lundi 2 août 2010
Brèves réflexions sur la mascarade électorale du 27 juin
Diaby Kalifa

J’étais de ceux et celles qui ont exprimé, à la suite d’une analyse objective de l’état de la société guinéenne, leur méfiance et leur scepticisme face à l’organisation d’une élection présidentielle précipitée.

Malheureusement, les événements confirment ces craintes.

Ceux et celles qui s’étonnent ou s’indignent aujourd’hui des ratés et des conséquences du premier tour de l’élection présidentielle (il en sera forcement de même au second tour, hélas !!), ont jeté aux « chiens » et accusaient hier de toutes les arrières pensées ceux qui, pour des raisons intellectuelles et objectives, craignaient cette précipitation électorale. Ces intellectuels et ces politiques arrivistes et populistes font aujourd’hui preuve d’incompréhensibles naïvetés quand ce sont des intellectuels, ou d’une dangereuse démagogie quand il s’agit d’hommes ou de femmes politiques.

Pour tout observateur ou acteur sérieux de la société guinéenne, de son histoire, de ses institutions, de ses acteurs politiques et de son tissu social, cette élection ne pouvait être qu’une mascarade dangereuse.

Techniquement, la Guinée n’était guère prête pour organiser cette élection à la date indiquée.

Politiquement, il demeurait évident que cette élection ne saurait permettre à la Guinée d’éviter l’impasse politique qui lui pointait au nez.

Ajouter à cela le fait que la Guinée est devenue le pays de l’improvisation, de l’impréparation, de l’inorganisation institutionnelle et fonctionnelle.

Il suffisait ainsi de vouloir pour que cela soit. Hélas !

Qu’est ce que c’est que ce pays qui n’est pas capable de respecter en termes d’organisation et de fonctionnement les règles qu’elle s’est fixée elle-même.

Du début de ce processus électoral à ce jour, ce pays se ridiculise aux yeux du monde.

Ceux et celles qui prennent les déclarations de la communauté internationale se réjouissant du déroulement apaisé du vote comme un motif de fierté nationale, sont en réalité des guinéens qui n’ont pas une haute idée d’eux mêmes.

Comment peut-on se réjouir d’une telle élection ? Sauf à considérer que les guinéens étaient des sauvages et qu’ils n’étaient même pas capables d’aller voter !

Car en réalité que disent ces déclarations ? Elles disent que les guinéens ont pu voter sans s’entretuer entre eux. Qui pouvait en douter ? Pas moi. Puisque là ne résidait le souci !

Le problème est bien après.

Par ailleurs, est-ce une surprise quand l’Etat violent est devenu un monstre absent et qu’on a fait une cogestion du processus électoral.

Mais surtout ce n’est rien comprendre à la position de ceux qui étaient contre cette précipitation électorale que de croire qu’ils considéraient les guinéens incapables de se mobiliser en masse, sans s’entretuer le jour même.

Moi je n’ai jamais douté de la capacité des guinéens à aller voter en masse.

Mais le problème du processus électoral guinéen ne se trouvait pas là.

Puisque le but d’une élection c’est de trancher une question, une problématique, un enjeu, en l’occurrence celle de ‘acquisition et de la détention le pouvoir politique national. Autrement dit un processus de délégation et de légitimation du pouvoir.

Ce qui fait du processus électoral une dynamique en chaîne qui n’a de sens qu’en évitant la discontinuité des facteurs légitimant. Surtout en période de transition !

Ainsi, on ne saurait juger de la réussite d’une élection transitoire par le simple taux de participation.

Surtout dans un pays qui attend des élections démocratiques depuis des décennies.

Et tout politologue sérieux sait que le désenchantement démocratique n’est un souci pour l’instant que pour des sociétés déjà démocratiques.

Qu’à cela ne tienne, l’élite politico-économico-administrative, avait décidé du haut de sa certitude qu’il fallait aller aux élections, aidée dans cette forfaiture intellectuelle et politique par une communauté internationale dogmatique et des intellectuels peu rigoureux, populistes et partisans.

Leur irresponsabilité place aujourd’hui ce pays dans une situation autrement plus complexe et plus dangereuse qu’avant les élections.

Si on devait résumer la situation actuelle en Guinée, on pourrait dire qu’à la fin du processus électoral, si on n’y prend pas garde, la Guinée sera encore plus divisée qu’elle ne l’était. Et qu’on aura des institutions légitimement plus contestées, fragiles et peu productives.

Au-delà des concerts de démagogie et d’hypocrisie qui caractérisent ce pays, au point d’en faire la risée du monde, il serait plus intéressant de faire une analyse plus sérieuse de ce qu’il faut bien appeler l’échec du 27 juin.

Il y a globalement trois leçons à tirer de ce processus électoral guinéen :

-   1ère leçon : Les conséquences d’une erreur politique majeure

On a oublié en Guinée un principe politique fondamental : l’Etat effectif et neutre demeure le garant et un acteur essentiel du processus démocratique. L’Etat est pour la démocratie ce que l’autorité parentale reste pour les enfants. Son absence peut se concevoir, mais ce sera au prix du désordre institutionnalisé.

Il est vrai que l’histoire politique guinéenne nous a plutôt fait connaître des institutions étatiques partisanes, douteuses et défaillantes. Mais, au lieu de s’atteler en période de transition à pallier à ce défaut, on a préférer substituer à l’Etat des partis politiques et une société civile, tous aussi partisans et aussi douteux que les structures étatiques qu’on a essayé de contourner.

A tel point qu’une des leçons du premier tour de l’élection présidentielle est d’avoir eu droit aux partis fraudeurs à la place de l’Etat fraudeur dans les régimes précédents. Ce que les agents de l’Etat faisaient hier pour le candidat Président, est aujourd’hui fait par les agents des partis politiques.

Chaque parti avait son dispositif de fraudes et de triches.

S’il fallait encore une preuve de cette leçon politique, les guinéens doivent savoir qu’on ne peut pas remplacer l’Etat par un conglomérat de structures partisanes. Les Partis politiques ne font pas l’Etat, encore moins son rôle agent politique central et neutre.

Mais en Guinée, on préfère remplacer que soigner ! On payera l’addition plus tard.

-   2e leçon : Quand la cour suprême rate l’histoire

La crédibilité et la légitimité des institutions naissent plus souvent de leurs propres comportements que des normes qui les fondent.

La cour suprême guinéenne a raté une occasion historique de marquer son existence.

Le principe de sincérité est au cœur de toute élection démocratique. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que l’élection du 27 juin a perdu tout facteur de sincérité.

Pour tout juriste sérieux, le contentieux électoral qui a été soumis à la cour suprême était d’une simplicité biblique, en termes de droit !

Voilà une élection pour laquelle la seule chose qui fait l’unanimité, c’est que les fraudes et les irrégularités de toute sorte ont été massives. Des partis politiques, mêmes les gagnants, à l’institution chargée d’organiser l’élection, jusqu’au gouvernement ou ce qui en reste…, tout le monde est d’accord pour dire que cette élection fut un festival de fraudes et de manquements à la loi électorale.

Saisie, que devait faire la cour suprême ?

Un étudiant de première année de droit connait la réponse.

Il fallait purement et simplement annuler cette élection !

Cette décision était la seule qui soit juridiquement logique et correcte.

Politiquement, s’il fallait trouver un sens politique à une décision juridique, cela apprendra aux fraudeurs, aux tricheurs que désormais en Guinée, la loi est faite pour être respectée.

En ne le faisant pas, la cour suprême non seulement n’a pas dit le droit, elle a complexifié la problématique et en plus elle s’est totalement décrédibilisée !

-   3e leçon : les maladresses de la communauté internationale

De cette mascarade guinéenne, la communauté internationale doit tirer une leçon de modestie.

Elle doit comprendre qu’on ne gère pas des situations politiques et sociales d’un pays avec des dogmes.

Elle a poussé, avec bien sûr la complicité de l’élite guinéenne, à cette élection précipitée.

Elle ne se dédira pas. Elle préfère jouer à l’encensement hypocrite.

Pourtant sa responsabilité politique est engagée aussi. Même si les premiers responsables demeurent les responsables politiques guinéens.

Il est étonnant de voir émerger aujourd’hui des idées qui auraient pu être mises en œuvre avant le processus électoral.

Mais que dis-je, j’avais oublié qu’on était en Guinée. Dans ce beau pays, on met toujours la charrue avant le bœuf !

Dans ce pays, les lois sont faites pour ne pas être respectées !

Dans ce pays, on tire sur des cibles et on vise après !

Pauvre Guinée, que tes fils et filles sortent de la fiction, et osent regarder l’état de déliquescence de leur société.

Des mots que des mots. Assez, mettez-vous au travail et cessez de faire de ce pays la risée du monde !

La démocratie, ça se pense, ça se discute, ça se construit et çà se vit !

