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L’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté, président du PEDN, fait partie de ceux qui ont appelé à la retenue pendant cette campagne électorale. Mais la question que l’on se pose maintenant est de savoir si cet appel sera entendu.
Les 17 et 18 mai, la Convention du Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN) s’est tenue au palais du peuple. Une occasion qui a été mise à profit par les membres statutaires, les militants et sympathisants pour investir l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté comme le candidat du parti à la prochaine élection présidentielle. La compagne électorale a été officiellement lancée le 17 mai dernier sur toute l’étendue du territoire national. Une semaine plus tard, la Cour Suprême a rendu publique la liste des vingt-quatre candidats retenus pour la présidentielle du 27 juin 2010. Tous les leaders politiques considérés présentement comme les « poids lourds » de la scène politique guinéenne y figurent : Cellou Dalein Diallo de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), Mamadou Sylla de l’UDG (Union démocratique de Guinée), François Lonsény Fall du FUDEC (Front uni pour la démocratie et le changement), Bah Ousmane de l’UPR (Union pour le progrès et le renouveau), Pr. Alpha Condé du RPG (Rassemblement du peuple de Guinée), Lansana Kouyaté du PEDN (Parti de l’espoir pour le développement national), Ibrahima Abe Sylla de NGR (Nouvelle génération pour la République), Ibrahima Kassory Fofana de GPT (Guinée pour tous), Sidya Touré de l’UFR (Union des forces républicaines). Certains de ces leaders, vu la très sensible situation sociopolitique qui prévaut dans le pays, ont cru devoir lancer un appel à l’apaisement. C’est le cas par exemple de Lansana Kouyaté du PEDN qui a mis à profit la Convention de son parti pour inviter les Guinéens en général et les leaders politiques en particulier à la retenue pendant la campagne électorale. Un appel qui devrait tomber dans des oreilles attentives afin que la paix et la quiétude soient préservées avant, pendant et après les élections. Le champion du PEDN s’est montré favorable à un débat d’idées. La campagne électorale, a-t-il estimé, ne saurait se transformer en un « gala de boxe ». Après 52 ans d’indépendance, tous les Guinéens patriotes caressent aujourd’hui l’espoir de voir se tenir dans leur pays des élections réellement démocratiques. Avec l’avènement du CNDD, dans les circonstances que tout le monde connaît, beaucoup ont cru voir enfin le bout du tunnel. Mais la suite, on la connaît. Le train de la transition que l’on voulait apaisée a pris une tournure tragique le 28 septembre 2009. Pour exprimer leur totale opposition à une éventuelle candidature du chef de la junte, capitaine Moussa Dadis Camara, à la prochaine élection présidentielle, les Forces vives de Guinée ont tenu à organiser ce jour-là une gigantesque manifestation au stade du même nom. Bilan : quelque 150 personnes tuées selon l’ONU. Depuis l’incident du 3 décembre au cours duquel le capitaine Dadis a fait l’objet d’une tentative d’assassinat de la part de son ancien aide de camp, Aboubacar « Toumba » Diakité, c’est le général Sékouba Konaté, ministre de la Défense et 2e vice-président du CNDD qui est aux commandes de la transition guinéenne. Ce dernier a pris à ce jour d’importantes décisions allant dans le sens de l’apaisement du climat sociopolitique. La date du 27 proposée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a été validée par décret pour la tenue du premier tour de la présidentielle. Les Guinéens vivent désormais dans la fièvre électorale. Mais ce qu’il y a eu à déplorer, ce sont ces manifestations qui avaient commencé à se faire de façon désordonnée et anarchique. Espérons que les différents candidats feront passer les messages de tolérance et de paix auprès de leurs militants respectifs. La Guinée est et restera une famille indivisible.
Mamy Dioubaté Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com
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