doutes. Mais il, peut me démentir et fournir au pays, les preuves de sa probité dans la gestion des biens nationaux. Ainsi, il me disqualifierait aux yeux de nos compatriotes. J’en serais ravi.
Alors, pourquoi faut-il, à mon avis commencer par auditer ces deux faits majeurs ?
Même en Afrique Noire, aujourd’hui, il n’est pas courant qu’une armée se livre à des massacres et viols sur ses propres populations comme le capitaine Moussa Dadis CAMARA et ses amis l’ont fait en Janvier et Février 2007. Les soldats et officiers massacreurs sont tous vivants. Ils sont au C.N.D.D. pour la plupart. Et M. Claude PIVI n’était qu’un exécutant aux ordres de Dadis, même si ce dernier tend à le désigner discrètement à la vindicte populaire. Encore une fois, M. Claude PIVI étant à l’époque des faits, un simple subalterne, ne peut pas être tenu pour responsable des viols et massacres. Sa culpabilité matérielle est évidemment indiscutable. Ses chefs d’alors, les capitaines Moussa Dadis CAMARA et Ousmane CONTE, ont ordonné des viols et tué eux-mêmes des manifestants.
Question à l’ensemble de l’armée : aucun homme de troupes, sous-officier et officier ne peut ignorer que le capitaine Moussa Dadis CAMARA et ses amis ont organisé et perpétré les massacres de Janvier et Février 2007 au pont » 8 novembre ». Selon vous, un tel personnage est-il celui qui incarne le mieux le corps auquel vous appartenez ?
Au Capitaine Dadis : vous dites que les anciens premiers ministres vous ont empêché de faire la lumière sur les massacres de Janvier et février 2007. Soit. Lequel des PM vous a-t-il empêché d’aller au bout de votre « intention » ? Moi je vous mets nommément en cause. Je ne suis pas armé, je n’ai pas de milices ethniques à mon service. Vous est-il impossible de citer nommément le ou les anciens Premiers ministres que vous visez ?
A la jeunesse diffusez ce slogan : Dadis doit quitter immédiatement l’armée. !
Mamadou Billo SY SAVANE
NB : Jeunes et moins jeunes compatriotes ! Lis, fais lire et diffuse ce document sur l’ensemble du territoire national. Réfléchissez-y et discutez-en.
www.guineeactu.com
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