Mais la politique d’une Nation ne s’improvise pas !

Avis aux amateurs, l’histoire vous guète !


Diaby Kalifa
Juriste


www.guineeactu.com

Retour     Imprimer cet article.    

Vos commentaires
Sékou Oumar Camara, samedi 7 août 2010
Je viens donc de commettre une grosse bêtise: envoyer par un coup de pied d`ânesse une coquille vide dans les rangs du RPG...Je vais demander à mes amis qui y sont encartés de me la renvoyer par un coup de sabot! En attendant, je médite sur la sagesse suivante: A bove ante, ab asino retro, a stulto undique caveto...
MICK MACK CAMARA, samedi 7 août 2010
Oui monsieur Sékou oumar j`ai décidé de la fermer, ou du moins de ne plus repondre au coup de pied d`une ANE. Ce que je retire de ces échanges c`est la satisfaction de m`etre fait comprendre et aprécier par des types tel que Monsieur Diaby. Me traiter de RPEGISTE pour avoir eu une analyse pertinente de la situation actuelle en Guinée me comble à plus d`un titre. Et d`ailleurs ce qui se passe en Guinée est tellement flagrant et criard que je n`ai aucun mérite d`avoir eu ce genre d`analyse. Il faut etre de mauvaise foi pour ne pas le reconnaitre.Par contre vous venez de suciter en moi une envie très pressante de gerber. Dans toute chose il y a quelque chose de bien à en tirer. Et dans votre cas l`allusion que vous faites m`amènera dans les prochains jours à prendre une carte du RPG.
Sékou Oumar Camara, samedi 7 août 2010
Le ténébreux Mick Mack Camara a décidé de fermer la sienne plutôt que la mienne. J`en prend bonne note...Pour l`avenir, je prie Dieu de préserver Alpha Condé et SOC de leurs amis!...En ce qui concerne le petit Mamadou que je suis, les préjudices causés par ces fripouilles ne pourront être que minimes. Mais, pour le prof Alpha Condé, les agissements d`un "Mick Mack Camara", qui s`érigent en portes-parole du RPG, finiront par lui causer des préjudices irréparables...
MICK MACK CAMARA, samedi 7 août 2010
Merci mon cher Diaby. J`ai pris note et à bientot. Bon courage
M.Diaby Kalifa, vendredi 6 août 2010
Mon cher MICKMACK, pour moi aussi, ce serait un plaisir de te voir et de continuer cette discussion pour le bien du pays. J`apprecie beaucoup vos analyses et les partages en très grande partie. Elles sont très bien dites! Voici mon mail, je veux garder contact avec vous: diabygassama.kalifa@yahoo.fr! Il faut cotinuer le combat, quelqu`en soit le prix. On le fait pour la Guinée. Ce fut vraiment un plaisir pour moi de faire votre connaissance! Bien de choses à Vous mon cher. Pour la Guinée, pour que vive la Guinée!
M.DIaby Kalifa, vendredi 6 août 2010
M. S.O Camara, je prends acte ! Comme vous, j’ai moi aussi été ravi d’avoir pu échanger nos idées et nos analyses, avec vous et tous les autres. J’espère, et je vous prie de me croire que les faits vous donnent raison. J’espère que la vérité sera de votre côté. Pour le bien et le bien n’être de la Guinée et des Guinéens, tous les guinéens sans exception aucune ! Car voyez-vous, le travail intellectuel, avec sa fonction fondamentale de critique objective (sans le sens Orwelien… !) épistémologique et ontologique, est quelque peu schizophrénique. Avec sa raison, et pour sa fonction sociale, il fait tout pour que les faits lui donnent raison. Alors, j’espère que la suite des événements me donnera tort…pour le bonheur et la paix en Guinée. Toutefois, je continue à plaider pour le débat d’idées, pour l’esprit critique et pour une critique sociale et politique rigoureuse et sans complaisance. Ma crainte pour la Guinée, c’est que je trouve que son intelligentsia (politique et sociale) est trop complaisante avec la vérité, et joue trop souvent dangereusement le populisme. Un intellectuel ne doit jamais avoir peur de déplaire, si ton travail ne souffre d’aucune partialité égoïste et préméditée ! Je dirais bien que Dieu sauve la Guinée ! Mais je pense que ce sont les Guinéens qui doivent sauver notre pays à nous tous !!!
Mick mack Camara, vendredi 6 août 2010
Es déclaré nul tout bulletin de vote mis dans l`urne sans enveloppe. Code électoral article 67,68....Le 27 Juin 100% de bulletins de vote ont été mis dans les urnes sans enveloppe. Pourquoi la Cours SUP a validé ce vote? Qu`a fait la CENI du Budget??? Imaginons qu`une enveloppe coute 50francs,et faites le calcul de l`argent qui a été détourné à d`autres fins 4.000.000 X 50 soit 200.000.000 francs et ça c`est le minimum.
Mick mack Camara, vendredi 6 août 2010
Monsieur Diaby, je pense qu`un de ces jours on aura l`occasion de se voir et de discuter de ces sujets préoccupants. Vous avez raison, et Sékou Oumar aussi: je n`ai aucun droit de lui dire de la fermer. Toutes mes excuses à Sékou Oumar Camara. Ce qu`il faut qu`il sache c`est que la période CNDD est derrière nous: comme le dit l`autre, le passé n`a pas d`avenir. La Guinée est un pays souverain, meme si après plus de 50 ans on est toujours dans le Pétrin. Il y a des choses inadmissibles qui se passent dans notre pays et nous avons atteint le comble lors de cette transition et de ces élections baclées.Il y a des choses difficiles à admettre. Comment admettre que plus de 100 bureaux de vote dans le sud de la Guinée n`ont pas pu voter faute de matériel de vote? Comment admettre que certains memebres de la CENI dérobent des PV de certains fiefs au profit d`un Parti en lice? Les membres de la CENI sont assermentés que je sache.Comment imaginer qu`à part le leader lèsé du RPG aucune élite Guinéenne ne soit monté au créneau pour demander réparation? L`impunité on la cultive chez nous au meme titre que le raisin chez les européens.Comment admettre que malgré toutes ces irrègularités la cours supreme s`est permise de valider ce vote?? Comment admettre que la CENI nous reclame plus 50 milliards de nos francs pour boucler le scrutin, alors qu`elle prétendait etre prete sur le plan financier? Se rend-on compte que c`est le contribuable Guinéen qui finance in fine les élections? Comment admettre qu`on nous précipite vers la catastrophe dans le but de préserver la paix sociale? Se rend_on compte qu`un 2ème tour baclé pourrait entrainer une guerre civile à la kenyane en Guinée? Sékou Oumar le Le 28 septembre 2009 ne doit plus servir d`Alibi pour prendre le pays en otage.
Sékou Oumar Camara, vendredi 6 août 2010
M. Diaby, en fin de compte, vous et moi allons nous contenter d`un accord minimum et d`un accord sur notre désaccord sur le reste...Parce que, voyez-vous, je considère que la Guinée vient de loin; et que nous sommes entrain de sortir (maladroitement mais assurément) de l`impasse. Cela, nous le devons à l`action du Forum des Forces Vives, à celle de la communauté internationale et à la personnalité exceptionnelle et remarquable de Sékouba Konaté...Je vous remercie pour la disponibilité et le sens du dialogue. Bien à vous!
M.Diaby Kalifa, vendredi 6 août 2010
M/S/O Camara, J`avais bien compris la question et la reponse de mon côté ,ne peut être que juridico-politique. Je trouve que vous êtes dans une posture trop morale. Pour repondre à votre question: Oui, une autorité inconstitutionnelle, mais une autorité de fait (dans un Etat), peut bien s`abriter derrière la souveraineté que le droit international lui reconnait (et non pas lui attribue!). Est ce qu`elle peut le faire légitimement? cela depend de ce que vous entendez par "légitimement". Mon frère, ces concepts sont trop complexes pour renvoyer à une seule réalité ou sens. Si vous entendez "légitimement" pour dire "démocratiquement". Je vous reponds par non. Une autorité inconstitutionnelle ne devrait pas s"abriter derrière sa souveraineté internationale. Mais sachez qu`en relation internationale, ce ne sont pas les principes démocratiques qui fondent le principe de souveraineté. Sachez le, une bonne fois pour toute, démocratique ou pas, pour le bien our le mal, inconstitutionnelle,l`autorité qui représente de fait un Etat, peut s`abriter derrière la souveraineté de l`Etat. Et elle n`a besoin pour cela d`aucune autorisation. Les considérations morales n`y changent rien. Et les exemples sont abondants sur la scène internationale, les autorités qui, malgré leur inconstitutionnalité ou leur intention, demeurent souveraines. Vous me demandez si en tant que citoyen, j`accepte cela? Je vous reponds que sur la scène internationale, et dans les relations d`Etat à l`Etat, mon avis compte peu! Je suis étonné de vous voir ignorer cela! Croyez vous que la communauté internationale s`est genée de faire avec la souveraineté des régimes précédents? Et pensez vous qu`ils ont rien fait de mal ou on tout fait pour l`intérêt généal? Il faut dissocier deux choses, je vous le redis: le combat légitime des guinéens pour la démocratie, et les règles internationales relatives au principe de souveraineté. Vous avez dans le dernier cas,un moralisme inutile. Car cela ne se passe pas comme? Sinon, pourquoi la Guinée, et pas la Côte d`Ivoire, la Corée, le Cuba etc...? Ce que je vous dis moi, ce qu`on abandonne pas sa souveraineté à autrui,on ne brade pas sa souveraineté su la scène internationale contre un hypothétique "bien", ou imrobable défense de l`intérêt général. Car, vous risquerez de n`avoir ni l`un,ni l`autre et voir votre souveraineté vous échapper pour longtemps! Peu importe moi, que ce soit le CNDD ou pas le CNDD. Son échec est patent, ce n`est la pas question. Mon propos à moi, c`est qu`à ce moment là, au lieu de rester responsables de notre destin national, nous l`abandons entre les mains d`une nebuleuse internationale, qui décidera de notre agenda politique plus en fonction de ses intérêts que des intérêts de la Guinée. Si la scène internationale était regie par la notion de "bien" ou de "mal", ou d"intérêt général", çà se saurait! Il n`y a que les guinéens pour savoir ce qui est bon ou pas pour eux. Tout le reste, ce sont des mots et des postures...!!
