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C’est parti ! La 27e Coupe d’Afrique des Nations (CAN) vient de commencer en Angola. Déjà trois matches ont été disputés : Angola - Mali 4-4, Algérie - Malawi 0-3 et enfin Côte d’Ivoire - Burkina Faso 0-0.
Qui pourrait faire un commentaire de cette 27e Coupe d’Afrique des Nations (CAN) d’Angola sans s’incliner devant la mémoire des innocents qui ont été lâchement abattus par les rebelles du Front de Libération de l’Enclave de Cabinda (FREC) ? C’est pourquoi je salue la mémoire de ceux qui sont morts pour avoir voulu participer à l’événement sportif le plus important du continent, le plus spectaculaire, le sport roi, le football.
La réaction tant attendue de la Confédération Africaine de Football face à cette flétrissure, a été un léger mieux. Une minute de silence avant le début de chaque rencontre du premier tour. C’est cette réaction mitigée qui a suffit pour provoquer un grand courroux au niveau des autorités togolaises qui n’ont pas d’ailleurs tardé à demander à leurs représentants de reprendre leurs valises.
Il est évident que malgré le retour des Eperviers au bercail, l’ombre de la tragédie continuera à planer sur la compétition.
Qu’à cela ne tienne, cet acte abject n’a en rien entamé de l’ambiance festive de la cérémonie d’ouverture, des rebondissements du match d’ouverture Angola - Mali, de la surprise de la rencontre Algérie - Malawi et du suspense du troisième match entre Ivoiriens et Burkinabés qui faisait office de derby.
Après les traditionnelles cérémonies d’ouverture, l’arbitre central de la première rencontre du groupe A engagera les hostilités entre le pays organisateur et le Mali. Les Palancas Negras d’Angola soutenus par près de 50 mille supporteurs du Stade du 11 Novembre de Luanda, prendront d’assaut le camp adverse pendant le premier quart d’heure de la rencontre. Coup sur coup, les Angolais rateront trois occasions nettes de but par Flavio et Gilberto. Deux joueurs qui ont été des dangers permanents pour la défense des Aigles durant une bonne partie de la rencontre.
Il fallait attendre la 22e minute pour voir l’attaque malienne se réveiller et inquiéter le goal Keeper Angolais qui avait commencé à prendre du plaisir dans l’oisiveté.
Voyant que le combat du milieu est entrain d’être perdu par ses poulains, l’entraineur des Aigles, Stephen Kechy, fera entrer Sédou Kéita, qui ne devrait pas, en principe prendre part tôt à cette rencontre pour cause de blessure, à la place de Modibo, pour donner un peu de tonus à son milieu en épaulant Diarra du Real de Madrid isolé parmi ces colosses angolais..
Mais c’est à la 37e minute, sur une faute concédée par la défense malienne que Gilberto décompose le coup franc et Flavio toujours en maraude dans la surface de réparation d’un coup de tête imparable, ouvrira le score pour les Palancas Negras. Le stade s’explose, le président Edouardo Santos se lève et madame applaudit.
Cinq minutes plus tard, sur un centre de Mathos, Fluvio double la mise et la cause est entendue pour les Angolais. A 2 buts à 0, l’objectif était atteint. D’ailleurs, c’est sur ce score que le « reffree » invitera les 22 protagonistes dans les vestiaires pour un repos de 15 minutes.
A la reprise, les Angolais bénéficieront de deux penalties à la 64e et à la 74e transformés par Gilberto et Manucho. Le stade est surchauffé d’ambiance, la loge officielle danse et chante. Les 3 points des Palancas Negras sont rassurés.
