mardi 5 janvier 2010
CAN 2010 : le plus grand rendez-vous africain

Tous les regards des férus du ballon rond seront rivés, dans quelques jours, sur le pays d’Agostino Neto. En effet, du 10 au 31 janvier 2010, l’Angola abritera la 27e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN).

Le championnat le plus prestigieux qui regroupera comme il est de tradition, les 16 meilleures formations du continent. Un moment de pure joie et de bonheur qu'il faudra vivre intensément durant ces trois semaines. Autant dire que les travaux d'Hercule ont commencé pour les entraîneurs : des stages par ci, des matches amicaux par là ou tout simplement des concentrations.

Les Lions Indomptables du Cameroun sont en stage au Kenya, les Eperviers du Togo au Congo, les Eléphants de Côte D’Ivoire passeront un stage en France avant de rallier la Tanzanie pour une concentration qui durera une semaine, le sélectionneur français Michel Dussuyer du Benin a convoqué les Ecureuils à Lomé, les Blacks Stars du Ghana sont en Afrique du Sud depuis le 27 décembre dernier, les Tunisiens à Abou Dhabi (Emirats), les Aigles du Mali participaient à un tournoi de fraternité au Qatar où ils ont pris la troisième place derrière la Corée du Nord et le Qatar, les Fennecs d’Algérie séjournent dans le sud de la France à Castelet jusqu’au 6 janvier où ils s’envoleront pour Luanda, les Panthères du Gabon sont aux Emirats Arabes Unis, les Etalons du Burkina sont regroupés au Portugal avant de rejoindre un pays de l’Afrique Australe… La liste n’est pas exhaustive, puisque toutes les équipes sont en concentration, les unes à domicile, les autres à l’étranger.

Au regard donc du sérieux que chaque formation fait preuve lors de ces stages, de ces concentrations et matches amicaux, on peut d'ores et déjà affirmer, sans risque de se tromper, que les rencontres promettent d'être explosives. D'autant plus qu'elles engageront les 16 équipes nationales, reparties en quatre poules de quatre équipes, dans une empoignade impitoyable où tout est envisageable et/ou chacune des formations rêve d'en sortir vainqueur.

Le tirage au sort qui a eu lieu à Luanda, le 20 novembre2009, est sans équivoque. Les quatre poules qui ont été tirées des pots nous promettent de belles factures. Surtout la poule B qui est considérée par les spécialistes comme un mini-championnat d’Afrique de l’ouest. Puisque le Togo et le Burkina Faso croiseront le fer avec les deux mondialistes, le Ghana et la Côte D’Ivoire.

Quoique la logique ne soit pas de mise en sport, certains s’accordent à dire, que les Blacks Stars du Ghana et les Eléphants de Côte D’Ivoire devraient se qualifier sans grandes difficultés face au Burkina de Moumini Dagano, le meilleur buteur des éliminatoires avec 12 réalisations et du Togo d’Emmanuel Adebayor, ancien mondialiste et ancien ballon d’or. Pourtant quand on prend en compte l’excellent parcours des Etalons du Burkina dans les éliminatoires et la qualification des Eperviers du Togo dans un groupe difficile on ne peut s’empêcher de dire que ces deux équipes tiendront la dragée haute aux Ivoiriens et Ghanéens lors de ces phases de poule au Stade Chiasi de Cabinda au Nord de Luanda. Surtout que les Blacks Stars pourront être privés d’au moins quatre de leurs joueurs clés dont Mickael Essien, Stephen Appriah, John Painstil et John Mensah qui sont tous à l’infirmerie. Si Essien espère jouer après les deux premiers matches de son équipe, les trois autres eux, ont déclaré forfait. Il faut aussi signaler que les Eperviers restent une énigme pour les Eléphants. Les Ivoiriens ne sont jamais parvenus à battre les Togolais à une phase finale de la CAN. C’est dire donc, le groupe ouest-africain de la CAN 2010 sera fortement disputé avec en prime un statut de leadership à faire valoir.

Groupe à suivre !

Le pays organisateur lui, aura sur son dos, les Aigles du Mali et les Fennecs d’Algérie. Sans oublier les Warriors de Malawi qui pourront jouer les trouble-fêtes dans cette poule A. Certes les Palancas Negras d’Angola sur leurs propres installations, le Stade du 11 Novembre et devant leur public à Luanda ne seront pas faciles à négocier, mais n’empêche, qu’ils doivent batailler dur pour ravir une des places de qualification aux mondialistes Algériens et aux ambitieux Maliens qui ont d’ailleurs battus les Angolais en match amical à Rouen (France) le 13 février 2009 sur un score sans appel de 4 à 0..

L’attraction du groupe C sera la rencontre entre le détenteur de la CAN, l’Egypte et le Nigeria. Sauf surprise, ce sont les Pharaons et les Green Aigles qui disputeront la première place. Le Benin et le Mozambique, les deux autres équipes de cette poule, devront se contenter des deux dernières places sur le Stade Ombaka de Benguela.