Sékou Oumar Camara, vendredi 6 août 2010
M. DIABY, je vous remercie pour les développements rafraichissants mais j`ai l`impression que nous ne nous comprenons pas très bien. Je ne fais aucune confusion entre la souveraineté de l`État (interne ou externe) et la souveraineté de la Nation. La question que je vous ai posé était celle de savoir si une autorité inconstitutionnelle peut légitimement s`abriter derrière la souveraineté internationale de l`État pour mal faire? En tant que citoyen, donc en tant que composant du Souverain national, acceptez-vous que celui qui s`est emparé de votre pouvoir s`abrite derrière la souveraineté internationale de l`État pour agir dans un sens contraire à l`intérêt général? C`est la question que j`ai posée...
M.Diaby Kalifa, vendredi 6 août 2010
M. S.O Camara, je crois que vous confondez deux aspects différents de la notion de souveraineté. Son aspect interne, qui renvoie à l’idée de la souveraineté populaire et son aspect externe qui concerne la notion d’ETAT SOUVERAIN. Ces deux perceptions de la souveraineté, bien que soutenues par le même mot, ne renvoient pas aux mêmes réalités. Ce que vous appelez « la nation souveraine », c’est le sens interne de l’idée de souveraineté populaire. Cela renvoi à l’idée fondatrice de la démocratie, de l’origine et de la légitimité du pouvoir. Les philosophes politiques, Hobbes et Rousseau notamment l’ont particulièrement bien traité…avec d’ailleurs toute l’ambigüité et toute la complexité que cette notion crée dans les mécanismes démocratiques ( çà c’est un autre débat !) La souveraineté appartient au peuple…qui l’exerce soit directement soit par le biais de ses représentants… Il ne faut pas confondre cet aspect de la souveraineté avec la notion « d’Etat souverain » sur la scène internationale. Sauf si vous croyez sérieusement qu’un Etat ne peut bénéficier de sa souveraineté sur la scène international que s’il ne peut se prévaloir de l’expression de la souveraineté de son peuple. J’aimerai bien que ce soit le cas, mais croyez moi çà ne se passe pas comme çà dans les relations internationales. Sinon il ya aura objectivement beaucoup d’Etats qui ne seront pas souverains…Et les relations entre Etats seront invivables. Car la souveraineté sur la scène internationale c’est avant tout la souveraineté d’Etat à Etat, ou de groupes d’Etats. En relation internationale, ce sont les Etats collaborent et non les peuples. Donc la souveraineté dont il est question est celle de l’Etat et non celle du peuple ou de la nation. Même si bien évidemment, il ya une sorte de présomption théorique qui lie les deux. Pensant que l’une renvoie nécessairement à l’autre, mais ce n’est pas toujours le cas… ! Mais cette question est une affaire interne à chaque pays. D’où le principe de non ingérence dans les affaires internes d’un Etat (un autre brandon de contradiction dans le rapport entre les principes dits universels et les réalités politico-juridiques des relations internationales). Donc oui, même avec le CNDD, l’Etat Guinéen demeurait souverain sur la scène internationale. Si La Guinée ne s’en sert pas, ou ne s’en est pas servit (toujours avec la complexité qui caractérise cette notion !!) ce qu’elle n’a pas pu ou su le faire. La question de l’aspect démocratique ou non démocratique du CNDD et de sa détention du pouvoir, reste une question d’ordre interne et ne change rien au principe de souveraineté étatique dont bénéficie l’Etat guinéen. Au tant l’Etat Guinéen même sous le contrôle du CNDD demeure souverain, autant du fait de ce même principe de souveraineté les autres Etats du monde ont le droit de traiter ou de ne pas traiter avec l’Etat, donc ses représentant s. La souveraineté d’un Etat ne dépend absolument pas de la façon par laquelle les représentants de ce Etat ont accédé au pouvoir ! Alors contrairement à ce que dites à travers votre première interrogation, l’un n’empêche pas l’autre ! Pour ce qui est de l’attitude de la communauté internationale, votre exemple sur le Niger conforme justement ce que je dis. La différence entre le cas nigérien et le notre, c’est bien évidemment la mauvaise gouvernance du CNDD, ses irresponsabilités, ses échecs, mais aussi l’opportuniste, l’irresponsabilité, le populisme des responsables politiques et ceux de la société civile. La Guinée n’avait pas perdu sa souveraineté en tant qu’Etat. Elle l’a abandonné, sinon vendu au prix d’intérêts partisans et égoïstes. Et la communauté internationale, un concept d’ailleurs si confus, si flou et si ambigu, en a profité pour imposer, avec la complicité des responsables politiques et sociaux, un agenda hasardeux et hors de toute objectivité et rigueur politique, à la Guinée. Ca c’est un fait ! Espérons que les dégâts seront limités et maitrisés pour la Guinée et les Guinéens. Mais en cas d’échec, la responsabilité de ce qu’on appelle la communauté internationale (en réalité quelques pays…) ne pourra être éludée. Mais les premiers responsables restent les responsables politiques guinéens et leurs complices sociaux et intellectuels, et médiatiques, qui ont pensé au pouvoir plus qu’à la nation ! La communauté internationale, parce qu’elle n’est que le faux nez d’un agrégat d’intérêts singuliers et stratégiques, a fait en preuve d’une étonnante et hasardeuse légèreté. Et ca c’est irresponsable ! Alors le dogme de la communauté internationale, de ses bonnes intentions, çà c’est pour les enfants en maternelle ! Comme le disait le Général De Gaulle « En relation internationale, les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » ! D’ailleurs, moi je ne fais jamais procès à un Etat de défendre ses intérêts, c’est la règle du jeu. Je reproche à ceux et celles qui sont sensés défendre l’intérêt de la Guinée et des guinéens, de ne pas l’avoir fait et d’avoir abandonné la défense de ces intérêts à une hypothétique communauté internationale, par naïveté ou par calcul pervers, ou les deux !
Sékou Oumar Camara, jeudi 5 août 2010
M. Diaby, qu`est ce que la souveraineté d`un Etat sur la scène internationale si la Nation n`est plus souveraine? si une fraction du peuple (disons le CNDD) s`est auto-attribué le pouvoir d`Etat? Plus concrètement, je voudrais vous rappeler qu`au moment de la prise du pouvoir par le CNDD, la communauté internationale s`était montrée extrêmement accommodante, y égard au lourd héritage légué par Lansana Conté. C`est parce que le CNDD n`a pas été le bonus pater familia que l`on attendait (y compris moi et beaucoup d`autres personnes) que la communauté internationale a changé de stratégie. L`exemple de la junte nigérienne est là pour illustrer combien de fois la communauté internationale peut se montrer compréhensive lorsqu`une rupture de légalité est "légitime" et lorsque les autorités de fait sont de qualité et agissent pour le bien commun...Bien à vous.
M.Diaby Kalifa, jeudi 5 août 2010