A 15 minutes de la fin, les Angolais étaient toujours restés intraitables, ils mènent 4 à 0. Cette fois la première Dame danse, chante et bat le tamtam. Mais c’est dans ce dernier quart d’heure de jeu qu’il y aura la désillusion. Les Aigles s’offrent une réaction d’orgueil avec deux buts en fin de match signés par le Barcelonais Sédou Kéita et Frédéric Kanouté de Séville qui est resté longtemps l’ombre de lui-même. Puis deux autres dans les arrêts de jeu, par Sédou Keita qui avait mis du temps à recharger ses batteries et Moustapha Yadabaré. C’est sur ce score de 4 buts partout que l’arbitre central mettra fin aux animosités. Ce match fou et plein de rebondissements sera certainement une des images à retenir dans cette compétition.
Le second match du groupe A qui opposait les Fennecs d’Algérie aux modestes Warriors de Malawi fut la première grande surprise de cette fête du football africain. Les mondialistes algériens s’inclinent en encaissant d’abord deux buts à la première mi-temps par Russel Mwafulirwa à la 17e minute et Kafoteca à la 35e, avant de prendre le troisième but dès le début de la seconde mi-temps, signé Banda (48e mn). Malgré les assauts des attaquants algériens ce score restera inchangé jusqu’à la fin des 90 minutes.
Cette victoire surprise du Malawi est un avertissement sérieux aux présumées grandes équipes qui n’ont en réalité que leur passé glorieux derrière elles. Avec la mondialisation du sport, il n’y a plus de petite équipe.
C’est ce que l’Algérie vient d’apprendre à ses dépens.
Annoncé comme mini championnat de l’Afrique de l’Ouest, le groupe B réduit à trois équipes après le forfait des Eperviers du Togo suite à l’attaque de leur bus par les rebelles de l’enclave de Cabinda, ne connaitra désormais que trois grands chocs entre la Côte d’Ivoire, le Ghana et le Burkina Faso.
La sélection ivoirienne, avec sa pléiade de stars évoluant dans les plus grands championnats européens, n’a pas su prouver sa suprématie sur les Etalons du Burkina Faso. Gervinho, Drogba et Kader Kéita n’ont rien pu faire face à une défense sans faille des poulains de Paolo Duarte. Sans marquage individuel, ni muscle, le dispositif défensif des hommes du pays Faso, bien regroupé, qui n’a laissé aucun espace aux attaquants ivoiriens, a su museler sa Majesté Drogba, le redoutable Gervinho, le remuant Baki Koné et le puissant Kader Keita qui ont réussi tout de même à descendre quelques foudres sur le gardien Burkinabé.
Ce match nul (0-0) obtenu face au grand favori de ce tournoi n’est pas une surprise pour celui qui a suivi les Etalons du Burkina dans les éliminatoires. Seulement deux défaites concédées lors de sa double confrontation contre les Eléphants de Côte d’Ivoire. Les Burkinabés n’entendaient plus vendre leur peau à vil pris. C’est pourquoi malgré la furia ivoirienne, les Etalons n’ont jamais reculé.
Si cet exploit des hommes intègres leur évite une élimination précoce, il ne leur garantit pas pour autant une qualification. Car le prochain match sera contre les Blacks Stars du Ghana. Quand aux ivoiriens, c’est leur marge de manœuvre qui se trouve être réduite quand on sait qu’ils vont passer par les compatriotes d’Abédi Pélé pour acceder aux quarts de finale. Et pour ce faire, pour être à l’abri de toute surprise, l’entraineur des Eléphants, Vahid Halilhodzic doit revoir son milieu de terrain où Yaya Touré n’a pas pu faire oublier Romaric, qui a brillé par son absence. Certainement, l’entraineur devrait s’en vouloir d’avoir écarté une pièce aussi importante au milieu du terrain par indiscipline, dit-on.
Comme quoi certaines décisions prises à la hâte ont souvent des conséquences fâcheuses.
Au programme de la troisième journée, mardi 12 janvier, il y aura la rentrée en lice du groupe C :
16 heures TU, le choc des titans, Egypte-Nigeria
18 heures 30 TU, le combat des poussins, Bénin-Mozambique.
A suivre…
Bangaly Condé « Malbanga »
www.guineeactu.com
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