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Il est de l’écriture comme de la chanson. Certains aiment définitivement s’entendre chanter, au prix d’un vrai « casse oreilles » pour l’entourage. Si les uns chantent d'une voix de fausset, les autres écrivent très faux, ou l’inverse. Dans la forme souvent, et beaucoup plus grave, le fond, et le savent très bien mais n'en ont cure. Nous avons parmi nous un certain nombre de grandiloquents scribouillards, pour ne pas dire écrivains, dont les « romans » se font attendre, à la rhétorique aussi flamboyante qu’impitoyablement creuse. Ils aiment constamment occuper l’espace médiatique pour paraître, sinon survivre. C’est le cas de notre très respectable aîné, Monsieur Amadou Damaro Camara. Tellement entêté dans son égarement qu’il en devient magnifique. N’empêche, c’est un grand frère, sachant que Diallo et Camara, c’est le même patronyme. J’assume donc, sachant bien que l'aîné nous traite souvent de citoyens entièrement à part, vestige de son idéologie héritée du Responsable suprême de notre bonheur. Evacuons rapidement son « cours » archi-rabâché sur la démocratie, qui serait selon lui contemporaine de "la marche irréversible de la Guinée, entamée depuis le début de l’année 2007". Du même moule que les discours de son idole AST dans le texte, pur jus (frelaté) de la langue de bois « made in démocraties populaires ». C’est néanmoins l’une des meilleures reconnaissances de l’immobilisme de notre pays sous la dictature éclairée du PDG, triomphalement continuée par les soins militairement populaires du Général Conté. Celui-ci ne fut-il pas « démocratiquement » élu en 1984 par les chefs d’état-major de notre vaillante armée, avant le « vote libre et enthousiaste » des citoyens? Notre frère a une position bien connue au sujet d’une certaine catégorie de Guinéens, exprimée de façon très "poétique», citations : - « Ils » n’utilisent le concept d’unité nationale que pour défendre ce qu’ils croient avoir acquis. - « Ils » n’aiment pas les arithmétiques quand ça révèle leur inconsistance, mais aiment les exponentielles quand « ils » veulent défendre ou justifier leurs propres logiques. - Ne sont considérées victimes, que les leurs, car les autres n’ont que mérité logiquement leurs sorts. - « Ils » parlent de réconciliation nationale mais réservent une place de choix à la récrimination basée sur la douleur, la haine ou le désir de vengeance. Rappelons, toujours dans le même texte, que le cher frère Damaro, après de savants calculs de mathématiques pédégistes, nous avait trouvé, citation: « un total de 231 victimes (peuhles) sur les 704 du total du régime du PDG ». Ce qui ne fait après tout qu’une moyenne de 27 exécutés par an sur la durée du règne d'AST. Une broutille selon notre auteur. Son texte avait été publié le dimanche 27 juillet 2008 à 16:48 sur Kibarou.com, sous le titre: « Quand la viande est dure, le couteau doit être tranchant ». Tout un programme, sachant que Sékou clamait en son temps: "égorgez-les et rendez compte! Damaro, excellent élève de la "Révolution". Pour ceux qui n’ont pas suivi le feuilleton de ce « confus de la 25e heure », ennemi déclaré et acharné des « ils », un petit résumé d’arguments évoqués par des compatriotes opposés à ses idées après publication du texte « Le débat est confus, soyons sérieux », sur guineeactu.com jeudi 30 octobre 2008: - « A moins d’avoir lu un discours différent de celui que vous fustigez, j’estime que vos attaques contre le ministre de la réconciliation nationale manquent de substance et demeurent totalement injustifiées. Dans son discours, M. Bah n’a jamais présenté des excuses au nom de l’Etat. » - « Par leur nature, nous savons tous, vous peut-être mieux que moi, que la dictature résulte tout le temps d’un pouvoir confisqué entre les mains d’un groupuscule de personnes partageant la même vision et les mêmes intérêts. Le cas de la Guinée ne fit pas exception. La Dictature du PDG, habillée dans une « révolution », était familiale et clanique (à ne pas confondre avec ethnique). » - « M. Damaro, qu`est ce que vous reprochez à un ministre qui a osé dénoncer les crimes, que vous même avez reconnus? Comment voulez vous aller à la réconciliation? La mauvaise foi qui vous anime, prouve combien de fois il est difficile de faire réconcilier les Guinéens. Ce ministre a parlé de tous les crimes commis par les deux régimes. » - « Et comme des zombis, ils s'accrochent au mot vérité qui n'a pas le même sens pour tout le monde. Et dès que quelqu'un met le doigt sur le nœud du mal qui continue, depuis cinquante ans, de ronger notre pays, c'est-à-dire l'organisation criminelle du PDG et son chef Sékou Touré qui ont engendré l'organisation mafieuse de la République de Lansana Conté, il ne peut s'agir pour eux que de haine pour avoir proféré un tel jugement. » En réalité, le problème de notre frère Damaro est connu car il l’avait lui-même exprimé : « A ce stade de leur histoire, et pour aborder le binôme vérité/réconciliation, les Guinéens seraient avisés de placer davantage l'accent sur le second terme pour la formulation d'une vérité réconciliatrice ». Texte: « Ahmed Sékou Touré, Galéma Guilavogui et les autres », paru le 11 octobre 2008 sur Guineeactu.com. Conclusion provisoire : Pour M. Damaro, ne cherchons surtout pas trop la vérité sur ce qui s’est passé, mais allons à la réconciliation, par dessus les tombes non encore identifiées de tous les morts, qui, d’ailleurs, n’étaient pas si nombreux qu’on le prétend (voir sa démonstration). Autrement, nous sentirons passer à grande vitesse le poing vengeur de "la situation confuse" de notre doyen. Pour faire vite, oublions complètement la première République et son "Père de la nation", sauf pour les encenser; occupons nous exclusivement de Conté et de son régime. Et surtout, ne posons pas la mauvaise question du pourquoi. Devant cet acharnement à nier l’histoire avec un grand H, la vraie interrogation serait logiquement la suivante: quel rôle M. Damaro et ceux qui lui ressemblent ont-ils joué dans le théâtre macabre du PDG ? Nous voulons simplement la vérité, pas la vengeance, et surtout donner enfin une sépulture digne à tous nos sacrifiés sur l'autel sanglant de la "Révolution" du PDG et du libéralisme dévoyé du PUP. Ce soldat courageux cherche t-il simplement à « sauver sa peau » devant le tribunal de l’histoire et des hommes ? Et dire que ce frère Damaro aurait été ministrable avec Diarra. On voit ce à quoi, la Guinée a échappé. Vous connaissez la chanson : Cher frère Damaro, soldat infatigable, brigadier du PDG « i sabari, i lé fana ! » Tu répondras peut-être un jour de tes actes si tu en es responsable. Devant les tribunaux du droit ou devant Dieu. Thierno A. Diallo pour www.guineeactu.com
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