Les remarques de MICKCMACK sur le déroulement de la transition guinéenne et sur la stratégie de la communauté internationale me paraissent parfaitement fondées. C’est une question d’objectivité et de rigueur intellectuelle. Moi je ne dénie à personne la présomption de sincérité et de loyauté vis-à-vis de notre pays à nous tous. Et chacun a le droit d’avoir sa propre perception et son propre jugement. Mais politiquement et intellectuellement, les faits demeurent les faits et le bilan à ce jour est pathétiquement sombre et préoccupant. Je suis très en colère de voir que la classe politique guinéenne et l’intelligentsia se soient laissés embarqués dans cette aventure hasardeuse et dogmatique qui ne pouvait mener qu’à l’impasse. La Guinée est décidemment un pays qui ne tire jamais les leçons de l’histoire, ni la sienne ni celle des autres. Les échecs répétés des implications de la communauté internationale dans des processus de transition en Afrique et ailleurs, la contradiction, l’ambigüité et les analyses partielles de sa position, devaient nous amener à plus de prudence. Avec une règle simple : la Guinée est un pays « souverain », et les guinéens au-delà de toutes les oppositions et de tous les conflits, se devaient de refuser que leur agenda politique soit défini et imposé par l’extérieur. Mais on a préféré faire des alliances et des complicités de circonstances au lieu de placer l’intérêt supérieur du pays au dessus de tout autre conflit ! Au risque de mener ce pays au désastre ! Je suis très en colère contre une classe intellectuelle et une société civile, qui n’a jamais su de placer au dessus des positions partisanes, et faire une analyse objective avec la rigueur qui sied à tout travail intellectuel, pour proposer aux guinéens une sortie de crise adaptée à la complexité de la situation guinéenne. Mais aujourd’hui les dés sont jetés. Et le premier tour, quoiqu’on en dise, a été un festival d’illégalités et d’irrégularités qui frise le ridicule absolu. Personne ne demande une démocratie parfaite, mais tout de même… ! Il n’y a qu’en Guinée qu’on se réjouit d’une telle médiocrité et d’une telle carence morale, sociale, institutionnelle et technique. Il faut que ce pays apprenne à bien faire les choses !! On ne fait rien sérieusement en Guinée. C’est proprement insupportable ! On a peut être encore une dernière chance pour sauver les meubles et éviter les dégâts. Il faut absolument prendre le temps nécessaire pour pallier aux insuffisances, aux fautes, aux erreurs et aux carences du premier tour. Il faut que le second tour soit techniquement incontestable et irréprochable. L’argument selon lequel en Afrique les élections sont toujours contestées ne suffit pas, les contextes et les enjeux sont nettement différents. Il faut cesser de jouer avec le feu en Guinée, et arrêter de renvoyer à plus tard la nécessité de bien et de mieux faire. Il sera extrêmement dangereux de se précipiter pour le second tour pour quelques motifs que ce soit. Prenons le temps qu’il faudra pour que les deux candidats bénéficient des mêmes garanties et des mêmes chances de traitement techniques et administratifs. Aller au second tour dans les mêmes conditions que le premier, ce sera une forfaiture politique historique désastreuse pour la Guinée. Pour finir, je voudrais me permettre en toute fraternité, d’appeler mon frère MICKMACK et Sekou oumar de ne pas aller sur ce chemin, et de circonscrire leur débat sur le seul et unique terrain des idées. Contrairement à ce que dis monsieur S.O Camara, je n’ai pas choisi MICKMACK, il se trouve que je partage absolument ses excellentes remarques et analyses sur la transition Guinéenne. J’aurai pu les dires moi-même. Ca c’est un fait, on ne choisit pas les gens avec lesquels vous êtes d’accord. Ce sont les idées et les analyses qui m’intéressent ! Et je suis heureux de partager la même analyse que lui, tant sur la pression inacceptable de la communauté internationale, que sur l’attitude honteuse de la classe politique guinéenne et son populiste intelligentsia. On s’est comporté en mendiant, on nous a traités en mendiant ! Et pourtant, en tout point de vue, on a plus a perdre qu’à gagner !!!! Toutefois, malgré le désaccord que j’ai avec monsieur S.O Camara, je pense contrairement à MICKMACK, qu’il a parfaitement le droit et la liberté e ‘exprimer et d’exprimer les idées qi sont les siennes. On ne doit pas être définitivement condamnés par son passé, à condition de reconnaître ses fautes et ses erreurs ( si fautes et erreurs il ya eu !). Je suis en parfait accord avec les idées de MICKMACK, je lui prie d’accepter de débattre avec S.O Camara sur les idées ! C’est une demande fraternelle, et non une leçon quelconque
Sékou Oumar Camara, jeudi 5 août 2010
M. %ICKMACK CAMARA, je vois que votre prénom a pris du pourcentage pour mieux baisser en valeur alphabétique. Sachez que tant que vous ne me ferez pas taire, eh bien, je continuerai à faire du cafouillage et du verbiage inutile. Le juriste bidon que je suis et le conseiller émérite (sic) que je fus vous demande de bien vouloir la lui fermer... D`abord, qui êtes vous, pour me demander des comptes? Je pensais que vous me connaissez mais je constate que non, sinon vous n`auriez jamais osé... Vous croyez que je cherche à me laver d`une souillure quelconque? Vous croyez que j`ai un lourd fardeau dont je cherche à me débarrasser en prenant part au débat public guinéen? Vous croyez que quelqu`un peut me "couper la parole"?, Vous êtes alors un "piètre connaisseur" de SOC...Pour le reste, M. DIABY a eu tort de prendre un parasite intellectuel pour un allié de circonstance. Vous vous servez de la bonne foi de l`auteur, qui s`applique à dénoncer l`impréparation du processus électoral, pour tenter de justifier a posteriori la tentative d`instauration en Guinée d`un fascisme militaire et tribal. Lui et moi sommes bien d`accord sur le caractère chaotique du scrutin. C`est sur les causes que nos opinions divergent. Quant à vous, je vous demande prestement d`imaginer là où je met vos avis sur mes qualités et mes défauts... Pour terminer, je réitère mes encouragements: faites taire Sékou Oumar, couper-lui la langue et les doigts, comme vous l`aviez fait au stade du 28 septembre! Si vous ne parvenez pas à le faire taire, vous risquez de le lire à nouveau...
MICKMACK CAMARA, jeudi 5 août 2010
Ne me parlez pas de Benchmarking dans des pays qui n`ont rien avoir avec nous (le ghana). Oui faites le en Guinée bissao où la communauté internationale a poussé ce pays vers des élections précipitées et aujourd`hui c`est la catastrophe dans ce pays. Faites le en Centrafrique où la communauté internationale a soutenu les partis politiques de l`opposition qui refusaient d`aller aux élections alors que le Mandat du Président était échu. Il n`ya pas eu d`élection dans ce pays et il a fallu que l`on proroge le mandat du Président actuel.BIZARRE NON? Allez au Niger où la fermeté des autorités de la transition ont eu raison de la Communauté internationale.Vous me direz que l`URANIUM a dù etre l`arme secrète de la junte. AREEVA AREEVA AREEVA ça vous dit quelque chose. Aujourd`hui on a découvert de l`Uranium en GUINEE et il faut faire vite les élections. Aujourd`hui les forages hyperdynamic vont démarrer et il faut faire vite les élections. Vous ne comprenez donc rien à cette conspiration??? Au kenya, malgré le drame, ce peuple est allé au reférendum pour valider sa toute nouvelle constitution. Nous sommes exceptionnels nous les Guinéens, on ne fait rien comme les autres. Nous validons une constitution dans une période d`exception avec un président d`exception, un gouvernement d`exception,un parlement CNT d`exception. On s`en fout quoi... allons aux élections le plus rapidement possible et comme ça le pays sera à la merci des rapaces.
%ICKMACK CAMARA, jeudi 5 août 2010
Encore une fois taisez vous Mr Sékou oumar Camara? Quelque soit les circonstances de votre appartenance au clan Dadis ou celles consécutives à votre départ il n`en démeure pas moins que vous étiez dans le cercle restreint du clan Dadisme? Donc encore une fois taisez vous! Un coseiller juridique fut-il fuyard ou trouillard ou meme cafouillard doit se taire. On se connait tous en Guinée et suivez mon conseil TAISEZ VOUS. Vous vous érigez en donneur de leçon alors que vous n`etes qu`une coquille vide qui ne fait que paraphraser les gens. DIABY A RAISON, ces élections ont été précipitées et ce n`est pas vous qui direz le contraire. Juriste de mes deux. ARRETEZ DE VOUS PRENDRE POUR CE QUE VOUS N`ETES PAS. Juriste vous! je ne le crois pas. Tout ce qui nous arrive aujourd`hui vous en etes un des précurseurs en tant conseiller émérite de DADIS et de sa bande. Faites moi plaisir, laissez la parole aux autres. Vive DIABY
Gandhi, jeudi 5 août 2010
Je ne peux malheureusement pas passer mon temps à essayer de m`expliquer, car je constate que j`ai du mal à me faire comprendre, mais d`autres auront perçu mon message et c`est l`essentiel. Peut-être qu`un jour, à l`occasion d`une rencontre, ce sera plus aisé. Une dernière précision toutefois sur la définition du benchmarking : technique de marketing au départ, mais adaptée aux sciences sociales (par exemple en politique) consistant à étudier et à analyser ce qui fonctionne chez les autres (pays africains) afin de s`en inspirer et de l`adapter chez soi. Autrement dit, j`essaie de m`inspirer de situations africaines (et non occidentales) REELLES et non imaginaires ou imaginées dans l`absolu, afin d`en tirer le meilleur pour la Guinée ; mais même dans mes rêves, dans les pays un peu plus avancés que nous, il n`existe pas encore de démocratie et d`état de droit... donc le chemin est encore long. Cordialement.
