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Le match couperet de ce dimanche entre les Eléphants de Côte d’Ivoire et le Syli National de Guinée en quart de finale est l’occasion donnée à un pachyderme de s’assurer une place en demi-finale, et pourquoi pas une place en finale ? Si les prétentions sont les mêmes, mieux vaut que Guinéens et Ivoiriens se rencontrent à cette étape que plus tard. On saura bien qui des deux mérite d’aller plus loin. Il y aura bel et bien match, et rien n’est joué d’avance, comme le pensent certains pessimistes, loin s’en faut ! Tout reste dans le mental accrocheur des Guinéens, malgré le handicap de jouer sans son meneur de jeu. Des solutions de rechange, le coach en a à revendre ! Mais quelle image du Syli va nous présenter Robert Nouzaret pour stopper la machine de guerre infernale ivoirienne ? Sans aucun sentiment de chauvinisme, sans bravade, sans rodomontade, sans fanfaronnade creuse, nous pensons que le Syli National peut boucler et contenir les Eléphants ivoiriens si et seulement si Robert Nouzaret « muscle et densifie » l’axe de la défense, en jouant le tout pour le tout avec un 4-2-4 à 60% défensif. En quoi faisant ? Nous allons le hasarder plus tard. En attendant, ce qu’il faut à tous prix éviter, c’est de prendre un but. Chose facile à dire mais pas facile à faire, vu l’armada des Ivoiriens. Qu’à cela ne tienne, Robert Nouzaret aura déjà rempli son contrat à nos yeux en vainquant le signe indien qui suit le Syli comme son ombre voilà exactement 39 ans. Le moral au beau fixe lui donne la latitude aux « extravagances ». Il faut exclusivement rappeler aux lecteurs que le Maroc a commencé à éliminer régulièrement la Guinée depuis 1969. La première fois, c’était lors des éliminatoires de la coupe du monde du Mexique en 70. On se rappelle encore comme hier le réquisitoire de Boubacar Kanté contre la FGF. A l’époque, il nous semble bien, c’était déjà Nfamara Camara qui dirigeait la FGF(Fédération guinéenne de football). Dans ce réquisitoire, Kanté parlait de la relève et disait.. ce qui nous reste encore en mémoire : « ..Le gardien Morlaye Camara a 40 ans… La fédération doit penser à la relève..». Le Maroc avait tenu la Guinée en échec au 28 septembre (0-0). Auparavant, en match aller, il avait gagné par…. En coupe du monde, il était allé tenir tête à l’Allemagne Fédérale de Gerd Müller avant de céder à la 85’ minute. C’était la coupe des Brésiliens et la dernière de Pélé…. Ensuite, en 1973, encore en éliminatoire de la coupe du monde d’Allemagne. Après avoir gagné à domicile, le Maroc était encore venu tenir le Syli en échec par un autre match nul et vierge. Lors de ce match, Edenté manquera l’un des rares penaltys de sa carrière ( côté permanence fédérale de Conakry II ). Nous n’en connaissons pas d’autres. Chérif Souleymane bouclé avait rouspété contre toutes les décisions de l’arbitre et va écoper d’un carton jaune, une autre rareté chez ce joueur. Il va manquer aussi un retourné acrobatique spectaculaire, très haut qui va se terminer par une chute bruyante suivi d’un grand cri. Il s’en souvient peut-être encore… Plus de peur que de mal mais le score restera nul et vierge et la Guinée était encore une deuxième fois éliminée.. Cette année de 73, pour être qualifié pour cette coupe du monde le Maroc s’était retrouvé dans un trio avec le Zaïre et une autre équipe. C’est le Zaïre de Lobilo, de Ndaye, de Kibongé, Kakoko… qui était parti se faire étrier par la Yougoslavie (9-0), par l’Ecosse (2-0) et par le Brésil (3-0). Un panier de 14 buts. A l’époque, l’Afrique n’avait droit qu’à une seule équipe. Ensuite, inutile de parler de 1976 et 2006, puisque tout le monde semble bien se rappeler et en parle comme d’une antienne. En venant à bout de ce Maroc au moment où il semblait imbattable après son impressionnante victoire de 5-1 contre la teigneuse Namibie, le grand défi est largement relevé. Les joueurs guinéens se sont libérés de la poisse, de la suie qui les suit depuis près de 40 ans. Il ne reste plus qu’à tout mettre dans le match contre la Côte d’Ivoire. Pour cela, Nouzaret n’a pas d’autres cartes ni d’autres astuces que de densifier et de muscler sa défense, surtout au niveau de l’axe central, par où tous les dangers viennent de façon récurrente. Une vraie passoire ! Pour empêcher les Ivoiriens de marquer, il faudrait à Nouzaret de placer Djan Böbö et Kalaban devant Camille Zayatte et Alimou Diallo. Les deux premiers feront office de stoppeurs et milieux défensifs pour casser les élaborations des Eléphants, puisque ces deux déménageurs ont trop tendance à se regarder jouer et surtout ils ne sont pas complémentaires. En cas de faute, ils les feront hors de la surface et loin de la cage de Kémoko. Comme tous les bons stoppeurs, ils peuvent jouer comme demi-défensifs sans trop de dépaysement. Après ce dispositif, il faut revoir la copie au niveau de Fodé Mansaré qui, s’il débute chaque rencontre, a tendance à en faire trop et se vide de son énergie pour produire des gâchis. Avec son baroud il serait plus utile quand la fatigue commence à s’emparer des défenseurs adverses. Il serait préférable de faire jouer Victor Correa en première mi-temps et utiliser Mansaré comme joker et non comme Job. Ensuite, pour exploiter Souleymane Youla à sa juste valeur, il faut le faire jouer en deuxième période pour qu’il acquiert sa sérénité. Ce joueur est constamment sous l’effet du manque de confiance et d’assurance, malgré ses qualités indéniables et sa vitesse dont les défenseurs se méfient. S’il sent qu’il peut se livrer pleinement sans craindre un remplacement précoce, s’il ose, il est capable de sortir des choses étonnantes. Le problème qui lui est propre, c’est la crispation, c’est psychologique. En attendant, Karamoko, Victor Correa, Ismaël Bangoura et Mohamed Sacko pourraient faire les trouble-fête et provoquer des brèches devant. Si Nous pouvions voir ce dispositif opérationnel contre la Côte d’Ivoire, les espoirs sont permis. A moins que le coach ne voie autrement pour gagner un autre défi et pour accéder en demi-finale… Heureusement que Pathé Diallo, l’un des 9 millions d’entraîneurs est absent. Il aurait trouvé certainement une autre formule. Mais, qu’a Nouzaret comme solution de rechange plus fiable pour conserver la cage de Kémoko intacte, lui qui aura le dernier mot et qui vit avec ses poulains ? D’ailleurs, il n’y a plus rien à perdre. Pour tous les observateurs, l’épouvantail, le grand favori de cette CAN s’affirme de jour en jour, au fil de la compétition, et à ce stade ça passe ou ça casse. Il ne faudrait donc plus avoir d’état d’âme. Dans cette bataille des pachydermes, si le Syli a du chiendent, il faudra compter avec du chienlit des Eléphants, et rien n’est joué d’avance. L’essentiel est d’avoir du cran. Nouzaret et ses poulains vont-ils jouer leur carte d’outsider pleinement ? Il doivent oser ! Il faut jouer la martingale, le tout pour le tout ! Le quitte ou double, et avec du cran ! La balle est dans leur camp. Et nous, nous sommes suspendus à leur évolution sur le terrain. Moïse Sidibé Source : Journal L’Indépendant, Conakry, partenaire de guineeactu.com
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