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Aminata Sylla est l’une des filles du Colonel Fodé Aboubacar Sylla dit Vivas. Elle déclare avoir été brutalisée et bastonnée par des militaires au Camp Alpha Yaya Diallo où elle était allée chercher des nouvelles de son père incarcéré depuis 8 mois. Elle porte encore les cicatrices du traitement qu’on lui a infligé.
L’Indépendant : Vous déclarez avoir été agressée au Camp Alpha Yaya Diallo. Vous connaissez l’auteur de cette agression?
Aminata Sylla : C’est un certain Marcel qui était dans sa voiture qui a donné l’ordre de nous chasser. Mais heureusement, les militaires qui étaient là ne l’ont pas fait. C’est alors qu’un certain Matuba est venu donner l’ordre à son tour. Cette fois, c’est le nommé Marcel lui-même et son groupe qui sont venus nous bastonner. Le nommé Marcel m’a donné un coup avec son talkie-walkie et m’a giflée. J’ai eu mon oreille enflée. J’ai couru et ils m’ont poursuivie. Ils m’ont rattrapée pour me frapper à nouveau. Ils étaient au nombre de 5 à 6 militaires. Je suis tombée par terre. Heureusement, c’est un militaire qui était en civil qui est venu me relever sinon ils allaient me faire du mal.
Que faisiez-vous là-bas ?
Ce sont les femmes et certains fils de ces 13 détenus qui se sont réunis pour aller voir le président Moussa Dadis Camara au Camp Alpha Yaya Diallo. Nous voulions qu’il nous dise pourquoi nos pères étaient en prison. Nous voulions l’en informer s’il n’était pas au courant de la situation.
Savez-vous aujourd’hui ce qu’on reproche à votre père Colonel Vivas?
J’ignore ce qu’on reproche à mon père. Ce que je sais c’est qu’il y a huit (8) mois qu’il est en prison.
Savez-vous aujourd’hui où ils sont détenus?
J’ai appris qu’ils ont été transférés sur l’île de Kassa dans la nuit de samedi 1er août. Sur le champ, je suis allée à Boulbinet pour tenter de prendre une pirogue et aller sur l’île. Mais, ils n’ont pas voulu. C’est la femme d’un de ces détenus qui avait réussi à s’y rendre qui nous a dit que ce n’était pas la peine d’y aller.
Avez-vous un message à l’endroit du président Dadis ?
Ce que je dirai au président Dadis, c’est de nous aider à faire sortir nos pères de la prison. Nous voulons également savoir ce qu’ils ont fait parce que qu’ils sont en détention depuis mois. Au lieu de les garder, il vaut mieux de les juger afin qu’on sache ce qu’on leur reproche.
Propos recueillis par T. Dioubaté L’Indépendant, partenaire de www.guineeactu.com
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