M. Diaby Kalifa, mercredi 4 août 2010
J’aurai pu faire miennes le excellentes remarques de MICKMACK Camara. Mais je pense qu’il l’a fait mieux que je ne l’aurais fait ! J’aurai pu aussi les utiliser pour répondre aux pompeuses, trop politiques sinon politiciennes de Gandhi. Mon cher Gandhi, Quand vous dites qu’en politique je vous cite « le possible est préférable au souhaitable », vous me donnez la parfaite définition de ce que vous êtes. Vous êtes trop politiciens pour voir loin. En politicien, vous dites la vérité, mais jamais toute la vérité. Si le possible est préférable au souhaitable pour vous, vous privez la politique de tout son sens substantiel et originel. J’aurai même pu me limiter à cette déclaration qui me suffit pour vous comprendre et savoir qu’effectivement, on ne peut pas être d’accord. Moi je ne suis pas politicien, la politique est un objet d’études pour moi. Je crois toutefois à une chose, si la politique se limite à la réalisation du possible, elle aura peu d’intérêts. D’ailleurs, comment connaître le possible quand on n’a pas tenté ce qui semble être pour vous l’impossible ? Je trouve que vous jouer abusivement avec les concepts au gré de votre humeur. Et cela crée beaucoup de confusions à mon goût. La complexité des mots et des situations nous invite à une utilisation conceptuelle plus mesurée. Malgré tout, par respect pour le débat, je vais essayer de répondre à certaines de vos interpellations : - Vous vous êtes basé sur la représentation ethnique pour dire qu’a final, la Cour suprême n’est pas loin de la vérité puisque dites vous ce sont les deux ethnies majoritaires qui sont au second tour. Peut être ! Mais, sachez, malgré la moindre considération que vous semblez avoir pour le droit, qu’en droit le respect de la forme est tout aussi important que celui du fond. Peut être que sans cette mascarade les deux mêmes candidats se seraient retrouvés au second tour. N’empêche, la façon ou le contexte par lequel ils s’y retrouvent est contraire au droit. La Cour suprême ne devant statuer qu’en droit, n’avait d’autre « droit » que d’annuler cette élection qui a été un festival d’irrégularités. Vous dites qu’il ne faut pas être plus royaliste que le roi. Etonnant, surprenant et déroutant, car vous semblez réduire l’intérêt et l’importance du contentieux électoral aux seuls partis politiques. Vous faites erreur ! Son intérêt va bien a delà des partis. Cela concerne la cohérence de toute la société guinéenne. Donc, permettez moi de vous dire, que je ne peux pas être plus royaliste que le roi, puisque le roi c’est aussi moi, en tant que guinéen. C’est étonnant de la part de quelqu’un qui se définit comme démocrate, de me reprocher de vouloir le respect de notre norme commune ! Je sais bien, vous me trouvez souvent trop aveugle avec, trop aveugle avant cela. Je commence à me demander si ce n’est pas vous qui êtes aveugles, à force de ne pas voir des réalités crues, voir même palpables. Sur ce point là, d’une certaine façon, je suis bien plus réaliste et pragmatique que vous. Je vous sens plus fatalistes que pragmatiques. Mes analyses portent su la réalité guinéenne, sur son texte et son contexte. Vous vous avez en tête une situation, peu importe la réalité, vous voulez y être. Je vous dis bonne chance ! J’ai peut être le même souhait que vous, mais je prends en compte tous les facteurs qu’ils faut non seulement pour y arriver, mais aussi pour mieux m’y sentir ! - Vous dites préférer un mauvais régime civil à un régime militaire. C’est bien votre droit. Mais permettez-moi de vous dire que cette affirmation, péremptoire par ailleurs me semble trop simpliste et trop caricaturale. En outre c’est assez contradictoire de la part de quelqu’un qui se dit pragmatique. Puisque, dans la réalité politique, il ya des régimes militaires qui valent mieux que certains régimes civils. Et l’histoire nous en a donné d’innombrables exemples. Moi je ne perçois pas les choses de cette façon là. Je prends la peine de juger certes les principes, mais aussi les faits (c’est un idéaliste qui parle, n’est ce pas !). Dans la factualité politique les choses peuvent être bien plus complexes. Pour ainsi dire, cette affirmation que vous faites n’est que le produit de principe dogmatique, sa réalité dépend du contexte ! Il y a de très mauvais régimes civils, qui sont parfois pires que des régimes militaires. D’ailleurs, comment définissez-vous un régime militaire et un régime civil, dans des situations hybrides, au-delà des définitions classiques que la réalité outrepasse allégrement ? Peut-on dire aujourd’hui clairement qu’on a un régime militaire en Guinée ? La réflexion intellectuelle exige de prendre en compte et le détail et la complexité, sinon on risque de passer à côté de l’essentiel. - Vous dites qu’il nous faut du temps pour gravir pas à pas les escaliers et qu’il faut éduquer la population aux mécanismes et aux principes démocratiques. Je suis d’accord avec vous. Mais vous défendez le contraire. Une bonne décision et une décision juste de la Cour suprême conforme au droit aurait eu un effet éducateur et démocratique sur les Guinéens. Mais comment pouvez-vous parler d’éducation quand vous soutenez une mascarade juridique ? Et, aller pas à pas, ce n’est pas allé d’erreurs en erreurs, mais évoluer tout en corrigeant ses erreurs. Mais vous semblez remettre cette correction à plus tard. Pourquoi pas. Mais il va bien falloir payer l’addition un jour ! - Pour ce qui est de mes solutions, j’ai eu suffisamment d’occasion pour les évoquer, bien avant. Oui, je réfléchis, je critique (fonction essentiel de tout intellectuel), mais je propose aussi. Et l’excellent site Guineeactu m’a souvent donné l’occasion de le faire. J’ai fait des propositions concrètes bien avant les élections. Permettez-moi donc, si mes solutions vous intéressent, de vous renvoyer à la lecture de mes articles sur ce même site. Notamment : un article intitulé : esquisse d’un programme de transition démocratique en Guinée ; Ou un autre sur le mysticisme électoral. - Vous me demander si je peux corriger les failles de l’Etat dans 6mois. Ma seule réponse sur ce point est celle-ci : Je n’ai jamais adhéré au dogme des 6mois. Je n’ai jamais été populisme si suiviste, moi ! Ma pensée sur la Guinée n’a jamais été commandée par l’hypothétique communauté internationale ! Alors, merci pour votre conseil commercial. Vous en avez plus l’utilité que moi ! Je ne fais pas de « benckmarking » moi ! Fraternellement !
Sékou Oumar Camara, mercredi 4 août 2010
Au fait, Monsieur Mick Mack Camara, je vous encourage et vous souhaite du plaisir à me faire taire. Pour commencer, parmi les cadavres qui ont disparus le 28 septembre 2009 et jours suivants, je vous remercie de sortir les miens et de les exposer à la place publique.
Sékou Oumar Camara, mercredi 4 août 2010
M. Mick Mack, tout d`abord, puisque vous savez que j`ai été un "conseiller de Dadis", je présume que vous devez connaître les conditions de mon entrée, de mon séjour et de ma sortie du Dadistan. Je n`ai donc pas de compte-rendu de mission à vous faire à ce sujet, au risque de vous ennuyer. Par contre, je vous saurais infiniment gré de porter à la connaissance des lecteurs de ce site les "raisons de ma fuite". En ce qui concerne le fond de l`article de M.DIABY, je crois que lui et moi sommes compris ainsi qu`avec les commentateurs qui, ma foi, ne vont pas du coq à l`âne, comme vous avez pu le constater. Inutile donc à l`idiot que je serais de chercher à faire du benchmarking pour amuser les macaques!
MICKMACK CAMARA, mercredi 4 août 2010
Accompagner quequ`un c`est avancer au meme rythm que que lui, ce n`est pas le précécer ou meme rester derrière lui. Accompagner c`est aller avec. Or la Communauté Internationale s`est montrée plus pressée que la Guinée qu`elle accompagnait. Personne ne peut aller plus vite que son enfant lorsqu`il l`accompagne à l`école, au stade ou au jardin. S`il le fait il y a des risques d`accident, de perte de l`enfant en chemin. On a dit de nous accompagner mais ils veulent aller plus vite que nous, dans quel but???? Nul ne sait à part eux. Ils savent pourquoi. Demain le matériel de forage des premiers puits du Pétrole on shore sera en Guinée avec Hyperdynamics et c`est super. ATTENDON NOUS A QUELQUES VAGUES DANS LA PRESSE, LES JOURNAUX, LA HAUTE SOCIETE.TOUT SIMPLEMENT PARCEQUE LA COMMUNAUTE INTER (UE) n`y trouve pas son compte pour le moment. Les élections d`un président illégitime devraient arranger tout ça et rétablir le soit disant tort. ALLONS VITE AUX ELECTIONS.......On nous avait fait croire que la China found n`existait pas et aujourd`hui les premiers trains circulent pour le bonheur des guinéens, et AIR GUINEE c`est pour bientot.