Le Cameroun qui sera à sa 6e participation à la coupe du monde en juin prochain en Afrique du Sud, a hérité d’un groupe D à sa mesure, avec la Tunisie pour challenger, le Gabon et la Zambie. Au Stade Tuindava de Lubango (Huila), les compatriotes de Roger Milla devront faire beaucoup attention aux Panthères du Gabon en embuscade qui n’ont pas digéré leur double défaite face aux Lions lors des éliminatoires combinées CAN/Coupe du monde. Les Aigles de Cathage de la Tunisie qui ont perdu leur billet pour le mondial d’Afrique du Sud à sept minutes de la fin du temps réglementaire contre le Mozambique, tenteront de redorer leurs blasons en faisant un bon résultat lors de cette CAN. Donc, Zambiens et Gabonais sont avertis.

Avec la vulgarisation et le développement actuels du football en Afrique et dans le monde, ces pronostics sont désormais à prendre avec des pincettes. Car désormais la CAN n’est plus un voyage touristique où des joueurs de renom n’ont besoin que d’apparaitre pour brandir le trophée. Cette période est révolue. La CAN est devenue impitoyable. Ne s’en sortent indemnes que les formations fortes mentalement, bien préparées psychologiquement et bien armées sur le double plan technique et physique. Tout le monde vient pour remporter la coupe. La suite, aucune prémonition ne peut la prévoir. Des ténors peuvent trébucher comme des équipes qu’on n’attendait pas peuvent créer la surprise. Autant dire que le ballon est rond, il roule sur le gazon et personne ne peut savoir à l’avantage de qui.

Quoiqu’il en soit, ces équipes qualifiées sont prêtes à gratifier les passionnées du sport roi d’un beau spectacle émaillé de prouesses techniques, d’athlétisme, de tactiques et de vélocités des artistes qu’on ne peut retrouver ailleurs qu’en Afrique.

Alors, il y a fort à parier qu’on assistera à une véritable fête africaine qui ne sera pas que de simples matches de football. Les jeux se mêleront aux enjeux, les gazons se feront scènes pour des artistes qui évoluent dans les plus grands clubs de l'Occident, les publics entonneront des chœurs. Sur des sièges feutrés dans les tribunes ou des gradins à Luanda, Cabinda, Lubango et Benguela, seront présents des grandes personnalités politiques et sportives, tels que, Edouardo Santos président Angolais, Amadou Toumani Toure président du Mali, Issa Ayatou, président de la CAF, Joseph Blater président de la FIFA, Michel Platini président de l’UEFA et tant d’autres. Aussi seront-ils présents des détecteurs de nouveaux talents et des journalistes, venus des quatre coins du monde.

Plus de 50 joueurs africains manqueront aux clubs occidentaux de ligue 1. Des joueurs comme Samuel Eto’o de l’Inter de Milan, Didier Drogba et Mickael Essien de Chelsea, Emanuel Adebayor de Manchester City, Sédou Kéita et Yaya Touré de Barcelone, Frederick Kanouté de Séville, Kolo Touré d’Arsenal et tant d’autres qui se sont rendus indispensables aux dispositifs mis en place par leurs entraineurs, leur absence pourrait créer un trou d’air dans la saison de leurs clubs. Cependant, ces vedettes de cette CAN, ces magiciens du sport le plus populaire en Afrique seront convoités par les journalistes et les cameras de télévision pour le bonheur des spectateurs et des téléspectateurs.

Le seul quart de finaliste de la dernière CAN d’Accra qui suivra les rencontres d’Angola à la télévision comme Oumar Kébé alias « Noh » de New York (un supporteur inconditionnel), sera le Syli National de Guinée. Une équipe qui n’a été que l’ombre d’elle-même lors de ces éliminatoires. Tirée dans le deuxième chapeau lors du tirage au sort du dernier tour des éliminatoires, la bande à Feindouno n’a pu faire mieux que d’occuper la dernière place de son groupe derrière le Malawi. Quelle déception !

Cette débâcle du Syli a engagé non seulement la responsabilité des joueurs mais aussi celle des encadreurs. Si on en croit aux nouvelles qui viennent du coté du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Promotion de l’Emploi Jeune, notamment la dissolution du Syli et le renouvellement de son encadrement, l’espoir peut toujours être permis si l’actuel locataire dudit ministère, Mr. Fodéba Isto Kéira continue sur cette voie de changement mutatis mutandis.


Bangaly Condé « Malbanga »


www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Farba Makka, mardi 5 janvier 2010
Félicitation à l` Angola! voila un pays qui fut aidé par la Guinée pour accéder à son indépendance. Aujourd` hui il organise, après deux decenies de geurre, la plus grande compétition sportive africaine. Qu` avons nous fait de notre indèpendance? A méditer!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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