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Pour nombre d’observateurs, la diffusion du communiqué annonçant la date de l’élection présidentielle est venue au moment opportun, afin de permettre aux différents leaders engagés dans la course à la présidentielle d’affûter leurs armes dans la perspective de ce scrutin tant attendu. Rien n’a été indiqué cependant dans la gestion de cette campagne, du point de vue organisationnel. En Guinée, du moins dans un passé encore récent, les campagnes étaient toujours une occasion pour certains de développer des comportements peu courtois pour ne pas dire des comportements anti-citoyens dans la logique d’une bonne démocratie. Ainsi au temps du régime défunt, l’on a assisté à des scènes de violences entre ceux qu’on appelait à l’époque les partisans de la mouvance présidentielle et les militants de l’opposition. Des incidents qui ont endeuillé de nombreuses familles. Avec à la clé des morts et des blessés à chaque fois qu’on annonçait la course aux élections. Ces errements étaient à mettre au compte de l’apprentissage de la démocratie. Aujourd’hui on ne peut pas dire que nous sommes suffisamment mûrs, mais il serait important qu’on évite de retomber dans de tels travers. Il reviendra aux 155 membres du Conseil national de la transition (CNT) cooptés de toute part, de réfléchir et de produire des textes et lois susceptibles de donner à cette campagne électorale un caractère sérieux. Car, comme il est de coutume de voir l’exemple ailleurs, c’est souvent lors des campagnes électorales que les candidats démontrent réellement leurs volontés et leurs capacités à être de bons dirigeants, soucieux du devenir de leurs pays. C’est autant dire que le candidat doit être psychologiquement prêt à consommer sa défaite vis-à-vis de son adversaire. Il faudrait surtout pouvoir cultiver le fair-play chez les militants et militantes de son parti. C’est évident que cela doit passer nécessairement par une éducation citoyenne et une sensibilisation des masses au sein des formations politiques. C’est autant dire que celui qui aura perdu les élections se doit, dans un esprit citoyen, avec ses militants et sympathisants et suivant l’éthique même du jeu démocratique, d'accepter sa défaite et de se projeter vers d’autres échéances électorales en cours. Or en Guinée, il est d’un constat amer que les leaders se livrent peu ou pas à l’éducation de leurs militants. Toutes leurs activités se limitant simplement à des réunions plus ou moins périodiques qui se tiennent au siège des partis. Quelquefois, pour les plus anciennes formations politiques, des restitutions des travaux de ces réunions se font dans certaines villes de l’intérieur du pays pour, dit-on, mettre tout le monde au même niveau d’information. Mais pour la plupart des cas, la vie du parti se limite au km36. Cela se justifie par le fait que les 95% des leaders politiques guinéens résident à Conakry.
Il revient donc à tous les leaders des 106 partis agrées de nos jours de faire leur mieux pour parvenir à un changement de comportement des militants, militantes et sympathisants de leurs partis respectifs, afin que la Guinée s’illustre cette fois-ci par l’organisation d’élections libres et transparentes et acceptables par tous.
Lansana Camara L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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