MICK MACK CAMARA, mercredi 4 août 2010
Ne jugez que les faits. Monsieur Diaby a raison. Il l`avait dit et repété que ces élections étaient précipitées et il avait alors été traité de tous les noms.Aujourd`hui il a bien raison de monter au créneau pour dire haut et fort ce qu`il en pense sur la base des faits. Monsieur Sékou Oumar, en votre qualité d`ancien conseiller juridique de DADIS et de son gouvernement vous devez le savoir et vous taire. Comparaison n`est pas raison et vous le savez. JUGEZ LES FAITS TELS QU`ILS SONT. ARRETEZ de nous parler de benchmarking politique alors que vous ne savez pas ce que c`est. Des gros MOTS pour rien. Qu`est ce le GHANA et les autres ont à voir ici. Please Cala la boca. Nous avons eu des élections qui se sont déroulées dans le calme avec un taux de participation de 52% et des irrégularités de toutes sortes. LE VOL était nationale.La cours supreme n`a jamais été aussi riducule. Monsieur Diaby a raison et n`oubliez pas que vous étiez un de ceux qui conseillait DADIS. Dites nous un peu les raisons de votre fuite... WA SALAM!
Gandhi, mercredi 4 août 2010
Cher Mr Diaby, mon commentaire vous a paru ésotérique, donc avant d`essayer d`être plus clair, je propose quelques réactions à vos assertions. En premier lieu, je reconnais que je fais des études comparatives (du benckmarking politique et économique) avec les pays africains, où je remarque, que même dans les pays souvent cités en exemple (Botswana, Ghana, Maurice, Afrique du Sud....), les problèmes ethniques y font florès. La Guinée ayant beaucoup de similitudes avec eux, j`essaie de voir ce qui fonctionne dans ces pays. Je ne compare pas avec des pays qui ne marchent pas - alors que la Guinée en fait pourtant partie -, n`ayant pas la prétention de croire que nous pourrons les dépasser en une législature, uniquement parce que nous l`avons décidé. J`ai également la naïveté d`imaginer qu`un mauvais régime civil est préférable à un régime militaire (surtout lorsqu`on analyse l`état de notre armée). L`idéalisme, ce n`est pas de mieux faire, cela est à notre portée, c`est de croire qu`il suffit de faire respecter le droit (comment ?) pour que tout fonctionne. Or le droit est au service des hommes et non l`inverse. Vous faites une confiance aveugle au droit, oubliant que ce qui compte c`est l`application qui en est faite. Tout le monde a dit que nous avions la meilleure constitution : voyez comment elle a été dévoyée. Si on veut des élections les plus parfaites possible, il faut recommencer le recensement, mais pendant ce temps les militaires restent là, ce que je ne souhaite pas. Et même des élections réellement libres, crédibles et transparentes n`empêcheront pas une dictature éventuelle, si nous n`y prenons pas garde. Voilà ce que je veux dire, donc au lieu de conférer au droit une valeur supérieure à ce qu`il est réllement, soyons pragmatique pour avancer lentement, mais sûrement. De par ma naissance et mon vécu, je ne respire que la démocratie et l`État de droit. Par conséquent mes ambitions pour la Guinée sont très élevées, mais je sais que nous sommes dix millions et que la priorité des 90% de la population est ailleurs. C`est pourquoi je ne réagis même pas à votre absence de prise en compte des aspects financiers. Je me contenterais de vous paraphraser : la politique d`une nation ne s`improvise pas (avant dernière ligne de votre texte) : sans commentaires !!! L`idéalisme tel que vous l`imaginez c`est de mettre le pays en conformité avec ce qui doit être (un État de droit). Je partage tout à fait cette opinion, sauf que cela ne se décrète pas, mais s`obtient progressivement par l`éducation, et pour cela il faudra 2 ou 3 générations. Je ne renonce pas, mais je fais à hauteur de mes possibilités, et je sais que pour arriver en haut de l`escalier, il faut gravir les marches une à une. Et même si on peut les gravir deux à deux, on ne pourra jamais arriver en haut d`un escalier de 100 marches en une seule fois. Même le Ghana est fort éloigné de l`État de droit et pourtant, il peut constituer un stimulant. Même le Mali peut être un modèle sous bien des aspects. Sur le temps long de l`histoire, bien sûr il faut être exigeant mais sur la vie d`un homme, avancer même d`un petit pas sera préférable aux 52 ans de dictature qui nous ont fait reculer. Je ne vous demande pas d`être d`accord avec moi, je vous demande de comprendre d`abord (c`est le minimum), et surtout d`expliquer vos solutions, par exemple comment imposer une CENI compétente et honnête, puis une démocratie, puis un État de droit en un temps record ? Dire ce qu`il faut c`est bien, mais même le paysan de Yomou le sait, mais dire comment on fait concrètement, avec une estimation temporelle, c`est autrement plus difficile. Je suis un pragmatique (cela n`a pas toujours été le cas) et je considère aujourd`hui qu`en politique, le possible est préférable au souhaitable, parce que dans le premier cas on peut y arriver pacifiquement, alors que pour le reste.... La Cour suprême qui avait la capacité d`annuler les élections, ne l`a pas fait, et les principaux intéressés (partis politiques) ont accepté sa décision. Quoiqu`on en pense, on ne va pas être plus royaliste que le roi. On ne peut pas vouloir se soumettre au droit, que lorsqu`il vous est favorable !!! Le pouvoir politique a peut-être interféré : trouvons des juristes intègres, compétents et réellement indépendants, dont on soumettra la candidature à un futur gouvernement civil. Enfin, tout le monde sait que l`État n`est pas impartial, et ne pouvait donc pas organiser les élections. On a testé en Guinée, le système d`une CENI (système existant dans d`autres pays africains, on a rien inventé), mais avec des hommes imprégnés d`un système qu`on ne peut rayer d`un trait de plume. Il y a eu des ratés, c`était prévisible, mais sont-ils pire qu`un Matam qui aurait choisi son candidat, Dadis par exemple ? Dernière question : comment corrige t-on en 6 mois les failles de l`État ? Si vous avez la réponse, n`en dites rien ; créez un Bureau de consulting et vendez votre solution : vous avez au moins une cinquantaine de clients en Afrique !!! mais je ne suis même pas sur que cela les intéressera.... Quant à mes considérations ethniques, c`est moi cette fois qui ne comprend pas, ce que vous voulez dire.
M. Diaby Kalifa, mercredi 4 août 2010
Monsieur Sekou Oumar Camara, je partage absolument en grande partie, votre dernier point de vue. Vous y exprimez très clairement, beaucoup d’idées que je partage. Vous mettez le doigt sur des éléments importants pour toute analyse sérieuse du processus de transition en Guinée. Vous avez raison de dire qu’on a forcé la main à la CENI. Vous avez raison de noter l’anormalité qui est devenue la règle en Guinée. Je pense simplement que, tant qu’on n’aura pas déconstruit ce schéma, l’analyser et le mettre en perspective, on risque d’aboutir à une transition bâclée. L’histoire politique nous l’a toujours appris, chaque mauvaise transition donne inéluctablement sur une impasse. C’est là que la temporalité trouve toute son importance. Car, ce qu’on gagne en temps pour la transition, on le perd après en cas de mauvaise transition. C’est pourquoi, à défaut de revenir en arrière, il me semble capital, voir même vital pour la Guinée et les guinéens, que tout soit fait et mis en œuvre pour l’organisation d’un second tour incontestable (dans la mesure du possible !). Dans le cas contraire, notre pays sombrera dans une crise autrement plus grave. Il faut prendre le temps nécessaire pour résoudre, dans la mesure du possible, tous les facteurs de conflits et de contestations. Pour l’intérêt de la Guinée. Mr Ghandi, je ne comprends pas très bien où est ce que vous voulez aller avec votre raisonnement ? Il est vrai que vous avez de quoi vous réjouir si vous passez votre temps à comparer des situations incomparables. Et surtout si au lieu de comparer au mieux, vous ne le faites que par rapport au mauvais, voir au pire. C’est sûr qu’avec une telle logique vous ne serez jamais déçus ! Moi je pense que la Guinée peut et doit mieux faire. Vous appelez cela de l’idéalisme. Permettez-moi de préférer cet idéalisme à