mardi 3 novembre 2009
Camp Alpha Yaya Diallo : Les grévistes de la faim enfermés dans un conteneur

Le 28 septembre dernier, six (6) membres d’une association de jeunesse (FAJEG) entamaient une grève de la faim à la maison des jeunes de Dixinn corniche. Dans le but d’attirer l’attention des leaders politiques et le Cndd sur la nécessité de trouver un terrain d’entente pour une sortie de crise en Guinée.

 

Dans la nuit du 28 au 29 septembre, aux environs de minuit, des éléments des services spéciaux de la lutte contre la drogue et le grand banditisme, conduits par le Commandant Moussa Tiegboro Camara, ministre dudit département, ont fait une décente musclée à la maison des jeunes de Dixinn corniche pour arrêter les grévistes de la faim.

Arrivé tard dans la nuit du 28 septembre sur les lieux, le ministre était très remonté contre ces jeunes. Mamadou Kaly Diallo, conseiller en communication de FAJEG, un des grévistes, explique la chronologie des évènements : « On dormait, dans les environs de 00 heure, quand on a été surpris par une cinquantaine d’hommes en uniforme très remontés, qui nous disaient embarquer, embarquer...

Quand on nous a fait sortir de l’annexe où on dormait, nous avons trouvé dans la cour, le Commandant Tiégboro Camara qui nous qualifiait de terroristes modernes et même plus ; parce qu’il est allé jusqu’à tenir des propos ethnocentristes. Nous avons expliqué au ministre les raisons de notre motivation et ensuite nous lui avons demandé pour preuve de lire ce qui est écrit sur la banderole qui était affichée dans la salle. Malgré, il a quand même dit à ses hommes de nous embarquer. Une fois au camp Alpha Yaya, ils nous ont imposé de manger, au risque de recevoir des fessées.

Ensuite, ils nous ont enfermés dans un conteneur, avec toutes les injures du monde, en nous accusant d’être à la solde de la France et de Cellou Dalein Diallo pour renverser le pouvoir en place. Je me rappelle, il y avait même un militaire peulh qui m’a dit en bon Pular que nous faisons honte à l’ethnie peulh ; sans savoir que ce que nous faisions était loin de servir telle ou telle ethnie, mais plutôt la patrie. Pour ceux qui ne le savent pas, on était de toutes les ethnies dans cette démarche. Surtout que l’objectif était de ramener les parties en conflit autour d’une table de négociation. Nous avons été brutalisés. Moi personnellement, j’ai reçu un coup de matraque sur la tête, je sens encore la douleur atroce. Je suis surpris de voir un homme d’une telle responsabilité tenir un langage raciste à tel point de qualifier une ethnie de maudite. Nous avons subi un interrogatoire musclé, pour nous demander quels sont les leaders politiques qui nous financent, qui nous a émis l’idée d’une grève de la faim ? »

Interrogé sur les conditions dans lesquelles le Commandant dit les avoir trouvés, Kaly est catégorique : ‘’ Personnellement, j’ai écouté sur une radio le Commandant Tiegboro, qui disait que c’est le chef de quartier qui l’aurait appelé pour lui signifier qu’on était à l’agonie. Je suis désolé, mais je tiens seulement à préciser que psychologiquement, on était tous prêts à faire les 5 jours de la grève de la faim. Ce que d’autres ne savent pas dans notre grève, on buvait de l’eau, seulement on ne mangeait pas.

Parlant de la suite des évènements, Kaly renchérit : « C’est seulement le 29 septembre à 15 heures qu’on nous a conduits au CHU de Donka, précisément à l’Urgence pour des soins. On nous a mis en rang comme des prisonniers sous le soleil. Quand d’autres ont voulu se mettre à l’aise, l’un des gendarmes lui a dit que c’était impossible, parce qu’il est en grève de la faim, donc tout le corps doit s’abstenir de faire ses besoins. C’est l’arrivée du Colonel Abdoulaye Chérif Diaby et l’intervention du Colonel Jacques Touré, Koutoubou Sanoh, secrétaire général aux affaires religieuses, de la coordination régionale de la Guinée Forestière, et le conseiller médical à la présidence de la République qui nous a permis de mieux respirer.

Le ministre de la Santé a demandé à ce qu’on subisse une visite médicale, et les autres nous ont remonté le moral. Et après avoir écouté les raisons de notre motivation, ils nous ont dit qu’on a été mal compris, de pardonner cet incident malheureux. Après, ils nous ont invités à dîner.

Nous avons accepté leur pardon, malgré tout, même si nous avons perdu nos biens, moi par exemple, j’ai perdu mon téléphone portable et ma montre.


N’Diaré Amadou D.
Le Démocrate, partenaire de www.guineeactu.com

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Vos commentaires
Sano Mamady , Abidjan, vendredi 6 novembre 2009
Si vous ne voulez pas manger on vous garde la ou il n ya pas a manger.C`est aussi simple que cela.Donc ne vous plaignez pas .Escrocs que vous etes.
Oumar M. Bah, mercredi 4 novembre 2009
Et comme toujours en Guinée, cet acte restera impuni, les militaires qui ont illégalement séquestré ces jeunes ne seront jamais inquiétés.

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
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