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La campagne présidentielle se poursuit sur toute l’étendue du territoire national, avec des fortunes diverses pour les différents candidats. Mais de l’avis de tous les observateurs avertis, les Guinéens devraient rester sur leurs gardes pour éviter de tomber si facilement dans le piège des promesses fallacieuses.
Pour bon nombre de profanes, une campagne électorale se résume à une période au cours de laquelle un candidat peut se permettre de faire des promesses de toutes sortes aux électeurs. La campagne présidentielle en cours en Guinée ne fait exception à ce qui semble s’être établi comme une règle. Les 24 candidats retenus pour la présidentielle du 27 juin rivalisent actuellement de stratégies pour attirer le maximum d’électeurs. Dans les déclarations à la Télévision, sur les ondes des radios ou pendant les meetings politiques, certains ne s’encombrent plus de scrupules pour promettre monts et merveilles aux populations : fourniture régulière du courant en un laps de temps, de l’emploi pour la couche juvénile, gratuité de la couverture sanitaire, de l’eau potable pour tous, construction des infrastructures sportives et hospitalières aux quatre coins du pays. Or, même à coups de bâton magique, le prochain président de la Guinée ne pourra pas réparer en cinq ans ce qui a été détruit pendant un demi-siècle de mal gouvernance économique. Au lieu de verser donc dans ce que d’aucuns qualifient, non sans raison, de « surenchère démagogique », les leaders politiques qui briguent la magistrature suprême du pays devraient faire preuve de responsabilité, d’honnêteté et d’objectivité dans leurs faits et autres propos tenus à la faveur de la campagne. « A force est tout promettre, on finit par tout compromettre ». C’est en ces termes que l’actuel président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso, s’est exprimé en substance lors d’une campagne électorale à laquelle il a pris part dans son pays. Des propos que devrait garder à l’esprit tout « apprenti politicien » en mal de popularité et en quête permanente de voix pour occuper le fauteuil présidentiel ou un siège de député à l’Assemblée nationale. Espérons que les électeurs guinéens ne se laisseront plus gruger par des politiciens prêts à tout pour arriver à leurs fins. Les promesses fallacieuses ne devraient plus passer auprès des populations guinéennes qui, après un demi-siècle de gestion scandaleuse des immenses richesses de leur pays, aspirent désormais et légitimement à une vie meilleure. Les candidats à la présidentielle du 27 juin feraient œuvre utile en ne promettant que ce qui est réalisable pendant un mandat de cinq ans.
Mamy Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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