votre pragmatisme de renonciation. Quant à votre perception ethnique des résultats, outre ma désolation de vous voir réfléchir ainsi, je vous répondrais simplement que cela n’enlève rien au fait que la Cour devais dire la droit et si le droit n’a pas été respecté, elle se devait d’annuler les élections !!! Vos considérations financières n’y changent rien. La violation de la loi a toujours des conséquences. Et c’est justement pour cela (effet de dissuasion…) qu’on évite d agir dans l’illégalité. Vous trouvez que j’ai une confiance aveugle en l’Etat. Vous avez mieux comme organisation politique pour remplacer l’Etat ? Mieux vaut corriger les failles de l’Etat que de transférer ses compétences à des structures autrement plus pernicieuses. Le moins qu’on puisse dire ce que l’expérience faite en Guinée d’une gestion de l’élection par les partis politiques (chacun dans son fief ethnique) a un goût très âcre !! Oui monsieur Ghandi la Cour suprême est une institution étatique. Et alors ? Je n’ai jamais dit que l’Etat avait toujours raison. Je dissocie même la question de la cour suprême pour la quelle j’ai mené une analyse juridique, et celle de la substitution des partis politiques aux services de l’Etat pour l’organisation des élections. Je pense que cela est un mauvais choix politique et sociale, mais c’est surtout une mauvaise stratégie de transition. Tout le monde disait que cette fois ci les élections étaient libres parce que les candidats n’occupaient aucune fonction publique. C’est vrai. Mais en réalité les élections ont bien été organisées par ceux là mêmes qui y concouraient. Etonnant paradoxe n’est ce pas ? Pour tout dire, la notion de liberté et de transparence sont des notions philosophiques suffisamment complexes pour les réduire au simplisme structurel et technique. Par exemple en Guinée, est on plus ou moins libre face à l’Etat que face aux institutions religieuses et sociales ? L’oppression comme la liberté ne sont pas toujours là où on croit. Ceci dit, Permettez moi de vous dire à vous tous, mes chers frères que je ne doute absolument pas, de votre sincérité, ni de vos efforts louables pour ce pays et j’apprécie beaucoup ce débat d’idées, avec beaucoup de plaisir. Il n y a rien de mal à confronter nos idées, même vigoureusement parfois. Il n’y a que cela qui fera avancer notre chère patrie ! Pour ce qui me concerne, tant qu’il n y a pas de procès d’intention, sachez le, je suis heureux de discuter et d’échanger avec vous. Fraternellement !
Sékou Oumar Camara, mercredi 4 août 2010
M.Diaby, vous prenez mon réalisme pour du fatalisme. Je crois que vous, moi et tous les intervenants aimons profondément notre pays. Comme vous, je déteste la médiocrité et les médiocres. Je veux voir mon pays donner une belle image au reste du monde...Ceci dit, je réaffirme que le scrutin du 27 juin 2010 n`aurait pas pu être autre chose que ce qu`il a été. Sauf, en pire. Vous avez une CENI et un Gouvernement à qui l`on a forcé la main pour accomplir la mission qui leur était assignée. Comment pouvez-vous vous attendre à un bon travail si l`employé, en sus d`être médiocre, est de mauvaise foi? Tout le problème est là. La CENI et le Gouvernement sont allés aux élections contraints et forcés! Nous sommes tous témoins de la farce électorale qui nous a été servie. Il se trouve, heureusement, que les principaux concernés, à savoir les candidats, déclarent accepter les résultats. Un des candidats est même allé jusqu`à demander expressément à la Cour suprême de valider les résultats du scrutin...Alors, je dis qu`il faut faire en sorte que le second tour soit moins chaotique que le premier...Je dis aussi que le facteur temps ne pouvait rien changer à cette situation de désordre public (vous mentionnez l`ordre public: vous m`avez arraché un large sourire)...Dans la situation actuelle de la Guinée, l`anormalité est malheureusement la règle (réalisme et non fatalisme!)...M. Diaby, je sais qu`il est difficile pour un homme raisonnable d`admettre la médiocrité dans laquelle évolue notre pays mais, croyez moi, tant que les choses resteront en l`état, on ne pourra rien faire de normal ou de sérieux en Guinée. C`est dommage mais c`est cela la réalité!
M.Diaby Kalifa, mardi 3 août 2010
mr S.O camara,permette moi de vous dire que votre fatalisme me désole. Vous pensez donc que la Guinée n`est pas capable de faire mieux? Moi je pense que si. Je pense surtout qu`en politique,comme dans toute oeuvre humaine et sociale, la temporalité demeure un facteur fondamental. C`est qui l`ambulance pour vous? je vous prie de relire mes écris,je n`ai jamais porter de critique uniquement sur la CENI, ni à partir de France, ni qu`en j`étais en Guinée. Parce que je n`ai jamais aborder la question guinéenne sous le seul angle technique. La CENI n`a en réalité aucune autonomie de décision. Elle fait ce qu`on lui demande ou ce qu`on attend d`elle. Pour moi la responsabilité est générale, elle va du Président par intérim au CNT, en passant par les partis politiques et la société civile. Il faut en finir avec la culture de médiocrité en Guinée. Apprendre à bien faire les choses. Et refuser l`idée qu`on ne saurait aussi bien faire que les autres. Cette culture de rabaissement national,est non seulement nuisible, mais indigne d`un pays d`une si grande culture! Mais pour bien faire les choses, encore faut il accepter de regarder la réalité en face et de cesser de se voiler la face avec des discours pompeux et des moralismes inutiles. Pour la validation des resultats, je vous le redis, c`est une question d`ordre public. Les partis ne sont pas les seuls victimes de cette mascarade...j`espérer vous faire comprendre cela. Le respect de la loi est une condition essentielle pour l`instauration de la démocratie et de l`état de droit. PS/ Merci pour Barry pour votre confiance...et comme vous, je ne demande que des débats d`idées. tous mes respects aussi
Gandhi, mardi 3 août 2010
Je partage l`avis de Sékou Oumar Camara, mais j`y ajoute quelques précisions supplémentaires. Plusieurs personnes - dont je fais partie - ont indiqué avant les élections, que ces dernières n`étaient pas crédibles du fait de listes électorales fantaisistes (recensement à la louche et non en fonction du nombre réel d`électeurs, nombre différent de kits par préfecture, durée de recensement différente selon les préfectures, diaspora volontairement sous-estimée....), mais on a dit qu`on ferait avec. Personne ne peut craindre la précipitation à part ceux qui y ont intérêt ; évidemment cela pose problème, mais du point de vue politique, est-ce pire qu`un régime militaire sanguinaire ? Des erreurs il y a eu, tout le monde en est conscient. Sont-elles du même ordre que le bourrage des urnes qui aboutissait systématiquement à la victoire du général Conté qui gagnait à tous les coups (le PUP ne fait même plus 1%). Avec Dadis, ce n`était même pas la peine de se déplacer pour voter : il avait gagné d`avance !!!! Pour l`instant personne n`a gagné, alors qu`on imagine bien que si la diaspora avait représenté ne serait que 10% du corps électoral (ce qui est loin du compte réel), il n`y aurait eu sans doute qu`un seul tour. En effet, en démocratie, la loi du nombre s`exprimera toujours, quelles que soient les techniques utilisées, et c`est bien ce qui fait peur à certains, alors que dans une dictature, par définition, ce postulat n`entre pas en ligne de compte. Les résultats sans doute triturés, correspondent à une réalité. En étude comparative africaine, ce sont les registres communautaires et/ou religieux qui sont instrumentalisés. La Guinée ne fait pas exception, si ce n`est que plus de 85% de la population étant musulmane, il n`y a rien à attendre de ce côté. Si l`on considère que les peuls et malinkés constituent la majorité de la population, les résultats (je n`ai pas dit les élections) apparaissent donc crédibles. Concrètement vous voulez quoi ? un régime militaire qui tire sur tout ce qui bouge pour éviter les divisions ? Vous faites une confiance aveugle à l`État, plutôt que les partis politiques, mais la Cour suprême c`est l`État. Qu`en dites-vous ? On annule et on recommence. Qui paye ? qui vérifie que cette fois tout se passe bien ? Quand bien même, si selon vos critères (qui sont aussi les nôtres, mais nous sommes plus pragmatiques qu`idéalistes, sinon nous ne faisons rien), tout se passe bien, il n`y a qu`un seul camp qui gagnera, et le problème est de savoir comment les deux camps se comporteront ensuite. C`est après les élections qu`il faudra être extrêmement pointilleux et vigilant pour faire respecter un État de droit et une démocratie en devenir. Pour l`instant c`est une transition vers.... et sous un régime d`exception.... alors il ne faut pas trop en demander... sous peine de ne rien obtenir.
alpha ibrahim barry, mardi 3 août 2010
J`ai connu monsieur diaby sur ce sîte avant d`avoir le plaisir de l`écouter à la télé et sur les radios en guinée. je ne partage pas forcement toutes ses positions, mais on doit lui reconnaître sa qualité d`intellectuel objectif et grande guel! vu les positions qui ont toujours été les siennes, incontestablement les faits lui donnent raison. et connaissant son attachement à la Guinée, je ne doute pas qu`il ne sen rejouit pas. ce type est un intellectuel cohérent et fidèle. alors, au lieu de lui faire injure d`être partisan ou detre un mauvais guinéen, chercher à discuter ses positions intellectuelles. Moi qui ai voté ufr et qui s`apprete à voter au second tour ufdg, je n`ai trouvé dans ce brillant texte aucun parti pris. vive les debats d`idées à bas les procès d`intention. tous mes respects mr Diaby. la guinée a besoin de vous A.I Barry
GONOTA, mardi 3 août 2010
Nous causionnons la mascara,la fraude,la corruption un peu partout et crions JUSTICE en longueur de journée. Quel dommage pour notre Patrie!
Sékou Oumar Camara, lundi 2 août 2010
M. Diaby, vous oubliez tout simplement que le scrutin du 27 juin 2010 n`aurait pu être autre chose que ce qu`il a été. Le facteur temps ne pouvait en rien changer à l`incompétence et à l`inconséquence de la CENI et des autorités actuelles de notre pays. On aurait pu leur accorder 1 ou 2 ans, cela n`aurait rien changé! Dès lors donc que, malgré tout ce qui a été dit, quant aux fraudes et autres irrégularités, les partis eux-mêmes (acteurs majeurs de la mascarade) déclarent accepter le verdict de la Cour suprême, il me semble inopportun de tirer sur l`ambulance. En ce qui me concerne donc, l`essentiel est d`avoir un second tour moins dantesque! Ce n`est pas une fuite en avant mais une marche en avant.
mr Diaby kalifa, lundi 2 août 2010
Pendant que Mr Soumah m`accuse de façon ridicule d`être responsable des malheurs en Guinée, Mr Ousmane me soupçonne, en pur divin, mecontent des resultats. car mon candidat ( puisqu`il m`a trouvé un candidat que je ne connais pas moi même!)a été repeché. Tout celà me semble ridicule. Ce qui m`intéresse moi, c`est le débat de fond, et pas des procès d`intentions qui ne font guère avancer les choses. Quand j`étais en Guinée au mois d`avril, j`ai été accusé d`être un partisan de Dalein parceque j`étais contre les audits ( un an avant on m`accusait d`être pour Dadis parceq ue j`étais contre la précipitation électorale!). je repondais à ceux qui me portaient cette accusation que s`ils pensent les audits , ce qu`ils le veulent contre Dalein. Et toute ma vie, j`ai été opposé à des procès d`intention et à des chasse aux sorciers! Et aujourd`hui, si je comprend bien, je serais pour Alpha condé! Je trouve tot cela insensé et sans importance. est ce que ce que je dis est fondé ou pas? est ce que la guinée traverse une crise de confiance,de légitimité et de coexistence sociale et politique? Parlons du fond, vos états d`esprit m`importent peu. Vos procès d`intention me laissent de marbre! Que cela vous plaise ou non,à force de deni, la réalité vous attrapera à la gorge un jour. De la Guinée, en Guinée et sur la Guinée, je peux parler haut et fort et me regarder dans le miroir sans avoir honte. Je n`ai rien fait pour ce pays en pensant à un intérêt singulier, encore moins le mien! Alors garder vos bonnes intentions pour vous, moi je reclame un débat d`idées pour le bien de notre pays à nous tous!
A.O.T. Diallo, lundi 2 août 2010
Mr Diaby, autant je suis tout a fait dans la meme ligne de pensee que toi: la precipitation des elections que nous avions tous les deux critique a l`epoque a abouti exactement a ce que nous craignions - autant je trouve ta reponse au commentaire de S.O. Camara vraiment un peu trop "forte". Tu as raison que nous avons gache notre 4e chance de changer totalement notre pays; devons-nous donc nous decourager maintenant et dire que tout est foutu pour nous? Moi je dis non, (comme SOC me l`a rappele souvent). Nous devons donner une "derniere chance" a ces 2 candidats et surtout tout faire pour les pousser, de gre ou de force, vers une amelioration de la situation presente, tout en sachant que nos rates actuels n`auront fait que retarder la guérison complete que nous voulons tous. N`importe lequel des deux est mieux que le pouvoir actuel Konate-JMD de toutes les facons! Ne laisse pas tomber, mon frere - au contraire use de ta grande capacite d`analyse et de synthese (c`est cela l`intellectuel) pour nous proposer comment faire le mieux possible a partir du peu que nous aurons a la fin de cette farce electorale...
ousmane, lundi 2 août 2010
monsieur diaby n`est pas du tout content des resultats heureusement que votre candidat a ete repeché sans quoi les choses seraient autrement.
kalil diallo, lundi 2 août 2010
sekou oumar camara a tout dit ,nous n´avons que esperer un deuxieme tour plus trensparent mais il ne faudrait pas oublier que les perdants n´acceptent jamais les resultats en afrique.
Mr Diaby Kalifa, lundi 2 août 2010
Monsieur sekou oumar camara, votre posture est caractéristique de ceux qui ne retiennent jamais les leçons de l’histoire. On ne décide pas du registre historique. Cela s’impose à nous. Et il ya de l’histoire donc qui vous attend au tournant. Ne regardez pas derrière, elle est devant vous. Votre conception de la gestion politique, de l’histoire et de liberté d’expression prêterait à la drôlerie si l’avenir d’un pays n’était pas en jeu. C’était le même argument pour l’organisation du premier tour. On nous disait : « dès lors que la CENI dit ceci, dès lors les candidats disent cela, on peut maintenir la date fixée ». On a vu ce que la CENI a été capable de faire…et ce que les candidats disent du premier tour… Faites pas le naïf (si vous me permettez l’expression), aucun des candidats éliminés du premier tour n’avait la capacité de « nuisance » sociale et politique des deux derniers. .. Pour ce qui est du droit, sachez qu’il n’est pas qu’une affaire de plaignants. C’est une question générale et fondamentale de modèle de société et d’Etat de droit. Ainsi il faut le faire respecter même contre l’avis des plaignants. C’est une affaire d’ordre public ! Vous avez voulu l’élection à cette date, face au fiasco, vous voulez cacher le cadavre sous le tapis. Mais, hélas, cela ne marchera pas. Le cadavre finira par sentir ! Le 27 juin n’appartient pas à l’histoire. Ses conséquences sont hélas devant nous ! Pour ce qui me concerne, heureusement que je n’ai pas besoin de votre aval pour me donner « le bon droit de le dire, et choisir les bon mots pour le dire ». Au lieu de répondre sur le fond, vous adoptez la fuite en avant, comme ce pays en a été habitué à son plus grand malheur. Le plus important c’est d’organiser un second tour de meilleure qualité, dites-vous. Soit ! Mais sachez qu’en politique, l’addition se paie toujours ! Puisqu’en Guinée on a décidé de s’arranger avec le droit, la réalité du défaut de droit s’arrangera avec nous !
soumah, lundi 2 août 2010
je pense que mr diaby vous etes a la base du retard de la guinee!gardez vos idee dans vo poches
Sinkefara Bomba, lundi 2 août 2010
M.Diaby, j`étais aussi contre des élections hâtives qui n`avaient aucune chance d`être transparentes; des politiciens vereux et des syndicalistes agitateurs regroupés au sein d`un forum de forces dites vives ont voulu le contraire et ont bénéficié de la complicité active de la communauté internationale. Aujourd`hui, le mal est fait et il faut l`assumer. La meilleure des choses est qu`on aille rapidement au deuxième tour qui va confirmer ce que tout le monde sait déjà: l`élection de Cellou Dalein Diallo. Lorsque les victorieux finiront les cérémonies de réjouissance et que les vaincus sècheront leurs larmes,nous nous retrouverons tous, la main dans la main, autour du nouveau Président, pour construire notre Guinée commune. Préparons nous à cela car il y va de l`intérêt superieur du pays.
Sékou Oumar Camara, lundi 2 août 2010
M. Diaby, dès lors que tous les candidats au scrutin du 27 juin 2010 ont accepté le verdict de la Cour suprême; dès lors qu`un des candidats est allé jusqu`à demander à la Cour suprême de valider les résultats de ce scrutin, je trouve que vous n`avez, ni le bon droit, ni le bon mot de votre côté. Il me semble que le plus important est d`organiser un 2nd tour de meilleure qualité par rapport au premier tour. Le 27 juin 2010 appartient désormais à l`Histoire!

Dernière mise à jour 25/06/2011 13:53:55
© Tous droits réservés guineeActu.com 2011